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RC Lens : Grégory Maquet, "amer et déçu", renonce au rachat

Grégory Maquet, PDG de Century 21 Bénélux, annonce ce samedi soir qu'il se retire du dossier lensois, faute d'avoir obtenu une réponse de l'actionnaire majoritaire du club, Hafiz Mammadov.

  • Par Yann Fossurier
  • Publié le 27/02/2016 | 21:49, mis à jour le 28/02/2016 | 12:08
Grégory Maquet lâche l'affaire. © MaxPPP

© MaxPPP Grégory Maquet lâche l'affaire.

"On est amer et déçu après neuf mois de travail", nous a confié ce samedi soir Grégory Maquet, PDG de Century 21 Bénélux, qui souhaitait racheter le Racing Club de Lens. "Mais il n'y a pas de regret. Notre projet était cohérent, il y avait des étapes obligées face à un actionnaire qui officiellement n'était pas vendeur. Mais on espérait aller jusqu'au bout. Dans une situation normale, ça aurait dû marcher". 

Dialogue de sourd

Grégory Maquet avait formulé initialement une offre de 2,5 millions d'euros à Hafiz Mammadov, dont le Baghlan Group détient 99,99% de RCL Holding, la société parisienne qui possède la SASP Racing Club de Lens. Après des mois de silence, un rendez-vous avait pu enfin être trouvé jeudi 18 février à Londres. L'actionnaire majoritaire des Sang et Or était absent mais il avait dépêché deux hommes : le directeur financier du Baghlan Group et Ignacio Aguillo, un dirgeant de l'Atletico Madrid mais qui, selon Grégory Maquet, intervenait en tant que "représentant des intérêts d'Hafiz" et "médiateur". Le premier a mis d'entrée la barre très haut en réclamant l'équivalent des 24 millions d'euros engloutis par Mammadov dans le RCL depuis l'été 2013. "Mais ça fait partie d'une négociation", relativise le PDG de Century 21 Bénélux. Au bout de quelques heures, un terrain d'entente semblait presque trouvé, grâce notamment à Ignacio Aguillo. "Il appréciait notre offre et voulait vraiment faire avancer le dossier".

A l'issue de ce rendez-vous, Grégory Maquet a accepté de revoir son offre à la hausse. "Sans rentrer dans les détails, Hafiz Mammadov avait les moyens de récupérer 5 à 6 millions d'euros très rapidement", assure l'homme d'affaires belge qui n'était pas en mesure de rendre à l'Azerbaïdjanais la totalité de ses 24 millions d'euros d'investissement. "Avec au moins une quinzaine de millions d'euros à mettre derrière, ça faisait une reprise à 40 millions, ça n'avait aucun sens", explique-t-il. "Notre offre permettait une sortie à tous, de manière élégante. Elle était supérieure à celle d'Hafiz Mammadov en 2013 qui a payé 2,5 millions d'euros au Crédit Agricole pour racheter le club".  Mais ce samedi, le clan azerbaïdjanais n'avait toujours donné suite à cette seconde offre, contraignant Grégory Maquet à jeter l'éponge. "Nous ne serons plus proactifs", prévient-il. "Mais nous serons ouverts s'il faut revenir. Pour nous, il n'y a pas mort d'homme, mais je vais maintenant me reconcentrer sur mes affaires personnelles".

Quelles conséquences pour le RC Lens ?

Le PDG de Century 21 Belgique a prévenu Gervais Martel de sa décision en début de soirée. "Il a toujours joué le jeu et a été d'une correction exemplaire", affirme Grégory Maquet. "Mais il a maintenant des décisions importantes à prendre en tant que président du RC Lens. Dès demain". La semaine dernière, l'homme d'affaires belge avait tiré la sonnette d'alarme sur l'état des finances du club. "Gervais fait ce qu'il faut pour gagner du temps mais on est proche de la fin", s'inquiète-t-il. "Gervais peut tenir encore quelques jours, voire quelques semaines tout au plus".

D'après Grégory Maquet, le RC Lens s'expose désormais à un dépôt de bilan. Gervais Martel pourrait anticiper les choses en déclenchant rapidement auprès du tribunal de commerce d'Arras une procédure de sauvegarde qui permettrait temporairement de "geler" le remboursement des dettes du club envers ses créanciers et fournisseurs, le temps de mettre un place un plan de restructuration. "C'est une possibilité", selon Grégory Maquet. Mais la manoeuvre est sanctionnée - au même titre que le placement en redressement judiciaire - par l'article 234 des règlements généraux de la Fédération Française de Football (FFF) qui stipule : "Lorsqu'un club fait l'objet d’une procédure de sauvegarde ou de redressement judiciaire, il est procédé pour la saison suivante et au minimum, à sa rétrogradation sportive dans la division immédiatement inférieure à celle pour laquelle il aurait été sportivement qualifié".

D'autres options ?

Vendredi, un proche de Grégory Maquet avançait une autre option pour protéger le club  : que Gervais Martel dépose le bilan de RCL Holding, la "société-mère". Le président lensois est actionnaire minoritaire (0,01%) et gérant de cette holding qui détient 99,8% des parts de la SASP mais qu'Hafiz Mammadov ne finance plus depuis plus d'un an. La manoeuvre permettrait, sous le contrôle du tribunal de commerce de Paris, d'écarter l'Azerbaïdjanais et de céder le club à un repreneur. Elle permettrait surtout d'éviter la relégation automatique à l'échelon inférieur. Mais en juin dernier, Gervais Martel avait publiquement écarté cette option, car RCL Holding ne se trouvait pas alors en état de cessation de paiement. L'est-elle aujourd'hui ? Impossible de la savoir, cette société n'ayant jamais publié ses comptes depuis sa création à l'été 2013.

D'après L'Equipe, Gervais Martel se démènerait de son côté pour éviter le dépôt de bilan. Jeudi, il aurait déjeuné avec Gérard Mulliez pour que le groupe Auchan devienne le nouveau sponsor maillot du RC Lens la saison prochaine. Mais le président lensois souhaiterait obtenir dès maintenant une avance de fonds afin d'irriguer les caisses du club. Le manque total de visibilité au sein du RC Lens  - tant sur le plan sportif, actionnarial que financier - risque toutefois de compromettre les choses... Gervais Martel doit s'exprimer ce dimanche, à 17h, en conférence de presse.
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