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Manifestation interdite à Calais : le général Piquemal prend ses distances avec le mouvement d'extrême-droite Pegida

Interpellé samedi lors d'une manifestation anti-migrants à Calais, le général à la retraite Christian Piquemal a pris ses distances avec le mouvement d'extrême-droite Pegida, à l'origine de ce rassemblement. 

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Le général Piquemal lors de son interpellation samedi à Calais. © PHILIPPE HUGUEN / AFP

© PHILIPPE HUGUEN / AFP Le général Piquemal lors de son interpellation samedi à Calais.

Le général Christian Piquemal a affirmé lundi au micro de RTL qu'il "regrette" d'avoir participé à ce rassemblement interdit à Calais, initié par Pegida, mouvement d'extrême-droite avec qui il "ne partage aucun lien". "Personnellement, je n'aurais pas voulu les voir sur place. Ils ont une connotation extrêmement négative", a-t-il déclaré. L'ex-patron de la Légion étrangère de 1995 à 1999, qui n'est plus en service actif, avait participé, mégaphone à la main, à un rassemblement anti migrants à Calais samedi, qui avait attiré une centaine de personnes devant la gare, "des militants d'ultra droite", selon la préfecture du Pas-de-Calais. Une initiative de Pegida, un mouvement d'extrême droite né en Allemagne fin 2014 "contre l'islamisation de l'Occident".

Président d'un "cercle de citoyens patriotes", Christian Piquemal dit être allé à Calais pour "reconnaître les lieux et voir s'il n'y avait pas des solutions pérennes à mettre en place" pour les migrants. "J'aurais préféré qu'on soit seuls car ça ne se serait pas passé comme ça. On n'est pas racistes, islamophobes ou xénophobes. J'ai commandé la Légion étrangère pendant 5 ans, il y a 140 nationalités dedans. Donc s'il y a bien quelqu'un à qui on ne peut pas reprocher d'être raciste, c'est bien moi", plaide-t-il.

Invectives contre les forces de l'ordre

Dans un reportage diffusé lundi soir par Le Petit Journal sur Canal +, on voit le général à la retraite invectiver les gendarmes mobiles qui lui avaient confié un mégaphone pour appeler à la dispersion de la manifestation. "Je suis scandalisé par le comportement des forces de l'ordre, quels que soient les ordres que vous ayez reçus", leur a-t-il lancé. "Il y a des choses qu'on respecte, notamment l'hymne national. La Marseillaise, quand elle est chantée, j'aurais aimé vous voir au garde à vous chanter avec nous. Or personne n'a ouvert la bouche.
"Beaucoup de gens ont été choqués de les voir avec leur bouclier en train de rigoler pendant qu'on chantait la Marseillaise. Pour moi, c'est une faute contre l'honneur", a-t-il répété de nouveau lundi sur RTL. Le procès du général Piquemal a été reporté au 12 mai prochain pour raisons de santé. Lundi, quatre autres personnes interpellées lors de cette manifestation interdite ont comparu devant le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer. Arnaud P., 41 ans et originaire de Blois, a écopé de trois mois de prison ferme. Il avait été interpellé avec deux bombes lacrymogènes et avait déjà été condamné à 25 ans de réclusion pour meurtre et sorti en 2008 de prison. Cédric C., originaire de l'ex-bassin minier, 33 ans, a été condamné quant à lui à deux mois de prison ferme pour avoir porté un taser. Il avait un casier judiciaire portant trois mentions, notamment pour vol. Romain D. s'est vu lui infliger une peine de deux mois avec sursis. Originaire de Calais, il portait un poing américain lors de ce rassemblement à l'appel de Pegida. Enfin, le quatrième prévenu, qui avait un cutter, est convoqué en avril, sa garde à vue ayant été entachée de nullité.
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