publicité

Rouvignies : licencié à huit mois de la retraite pour le vol de deux chiffons et un tapis

Un ouvrier de 59 ans a été licencié pour avoir dérobé à son entreprise deux chiffons et un tapis. Pour le soutenir, un mouvement de grève a été suivi jeudi par plus de 200 salariés de la société SKF à Rouvignies. Les syndicats attendent un rendez-vous avec le sous-préfet.

  • @f3nord
  • Publié le , mis à jour le
Dans l'entreprise SKF de Rouvignies, les syndicats dénoncent un licenciement abusif © Google Maps

© Google Maps Dans l'entreprise SKF de Rouvignies, les syndicats dénoncent un licenciement abusif

Après 21 ans de service à l'entreprise SKF de Rouvignies, un ouvrier a reçu sa lettre de licenciement "pour cause réelle et sérieuse". En l'occurrence, le vol de "deux chiffons usagés et un tapis de 30cm sur 60", selon les syndicats de cette entreprise qui fabrique des roulements à billes. L'affaire n'est pas sans rappeler celle de l'ouvrier de PSA, licencié en octobre dernier pour quelques mètres de joint d'étanchéité récupérés dans une benne.
Ici, les faits se sont produits le 29 décembre, alors que l'ouvrier de 59 ans, à huit mois de la retraite, était arrivé en avance pour prendre son poste, "comme à son habitude" selon Eric Glavier, responsable syndical CGT.

Comportement suspect selon la société de gardiennage du site 

La société de gardiennage de l'usine repère alors un comportement suspect, plusieurs allées et venues entre son véhicule et l'usine, "des sorties de bouteilles et de bonbonnes d'eau", relate la Voix du Nord
A 14h, à la fin de son poste, l'ouvrier est contrôlé. "Ils n'ont rien trouvé d'autre dans sa voiture que deux chiffons usagés comme nous en avons tous dans nos coffres, et un vulgaire tapis en toile. En fait de bouteilles, il s'agit de bouteilles consignées que le comité d'entreprise remplit pour les salariés", explique Eric Glavier.
Cette version des faits est contestée par la direction de l'entreprise. "Il s'agit de matériel technique neuf trouvé dans le véhicule du salarié, et dérobé à l'insu de l'entreprise. En aucun cas de matériel usagé. On a bien affaire à un vol, ce qui ne peut pas être toléré dans une entreprise. C'est un acte grave qui nuit à notre société", s'indigne Gilles Ofcard, le directeur du site, qui fait état "d'autres choses" dans le dossier du salarié. "Les vols sont un préjudice, Dans toutes les entreprises c'est la même chose. Peu importe le matériel volé, tous les vols seront sanctionnés", complète-t-il.

Une heure de grève en soutien au salarié licencié

Jeudi dernier, à l'appel des syndicats, 200 à 250 salariés de l'entreprise (sur 540 permanents en tout) ont observé une heure de grève en soutien à leur collègue licencié. "C'est un super bosseur, toujours en avance pour prendre son poste, jamais absent, rien à dire", le défend Eric Glavier, qui souligne les 43 ans de cotisations de l'ouvrier licencié, dont 21 ans passés dans l'entreprise SKF.

Un climat social délétère selon les syndicats

Les syndicats ont demandé un rendez-vous au sous-préfet de Valenciennes pour plaider la cause de leur collègue. Ils entendent aussi dénoncer le "climat social délétère" qui règne selon eux depuis l'arrivée de la nouvelle direction, il y a trois ans. D'après Eric Glavier de la CGT, ce serait la deuxième fois qu'un licenciement abusif se produirait dans l'entreprise, auquel il faut ajouter "trois licenciements opérés en toute discrétion", dénonce-t-il.
Des propos totalement infondés, selon Gilles Ofcard, le directeur. "Il n'y a pas eu de licenciement en 2015. Et en aucun cas de licenciement abusif l'année précédente. Pas abusif du tout, mais pour des faits encore plus graves", précise-t-il sans vouloir entrer dans le détail. "Quant à l'allégation de licenciements opérés en toute discrétion, elle est elle aussi complètement infondée", poursuit le chef d'entreprise. "Tout ce qui est en train de se passer est malheureux. SKF est une belle entreprise de 600 salariés, avec une belle croissance et de beaux projets", conclut celui qui se dit très déçu de l'ampleur prise par cette affaire.

De son côté, l'ouvrier remercié en janvier a engagé une procédure aux prud'hommes. 
les + lus
les + partagés