L'après-Charlie aux 5èmes rencontres internationales des dessinateurs de presse du Mémorial de Caen

Les manifestations du 11 janvier après les attaques terroristes à Paris. / © LOIC VENANCE / AFP
Les manifestations du 11 janvier après les attaques terroristes à Paris. / © LOIC VENANCE / AFP

La manifestation reportée quelques jours après l'attaque terroriste contre Charlie Hebdo va avoir lieu ce week-end au Mémorial. Les dessinateurs réfléchiront à l'après-Charlie et à la lancinante question : la liberté du dessinateur de presse a-t-elle des limites ?

Par Xavier Collombier

L'après-Charlie

Les 5èmes rencontres internationales des dessinateurs de presse étaient programmées en mars. Après les attentats terroristes à Paris et le Mémorial pour la Paix cible d'une attaque informatique des islamistes , pas question d'organiser dans l'urgence une telle manifestation sans une sécurité renforcée
L'organisation a été entièrement repensée, sécurisée mais jamais il n'a été question d'annuler, donnant de facto raison aux terroristes.
Les rencontres auront lieu ce week-end avec de nombreux dessinateurs de tous les continents. L'émotion toujours vive, les plaies jamais vraiment refermées, 6 mois après les "je suis Charlie" scandés dans toutes les langues, partout dans le monde, les témoins en première ligne des attentats liberticides prendront la parole. 
La liberté peut-elle avoir des limites ? Peut on tout dessiner ? Quelles réponses devons-nous donner à cette nouvelle barbarie ? A l'horreur d'un attentat en plein Paris avec des dessinateurs et des juifs comme cibles ont succédé d'autres images tout aussi insoutenables cette année. Le musée du Bardo, les plages de Tunisie, l'horreur de Daesch avec la destruction de Palmyre, les viols organisés des femmes issues des minorités religieuses en Irak ou en Syrie, l'escalade dans l'horreur.
Ici en France, un intellectuel reconnu, Emmanuel Todd aura ravivé la querelle de l'après-Charlie dans un livre. Pour lui la réponse des Français, lors des manifestations du 11 janvier, était la manifestation du retour d'un certain conservatisme petit bourgeois catholique contre l'islam.
Les dessinateurs n'ont jamais perdu le chemin des planches. Les observateurs devenus acteurs d'un drame du fait de la folie de deux islamistes fanatiques reprennent la parole ce week-end.
Hommage à Charlie Hebdo / © JB Pattier
Hommage à Charlie Hebdo / © JB Pattier


Quelques invités

  • Chaunu, Rousso, Olive, Siné, Faro,Mirc, les dessinateurs de l'Equipe, France 3, Ouest-France, du Figaro Etudiant représenteront la France aux rencontres.
  • Kianoush (Iran)," caricaturiste et dessinateur de presse, est également un militant contraint à l’exil. En 1993, il a fait sa première exposition de dessins en Iran, puis a travaillé pour des journaux locaux. Il a toujours milité pour faire connaître la situation de la liberté d’expression dans son pays. Depuis 2009 et les manifestations liées à la « révolution verte » en Iran, il est réfugié politique en France."
  • Shilov (Russie)" est connu pour ses dessins de presse dans les journaux de Saint-Petersbourg. En 2011, à Chanchun, ville de 7 millions d'habitants en Chine au nord de la Corée, un festival d'animation et jeux vidéos lui a décerné le prix du meilleur caricaturiste."
  • Lounis (Algérie) "est un dessinateur et caricaturiste vivant et travaillant en Algérie. Il publie ses dessins dans le journal quotidien  Le jour d'Algérie. Il a participé à plusieurs expositions nationales et internationales."
  • Bourayou (Algérie)" est un caricaturiste exilé d'Algérie depuis 1994 et installé à Marseille. Directeur artistique du Festival international du dessin de presse d'Estaque, il travaille dans la presse alternative régionale (Marseille La Cité, Le Ravi, La Revue Consolat) et régulièrement sur Radio Galère. En 2011, il publie un album Tristesse et bouillabaisse  en vente dans la librairie l'Encre bleue  de l'Estaque."
  • Bogorad (Russie)" vit et travaille à Saint-Pétersbourg. Son  premier dessin a été publié en 1973. En 1974, il a remporté son premier prix au concours de dessin animé à Skopje en Yougoslavie. Depuis il a reçu de nombreux prix prestigieux lors de concours de bande dessinée internationaux (Italie, Pologne, Belgique, Turquie). Jusqu'en 2012, il travaillait pour le  quotidien SPB Vedomosti,  mais  rares sont les organes de presse qui osent encore publier ses caricatures." 
© Leticia Rodriguez
© Leticia Rodriguez


Les thématiques

  • Pendant toutes les rencontres, les dessinateurs sont invités dans une fresque géante à rendre hommage aux victimes du 7 janvier. Elle sera ensuite exposée au Prix Bayeux des correspondants de guerre.
  • Vendredi après-midi une rencontre-débat entre lycéens et dessinateurs est prévue. " Qu’est-ce qu’un dessinateur de presse ?  La liberté du dessinateur de presse a-t-elle des limites ?  Le métier de dessinateur de presse a-t-il changé depuis le 7 janvier ? ".
  • Le soir Michel Onfray s'interroge "Le 7 janvier est-il notre 11 septembre ?"
  • Samedi un débat entre dessinateurs. " Les dessinateurs sont-ils des journalistes ? Le dessin est-il un langage universel ? Qu’est-ce qu’un bon dessin, ici ou ailleurs ? Le dessin de presse américain".
  • En début de soirée  Moncef Ben Moussa, le conservateur en chef du Musée National du Bardo à Tunis donne une conférence pour défendre le patrimoine et l'histoire des civilisations.
  • Dimanche  Derniers débats entre dessinateurs  :
    "Le dessin de presse a-t-il un nouveau statut depuis le 7 janvier ? La liberté d’expression a-t-elle des limites ? Comment, pourquoi dessiner le sacré ?"
  • Enfin Guillaume Doizy et Emmanuel Thiébot, historiens au Mémorial donnent une dernière conférence autour du dessin de presse dans l'histoire, "vers les crayons armés ?"
  • © Ville de Caen/ F.Decaëns
    © Ville de Caen/ F.Decaëns


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