Xavier Gravelaine : “le Stade Malherbe bisounours, c'est fini !”

Xavier Gravelaine, le directeur du Stade Malherbe de Caen, doit renouveler l'effectif pour maintenir le club en ligue 1. Mais les moyens sont limités. / © France 3 Normandie
Xavier Gravelaine, le directeur du Stade Malherbe de Caen, doit renouveler l'effectif pour maintenir le club en ligue 1. Mais les moyens sont limités. / © France 3 Normandie

Le directeur du club fait le point sur les dossiers de l'intersaison. Il annonce un "rafraîchissement" de l'effectif. Quant à Yann Karamoh qui semble avoir des envies d'ailleurs, il ne partira que si un club accepte de débourser un somme "élevée". Plus question pour Malherbe de brader ses talents...

Par Pierre-Marie Puaud


Une saison en enfer : "les flammes sont montées plus haut que les fesses"



Il le concède, cette année chaotique aura été des plus éprouvantes. Le club était encore barragiste à quelques minutes de la fin de l'ultime rencntre disputée le 20 mai au Parc des Princes. Sans l'égalisation arrachée à la dernière minute face au Paris Saint-Germain, Caen allait tout droit vers le précipice. Xavier Gravelaine résume la situation par cette formule imagée : "les flammes sont montées plus haut que les fesses".

Le 20 mai 2017, au bout du suspense, Ronny Rodelin a inscrit le but qui a assuré le maintien du Stade Malherbe en Ligue 1 / © MaxPPP / Photo PQR Ouest-France / Stéphane Geufroy
Le 20 mai 2017, au bout du suspense, Ronny Rodelin a inscrit le but qui a assuré le maintien du Stade Malherbe en Ligue 1 / © MaxPPP / Photo PQR Ouest-France / Stéphane Geufroy

"Il y a un an, on sortait d'une saison exceptionnelle. Cette année a été très compliquée. On a été bons face aux gros. Mais face aux équipes de "notre championnat", on a eu beaucoup de mal. Et il y a eu beaucoup d'inconstance". Les dirigeants disent avoir pris le temps d'analyser tout ce qui n'a pas fonctionné. "Tous les secteurs ont été passé au crible". Mais Xavier Gravelaine n'accable pas les joueurs. Selon lui, l'entraîneur Patrice Garande a commis une erreur en se laissant aller à des commentaires dans la presse sur le comportement erratique de son groupe. "Les joueurs ne sont pas des tricheurs. On aurait des tricheurs, le club ne se serait pas maintenu".



Le recrutement : Caen a besoin d'un bon "rafraîchissement" de printemps



Au cours de sa conférence de presse, Xavier Gravelaine a longuement disserté sur les transferts, pour finalement en dire bien peu de chose. Mais que les inconditionnels du club se rassurent : "il y a ce qui se voit, mais moi, je travaille par derrière" souligne Xavier Gravelaine, une manière de faire comprendre que les dirigeants sont à la manoeuvre, à l'affût des "bons coups". en étant "malins", parce que l'enveloppe dévolue aux transferts est limitée. "On a 31 M € de budget. On investit 15 M € en cinq ans dans les infrastructures, au centre de formation, ce qui signifie qu'on ne pourra pas s'offrir des joueurs à 4 ou 5 M €". Le seul transfert conclu par le club (le départ du jeune Jean-Victor Makjengo à Nice pour une somme inconnue) est ainsi justifié : "C'est aussi pour créer quinze emplois comme on l'a fait, et on va en créer d'autres, pour faire des terrains à 800 000 €, ce qu'on ne faisait pas. C'est notre projet".


Xavier Gravelaine annonce deux recrues par ligne, peut-être trois, pour remodeler l'effectif. Yahia, Malbranque, et Adeotti sont partis ou n'ont pas été retenus. "On les remercie". Il confirme que le Lillois Palmieri est "en discussion" avec le Stade Malherbe. Santini ? "Il ne partira pas, même contre un gros chèque (...) On a pu être trop gentils par le passé. Le Stade Malherbe bisounours, c'est fini !"

Le club entend se monter patient, quitte à ne pas avoir un effectif au complet pour la reprise de l'entraînement prévue le 26 juin. "S'il faut attendre un peu pour conclure certains transferts, on le fera". Mais une chose est certaine, le club n'aura pas les moyens de se livrer à des "surenchères".



Karamoh : "il ne partira qu'à partir d'une certaine somme. Et elle est élevée"



Ce sera peut-être le dossier chaud de l'intersaison. Le jeune attaquant âgé de 18 ans a commencé à éclore cette année avec le Sade Malherbe. Mais ses cinq petits buts et ses trois passes décisives ont attiré l'attention. Des clubs rôdent. Or, Yann Karamoh n'est lié avec le Stade Malherbe que jusqu'en juin 2018. Dans un an, il sera libre d'aller où bon lui semble, sans rapporter un centime à son club formateur. Caen a donc intérêt a prolonger le contrat de sa pépite au plus vite, faute de quoi, seul un transfert dès cet été permettrait d'amortir l'investissement consenti pour sa formation.


"Yann est super. Son avocat un peu moins. cela fait cinq mois qu'on lui court après", déplore Xavier Gravelaine. "On a été très correct. On a proposé une augmentation". Sans succès pour l'instant. "Mais Yann n'y est pour rien" dit encore Xavier Gravelaine qui se montre ferme sur ce dossier : "il appartient au Stade Malherbe. Il ne partira qu'à partir d'une certaine somme. Et elle est élevée".



Le Stade Malherbe et les jeunes : "Peut-être faudra-t-il couper des mauvaises herbes"



Les péripéties liées au cas Karamoh donnent une idée du marigot dans lequel le Stade Malherbe évolue. Xavier Gravelaine feint de s'en étonner. "Aujourd'hui, dans le foot, il y a beaucoup d'intermédiaires, des agents, des avocats. Même les parents ont des avocats maintenant !" Les joueurs prometteurs sont courtisés de plus en plus tôt. Et il devient toujours plus compliqué de les retenir. "Quand on fait venir des jeunes au centre de formation, on a une feuille de route, un projet de jeu, et c'est ce que nous demandent les parents. Mais dès que les gamins ont joué à d'Ornano, ils veulent tout, et surtout plus d'argent !"


Il y a quelques jours, Jordan Tell a signé son premier contrat professionnel au Stade Rennais (où il va retrouver Landry Chauvin, son ancien formateur à Caen). "C'est le choix des parents, et celui du jeune. C'est un choix de carrière" déplore Xavier Gravelaine qui en vient à se dire que "s'il n'avait pas joué cinq matches en Ligue 1, il aurait peut-être signé son premier contrat pro chez nous". Mais le club assure tirer les leçons de ces mésaventures. "A l'avenir, il faudra peut-être recruter des jeunes un peu moiins bons, mais avec un bon éat d'esprit. Parce que si on a des problèmes à la sortie du centre de formation, il faut prendre le problème en amont. Peut-être qu'il faudra couper des mauvaises herbes".

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