L'histoire d'amour secrète de Koenig, héros caennais de la Liberation

"Il n'y a qu'une façon d'aimer" de Monique Barbey est publié aux éditions Alma / © France 3 Basse-Normandie
"Il n'y a qu'une façon d'aimer" de Monique Barbey est publié aux éditions Alma / © France 3 Basse-Normandie

En 1944, Monique Bierens de Haan rencontre le général Pierre Koenig lors d'une réception à Londres. Le coup de foudre est immédiat, et réciproque. Mais la guerre les sépare. Dans son journal, la jeune femme raconte l'histoire de cet amour impossible. Le texte vient d'être publié aux éditions Alma.

Par Pierre-Marie Puaud

Elle était âgée de 32 ans lorsqu'elle arrive à Londres en 1942. Monique Bierens de Haan née Barbey était une belle femme, de nationalité suisse, idéaliste, très croyante, mariée à un militaire néerlandais engagé dans la résistance, avec qui elle aura cinq enfants. A son tour, elle entre en résistance. Lors d'une réception organisée à l'occasion du mariage d'une amie, Monique croise le regard d'un officier français qu'elle ne connaît pas. Ils tombent amoureux l'un de l'autre. Mais Pierre est bientôt happé par la bataille de France tandis que Monique est engagée sur le Front aux Pays-Bas.

A la mort de leur mère en 1994, ses enfants découvrent cette histoire d'amour secrète dans le journal intime qu'elle a tenu dès l'âge de 16 ans.  Monique et Pierre se voient rarement. Ils s'écrivent, souvent. Ils mettent fin à cette idylle en 1947. Tout est consigné dans quelques uns des quatre-vingt carnets qu'elle a noircit sa vie durant. "Il n'y a qu'une façon d'aimer" retrace cette histoire d'amour impossible. En 1970, lorsqu'elle apprend la mort de Pierre Koenig, Monique prend la plume "écrire et laisser parler mon coeur, mes souvenirs, jusqu'au dernier soupir, garder intacte ma souffrance et ma joie."

Il n'y a qu'une façon d'aimer, 430 pages, 22 euros, aux éditions Alma

La critique de Télérama

La chronique de France Info consacrée au livre :



Marie-Pierre Koenig, de Caen à Bir-Hakeim


En 1944, Pierre Koenig (à gauche), serre la main du général de Gaulle sous les yeux du premier ministre britannique Winston Churchill. / © AFP
En 1944, Pierre Koenig (à gauche), serre la main du général de Gaulle sous les yeux du premier ministre britannique Winston Churchill. / © AFP


L'homme était connu pour son caractère bien trempé, sa rigueur et sa loyauté et son intégrité. Marie-Pierre Koenig qui s'est fait appeler Pierre, naît à Caen en 1898 dans une famille alsacienne. Après des études chez les frères du collège Saint-Joseph, puis au lycée Malherbe, il s'engage  dans le 39 ème régiment d'infanterie de Caen en 1917. Pierre Koenig rejoint le front dans les Flandres au mois de mai 1918, juste avant la fin de la guerre. Il a le temps d'être décoré de la médaille militaire. Au lendemain du l'armistice, il s'engage dans l'armée qui occupe la Rhénanie dans le cadre de l'application du Traité de Versailles.

De retour à Paris après six années passées en Allemagne, il s'engage dans la légion au Maroc. En 1940, pendant la drôle de guerre, le caennais est de l'expédition des légionnaires en Norvège. La débâcle française interrompt l'aventure. Son unité est rapatriée en Bretagne. Pierre Koenig prend place à bord d'une barque et gagne Jersey, puis Southampton. En juin 1940, il rejoint le général de Gaulle à Londres. Celui-ci l'envoie en Afrique Occidentale Française, puis au Soudan et en Erythrée.

En 1941, Pierre Koenig prend le commandement de la première brigade française qui va s'illustrer en Lybie. Pendant seize jours, ses légionnaires tiennent tête à l'Afrika Korps du général Rommel, repoussant de nombreuses attaques. Cette résistance héroïque ouvre la voie aux troupes britanniques qui l'emportent à El Alamein. La bataille de Bir-Hakeim entre dans l'histoire comme étant le premier engagement important des troupes françaises libres dans la guerre. Depuis Londres, le général de Gaulle adresse ce mot de félicitations : "Général Koenig, sachez et dites à vos troupes que toute la France vous regarde et que vous êtes sont orgueil". Tout auréolé de cet acte de bravoure, Koenig est rappelé à Londres en 1944 pour être nommé général en chef des Forces Françaises de l'Intérieur (FFI). Il débarque dans sa Normandie natale le 14 juin et prend le poste de gouverneur de Paris au mois d'août.

Après la guerre, Pierre Koenig devient parlementaire, puis ministre de Pierre Mendès-France et d'Edgar Faure. Il décède en 1970. Le président François Mitterrand l'élève à la dignité de Maréchal de France. A Caen, quelques années plus tard, le cours de Caen est rebaptisé Cours Koenig, à deux pas du nouveau lycée Malherbe.

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