Les CRS se font porter pâle pour témoigner sur leur conditions de travail

© PHOTOPQR/LE REPUBLICAIN LORRAIN/MAXPPP
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Plus d'un millier de CRS se sont fait porter pâle pour, entre autre, se mobiliser pour une indemnité de déplacement. Le témoignage de l'un d'entre eux à Bosc-le-Hard (76).

Par MR/AFP

Plus de 1.900 policiers des CRS (Compagnies républicaines de sécurité), opposés à une réforme soumettant leur indemnité de déplacement aux prélèvements sociaux, se sont faits porter pâle jeudi, selon des sources policières et syndicales.

Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb recevra vendredi matin à 7H30 les trois secrétaires généraux d'Alliance, d'Unité-SGP et de l'Unsa-Police, réunis en intersyndicale contre cette réforme, a indiqué son entourage à l'AFP.
           
La mobilisation est "puissante" jeudi, a reconnu auprès de l'AFP un haut responsable policier, chiffrant en milieu d'après-midi à 1.900 le nombre de CRS se déclarant en arrêt-maladie ou en consultation médicale.
            Selon le syndicat Alliance, la "mobilisation est très forte". Vers 11H00, Alliance avait décompté environ 1.500 fonctionnaires "en maladie".
            Cette mobilisation dans les compagnies de CRS engagées sur le terrain jeudi intervient lors d'une journée marquée par un appel à manifester contre la réforme du Code du travail. 
            Réunis en intersyndicale mercredi, Alliance, Unité et l'Unsa-police avaient appelé les CRS à "se mobiliser fortement sans délai" et réclamé l'intervention de Gérard Collomb dans cet épineux dossier.
            Les syndicats revendiquent que l'Ijat (indemnité journalière d'absence temporaire), versée lorsque les CRS sont en mission, soit exonérée des prélèvements sociaux et en particulier de la CSG (contribution sociale généralisée).
            D'un montant quotidien de 39 euros, l'Ijat constitue un important complément de revenu pour les CRS, au regard du nombre de missions effectuées.
Créée dans les années 1960, cette prime fait l'objet d'une défiscalisation, ce qui lui vaut régulièrement les foudres de la Cour des Comptes.
            Dans une lettre adressée aux syndicats, mercredi et que l'AFP a pu consulter, le directeur général de la police nationale, Eric Morvan, a souligné que l'exonération des contributions sociales sur l'Ijat n'était pas "possible" mais a rappelé que le gouvernement s'était engagé à ce qu'elles soient "intégralement" compensées par une augmentation de cette indemnité, qui sera portée à 42,79 euros brut au 1er janvier 2018.
            Le DGPN promet également le paiement de l'Ijat sur une fiche de paie spécifique et la possibilité de percevoir cette indemnité sur un compte bancaire différent de celui sur lequel est versé le salaire principal.
            Pour répondre aux griefs des syndicats dénonçant l'allongement des délais de paiement de l'indemnité, le DGPN assure que ce décalage sera "très limité" dans le temps et affirme que le paiement des heures supplémentaires, aujourd'hui trimestriel, "sera définitivement mensualisé".

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