Stockage pétrolier : l'émission de polluant atmosphérique inquiète le conseil municipal de Rouen

Un camion-citerne quitte le dépôt Rubis de Grand-Quevilly / © France 3 Normandie
Un camion-citerne quitte le dépôt Rubis de Grand-Quevilly / © France 3 Normandie

La société Rubis Terminal, basée à Grand-Quevilly, veut augmenter sa capacité de stockage de produits pétroliers. Le conseil municipal de Rouen avait émis un avis réservé, soulignant notamment le risque d'augmentation d'émission de polluants atmosphériques.

Par Simon Auffret

Rubis Terminal est l'une des grandes entreprises européennes du stockage de produits pétroliers et chimiques, mais aussi d'engrais. La société possède cinq sites sur la Métropole de Rouen, et a récemment demandé la possiblité d'augmenter la capacité de stockage sur l'un d'entre eux, situé à Grand-Quevilly. Le site est par ailleurs classé "Seuil haut" Séveso, repertoriant les risques environnementaux.

La demande concerne non seulement l'augmentation de la capacité, mais aussi la possibilité de stocker une plus grande diversité de produits. Rubis Terminal souhaiterait aussi augmenter la capacité de déchargement des bâteaux depuis la Seine vers les bacs de stockage. 

Une enquête publique a été lancée le 19 juin, et s'est achevée le 18 juillet. Le commissaire transmettra son avis à la préfecture d'ici un mois, pour une décision finale attendue à la rentrée. Dans ce cadre, le conseil municipal de Rouen a été consulté : sur proposition de l'adjointe à l'environnement Françoise Lesconnec, un avis "réservé" sur la proposition.

VIDEO. Reportage de Véronique Arnould, Myriam Libert et Christophe Charbonnier. Avec comme interlocuteurs :
  • Alain Kermarrec, conseiller municipal de Grand-Quevilly
  • Françoise Lesconnec, adjointe EELV en charge de l'environnement de Rouen


Le conseil note un manque d'information autour de l'augmentation des émissions de gaz à effet de serres dûes à un plus grand stockage et des transferts plus nombreux. Et se base sur un avis de l'Agence Régional de Santé (ARS) repris par la préfecture dans son avis en tant qu'autorité environnementale sur ce dossier : "l'augmentation des capacités de stockage est susceptible de générer un accroissement de 20 % des émissions de composés organiques volatil par rapport à la situation actuelle".

Les composés organiques volatils (COV) sont des polluants atmosphérique créés notamment pendant la manipulation d'hydrocarbure. Ils peuvent provoquer un effet de serre additionnel, mais ont aussi des effets sur la santé humaine.

Rubis Terminal doit donc prouver sa capacité à limiter l'augmentation des émissions pendant le stockage et le transfert des produits pétroliers. Dans son avis, la préfecture explique que "l'étude conclut à une absence d'impact notable sur les différentes composantes de l'environnement" dans la proposition de la société. Avant d'ajouter en conclusion : "une étude portant sur les émissions atmosphériques, notamment les émissions fugitives de composés organiques volatils et celles issues du transport (...) pourrait être intéressante."

L'enquête publique portait sur un seul des 3 sites de stockage sur lesquels Rubis Terminal à demander des modifications d'autorisations. Pour les autres sites, notamment celui "HFR" également situé à Grand-Quevilly, la ville de Rouen n'avait pas été consultée. L'augmentation du stockage concernait cette fois ci de l'engrais liquide, non des produits pétroliers. Suite à une enquete publiqe terminée à la mi-juin, l'avis donné avait été favorable.

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