Assassinat du juge Borrel : une nouvelle expertise confirme l'origine criminelle du décès

Elisabeth Borrel et ses enfants dévoilent la plaque d'hommage au magistrat à Lisieux le 19 octobre 2012, date anniversaire de la mort de Bernard Borrel qui fut procureur de la République de Lisieux de 1988 à 1994 / © France 3 Basse-Normandie
Elisabeth Borrel et ses enfants dévoilent la plaque d'hommage au magistrat à Lisieux le 19 octobre 2012, date anniversaire de la mort de Bernard Borrel qui fut procureur de la République de Lisieux de 1988 à 1994 / © France 3 Basse-Normandie

Plus de 20 ans après, de nouvelles expertises confirment la thèse de l'assassinat : un nouvel élement dans le dossier de la mort du juge Borrel, ancien procureur de Lisieux, retrouvé mort le 19 octobre 1995 à Djibouti, où il était en mission. 

Par L.A / AFP

Les légistes estiment que l'état du corps n'est pas compatible avec la version d'une auto-immolation

Un collège d'experts a confirmé "l'origine criminelle" de la mort du juge Bernard Borrel, dont le corps a été retrouvé calciné en 1995 à Djibouti. Un rapport daté du 26 juin vient confirmer une expertise de 2007 qui avait déjà mis en lumière la nature criminelle du décès du magistrat, survenu dans la nuit du 18 au 19 octobre 1995.

Son corps avait été trouvé, en partie dénudé, en contrebas d'un ravin, dans une région désertique à 80 kilomètres de la capitale.
Dix ans plus tard, les experts, qui se sont basés sur l'examen de photographies et l'étude des rapports incendies et médico-légaux, arrivent aux mêmes conclusions. Ils estiment que les fractures décélées sur le corps du magistrat, au crâne et au bras gauche sont "compatibles avec des coups portés par un tiers", a indiqué le parquet dans un communiqué.

Les experts affirment également que "la position" du cadavre, la répartition "homogène des brûlures" et leur "dégré" plaident "en faveur du déversement de produit inflammables" sur le corps "recroquevillé" sur le lieu de sa découverte. Ils écartent également
l'hypothèse d'une "auto-aspersion" avec un briquet "qui n'a pas brûlé".

Au regard de la "configuration des lieux", dans un environnement "rocheux abrupt, la progression de nuit sur plus d'une dizaine de mètres d'une victime pieds nus, en proie à la douleur des brûlures" et avec la vue altérée (...) "apparaît fortement improbable".

La thèse du suicide d'abord privilégiée 

La justice avait un temps privilégié la thèse d'un suicide du magistrat avant de réorienter l'enquête vers la piste criminelle à partir de 2002.
Trente ans après le début de l'enquête, le mystère plane toujours sur les raisons de son dècès, à 39 ans. Bernard Borrel était à l'époque
chargé de mission auprès du ministre djiboutien de la Justice.

Selon la thèse de son épouse Elisabeth Borrel, il aurait pu être victime d'"un crime d'État qui pourrait impliquer le président de Djibouti et des ressortissants français". L'affaire, marquée par des péripéties judiciaires, avait pesé sur les relations diplomatiques avec l'ancienne colonie française.

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