Privée de 30 millions d'euros de l'Etat, la Normandie doit se serrer la ceinture

Le Conseil régional de Normandie en assemblée plénière ce lundi à Caen
Le Conseil régional de Normandie en assemblée plénière ce lundi à Caen

L'assemblée plénière de la Région Normandie s'est tenue ce lundi avec un sujet épineux à l'ordre du jour: celui du budget à l'heure des baisses de dotation de l'Etat.

Par CM et AH

Dans son discours lançant l'assemblée plénière de ce lundi, Hervé Morin a longuement vanté l'action menée par "la nouvelle majorité régionale qui a su en à peine 18 mois enclencher un mouvement puissant visant à développer nos domaines d'excellence pour entraîner tout notre région dans une dynamique vertueuse". Et de citer, entre autres, la politique ferroviaire, le contournement de Rouen ou le soutien à l'investissement des entreprises.

Le président de Région s'est montré beaucoup moins lyrique dans la seconde partie de son discours, fustigeant  l'Etat qui "plutôt que de réduire son propre train de vie, fait payer les collectivités". Une façon d'introduire les 30 millions d'euros dont la Région va devoir se passer pour boucler son prochain budget. En septembre derbier, Edouard Philippe annonçait que l'enveloppe de 450 millions d'euros destinée à compenser le transfert de la compétence économique des Départements aux Régions serait supprimée.

"La Région Normandie sera donc contrainte de renoncer, je vous l’annonce, à un nombre important d’aides et de subventions dès 2018", indique Hervé Morin, sans donner plus de précisions. "Vous allez avoir des associations dans la région qui oeuvrent en matière de solidarité, d'insertion, d'éducation, de culture, souvent dans les territoires ruraux, qui vont avoir des baisses", s'indigne dans l'opposition le socialiste Nicolas Mayer-Rossignol, "Déjà qu'on leur a supprimé les contrats aidés, elles font comment après ?".

L'adversaire malheureux d'Hervé Morin aux dernières élections fustige un président de Région qui "ne regarde pas à la dépense", notamment des dépenses "superflues" en terme de communication selon son opposant. "Il a payé un cabinet de conseil 140 000 euros pour trouver un logo pour la Région et le cabinet a proposé le mot "Normandie". Peut-être que ça pouvait coûter un peu moins cher. Là, il propose 450 000 euros pour faire des panneaux "Bienvenue en Normandie". J'adore la Normandie mais peut-être qu'on peut dépenser de manière plus efficace".

Au Front national, on dénonce "une fuite en avant financière". Nicolas Bay estime qu'Hervé Morin n'a pas tenu ses promesses de campagne en matière de maîtrise des dépenses de fonctionnement. Le conseiller régional frontiste critique aussi un président qui "veut agir dans tous les domaines, y compris dans des domaines qui ne sont absolument pas dans les compétences de la Région", et de citer "Normandie pour la paix" organisé à Caen au printemps dernier.


Reportage d'Alexandra Huctin et Matthieu Bellinghen
Intervenants:
- Nicolas Mayer-Rossignol, opposition Parti Socialiste au Conseil Régional
- Nicolas Bay, opposition Front National au Conseil Régional
- Hervé Morin, président de la Région Normandie

Privée de 30 millions d'euros de l'Etat, la Normandie doit se serrer la ceinture
L'assemblée pleinière de la Région Normandie s'est tenue ce lundi avec un sujet épineux à l'ordre du jour: celui du budget à l'heure des baisses de dotation de l'Etat. - A.Huctin/M.Bellinghen

 

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