Centrale nucléaire de Paluel : dégâts et réparations sur la piscine du bâtiment réacteur

Le générateur de vapeur de 450 tonnes après sa chute durant la maintenance du réacteur n°2 de la centrale de Paluel / © Photo transmise par le collectif "Stop EPR"
Le générateur de vapeur de 450 tonnes après sa chute durant la maintenance du réacteur n°2 de la centrale de Paluel / © Photo transmise par le collectif "Stop EPR"

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a sollicité l’avis de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) sur l'approche d'EDF concernant l'état des lieux des dégats et les réparations envisagées sur la dalle de la piscine endommagée lors de la chute d'un générateur de vapeur en 2016.

Par Julie Howlett

Pour rappel, le 31 mars 2016, un générateur de vapeur usé qui devait être remplacé a chuté lors de son évacuation. En tombant, ce générateur de 465 tonnes a endommagé la dalle qui recouvrait la piscine du bâtiment du réacteur 2.

EDF a classé les dégradations du liner (revêtement en acier inoxydable qui recouvre la piscine) en cinq catégories. Les dégâts vont de l'éraflure superficielle à l'arrachement du revêtement et de l'enduit de la piscine. En fonction des dégâts EDF a prévu des réparations allant d'un traitement de surface au remplacement de la tôle en passant par la mise en place d'un patch soudé sur le liner.

Pour l'IRSN, toutes les dégradations, mêmes superficielles doivent être traitées


Pour l'IRSN, les propositions d'EDF pour le classement des dégradations et les réparations prévues sont, dans l'ensemble, satisfaisantes.
Cependant il souligne "qu’aucune intervention n’est prévue pour les éraflures superficielles identifiées sur le liner, ce qui ne permet pas d’exclure le risque de pollution ferritique et de corrosion. À cet égard, l’IRSN considère que le caractère bénin des dégradations de type « éraflures superficielles » ne peut pas être vérifié par une simple inspection visuelle. Aussi, l’IRSN considère que toutes les dégradations relevées, même superficielles, devraient faire l’objet d’un traitement de surface."

S'assurer de patchs de tailles suffisantes


Concernant les réparations par patch soudé sur le liner, mises en œuvre dans le cas d’une dégradation de type endommagement local, l’IRSN rappelle que, "conformément aux bonnes pratiques, les soudures doivent être réalisées sur des zones saines. Ainsi, la taille des patchs devra être suffisante afin d’éviter de les souder dans des zones écrouies par le choc."

"S’agissant du contrôle des soudures, l’IRSN estime que le critère d’acceptation des indications en ressuage retenu par EDF est acceptable. Cependant, il n’apparaît pas dans la spécification adressée aux contrôleurs, ce qui n’est pas satisfaisant."

Pour ce qui concerne les réparations de la tuyauterie PTR (le circuit de réfrigération et de purification de l’eau des piscines), l’IRSN souligne que la soudure de raboutage a fait l’objet d’un contrôle par ressuage ce qu'il juge satisfaisant.





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