Accusé de vols de plaques militaires, un passionné du Débarquement risque 10 ans de prison aux USA

Le cimetière américain à Colleville-sur-mer durant le 60e anniversaire du Débarquement / © PHOTOPQR/OUEST FRANCE
Le cimetière américain à Colleville-sur-mer durant le 60e anniversaire du Débarquement / © PHOTOPQR/OUEST FRANCE

Antonin Dehays, un historien qui présenté une thèse sur la bataille de Normandie en 2015 à l'université de Caen, est poursuivi aux Etats-Unis pour le vol de plaques métalliques d'identification de pilotes américains morts en service.

Par CM avec AFP

"Antonin Dehays est docteur en histoire contemporaine (université de Caen Normandie). Depuis les États-Unis où il réside, il explore au quotidien les trésors cachés des Archives nationales américaines situées à proximité de Washington DC." C'est ainsi que la maison d'édition normande Orep décrit l'un de ses auteurs aujourd'hui poursuivi par la justice américaine pour des vols qui auraient été commis dans un édifice des Archives nationales de l'Etat du Maryland.

Interviewé le mois dernier par le site internet French Morning, un magazine consacré aux francophones vivant aux Etats-Unis, le jeune homme affirme venir de Normandie et que sa passion pour le Débarquement est une affaire de famille: il raconte que son grand-père maternel s'est engagé comme brancardier pour aider les civils durant les bombardements.

Du basket pro à la Bataille de Normandie

Au départ promis à une carrière de basketteur professionnel (il est recruté par l'Asvel, le club lyonnais), il finit par délaisser le sport pour se consacrer pleinement à des études d'histoire à Lyon. Il passera sa thèse de doctorat en histoire contemporaine à l'université de Caen, une thèse intitulée "Combattre et mourir en Normandie : histoire et mémoire des morts de l'armée américaine au cours de la bataille de Normandie".

Et c'est de la mémoire des morts dont on l'accuse justement aujourd'hui d'avoir fait le commerce. L'historien de 32 ans s'est installé à Washington après avoir eu un coup de foudre pour les Archives nationales de l'Etat du Maryland, dans la ville de College Parks. Dans l'interview accordée à French Morning, ce passionné du Débarquement parle de "caverne d'ali baba".

Des objets mis en vente sur eBay

La justice lui reproche d'avoir alors volé des plaques d'identité militaire des pilotes dont l'avion s'était écrasé, ainsi que d'autres documents, lors de ses visites du bâtiment en octobre 2015 et le 9 juin dernier. Ces objets de mémoire auraient ensuite été mis en vente sur eBay, le site de vente aux enchères. Il aurait également offert l'une de ses plaques à un musée de l'Etat de Virginie, en échange de la permission de s'asseoir dans le cockpit d'un Spitfire.

"Le vol d'éléments de notre Histoire a de quoi mettre en colère chacun de nos citoyens", a réagi David Ferrero, l'actuel détenteur du prestigieux poste d'Archiviste des Etats-Unis. "En tant qu'ancien combattant, je suis choqué par ces faits présumés selon lesquels un historien aurait affiché un tel mépris à l'égard d'objets et d'archives concernant des personnes capturées ou tuées pendant la Seconde guerre mondiale", a ajouté ce haut fonctionnaire supervisant la National Archives and records Administration
(Nara).

L'historien français encourt jusqu'à 10 ans de prison s'il est reconnu coupable de ces vols.

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