Des peines plus légères pour les agriculteurs jugés en appel à Caen

En juin, six agriculteurs ont été condamnés en première instance à 4 à 6 mois de prison avec sursis. La justice leur reprochait les dégradations de la direction départementale des territoires et de la mer du Calvados survenues lors d'une manifestation d'août 2015. Des peines allégées en appel.

Par EF avec AFP

"Cela prouve que les juges nous ont ecoutés." commente Sebastien Debieu, ancien responable des jeunes agriculteurs du Calvados.Il est condamné à trois mois de prison avec sursis, deux fois moins qu’en première instance. Parmis les six prévenus, il est le seul à s'être déplacé ce matin pour entendre le jugement de la cour d'appel de Caen. Comme lui, quatre autres agriculteurs sont condamnés à 3 à 6 mois de prison avec sursis et le sixième est relaxé."On ne parle pas de délinquants de base, on parle de personnes qui luttent pour leurs conditions de vies. Tous les jours on a un suicide d'agriculteur, il faut le savoir" précise Vanessa Bouthors, l'avocate de la défense. 

"Complicité de dégradation" au lieu de "dégradation"

La justice reproche d'avoir participé aux dégradations lors de la manifestation de Caen. La cour a requalifié les faits pour lesquels les deux anciens responsables avaient été condamnés, en "complicité de dégradation", au lieu de "dégradation".


Du lisier à prix d'or

Le 14 août 2015, à l'issue d'une manifestation houleuse, de gros dégâts matériels avaient été constatés au Monoprix et surtout à la direction départementale des territoires et de la mer du Calvados. La DDTM avait été aspergée de 10.000 à 12.000 tonnes de lisiers, selon la police. La porte d'entrée du bâtiment avait été forcée et le lisier avait considérablement dégradé l'intérieur de ces bureaux.

Le tribunal correctionnel de Caen doit examiner le 25 janvier la demande d'intérêts civils de l'État qui réclame 690.000 euros. Un chiffre "complètement exorbitant et injustifié", a affirmé vendredi à la presse Vanessa Bouthors, l'avocate des agriculteurs. Selon elle, la facture est "peut-être" 100 fois inférieure. "Ce ne sont pas des bâtiments en sucre, quant au lisier, les agriculteurs en sont barbouillés toute la journée, ce n'est pas indélébile, ca se nettoie, je ne crois pas que les coûts évoqués soient justifiés"

L'avocate, qui avait plaidé la relaxe, a par ailleurs estimé que la cour avait vendredi "pris en compte la détresse des agriculteurs". Certains prévenus étaient également poursuivis pour la dégradation d'un Monoprix, magasin qui avait évalué son préjudice à 4.000 euros.

L’audience civile est prévue le 25 janvier prochain.

Reportage Hélène Jacques et Charles Bézard


 

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