Ex-raffinerie Petroplus : la CGT demande la suspension des travaux après une contamination au plomb

Le site de 260 hectares de l'ancienne raffinerie Pétroplus / © France 3 Normandie
Le site de 260 hectares de l'ancienne raffinerie Pétroplus / © France 3 Normandie

La CGT exige une suspension des travaux pourqu'un diagnostic des substances dangereuses présentes sur le site soit fait, après que des employés de l'ancien site pétrolier de Petit-Couronne, près de Rouen, ont été contaminés au plomb.

Par Ludivine Aurelle

L'activité sur l'ancienne raffinerie Petroplus pourrait de nouveau être interrompue. Les travaux de dépollution du site avaient déjà été suspendus quelques jours au début du mois, après la découverte de traces de plomb dans les tests sanguins de certains employés. Les 300 salariés avaient repris le travail le 7 juin dernier. 

"Une faute d'une gravité exceptionnelle"

Pendant l'interruption d'activité sur le site de Petit-Couronne (Seine-Maritime), le groupe Bolloré Energy, en charge de la coordination des entreprises travaillant sur le site, n'a pas procédé à l'examen des substances dangereuses, dont le plomb, présentes sur le chantier. Gérald Le Corre, responsable syndical à l'Union départementale CGT, s'insurge : "C'est une faute d'une gravité exceptionnelle." La prévention et l'évaluation des risques figurent parmi les obligations d'un employeur "pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs", d'après l'article 4121-1 du Code du travail.

Contagion dans les réfectoires 

Différentes entreprises et corps de métiers sont mobilisés sur le site de Petit-Couronne. Ils ne sont pas tous exposés aux mêmes substances dangereuses. Tous ne travaillent pas dans des lieux chargés en plomb. En revanche, une contamination est possible dans les lieux collectifs comme les réfectoires. Des traces de plomb sont ramenées par les chaussures et tenues de chantier des employés dans les salles de restauration. 

Pour l'heure, il est difficile d'estimer le nombre de personnes contaminées. Si aucun diagnostic n'est fait par le groupe Bolloré Energy, la CGT pourrait envisager une plainte au pénal. Lors de l'évacuation du site le 31 mai dernier, le dépôt Rouen Petit-Couronne s'était exprimé dans un communiqué :

"En collaboration avec l’inspection du travail, des diagnostics complémentaires pour évaluer la présence de plomb sur le site vont être réalisés afin de ne faire courir aucun risque aux personnes travaillant à la construction du futur dépôt pétrolier."

 

Quels sont les dangers du plomb ?

Selon l'ARS, la présence de plomb dans le sang, après avoir été ingéré ou inhalé, peut engender une anémie. Il se fixe ensuite sur les os, les organes vitaux ou le cerveau. Il faut plusieurs années avant qu'il ne disparaisse de l'organisme. L'ingestion de cette substance est particulièrement dangereuse pour les femmes enceintes et les enfants. Le plomb peut causer une intoxication aigüe, que l'on appelle saturnisme.

 





Sur le même sujet

La journée dieppoise de Thomas Pesquet

Près de chez vous

Les + Lus