La Confédération Paysanne publie une carte de France de l'agriculture industrielle

En marge du Salon de l'Agriculture qui se tient cette semaine à Paris, la Confédération Paysanne, syndicat agricole minoritaire, publie une carte de "l'industrialisation de l'agriculture"? En France, une trentaine de fermes usines sont déjà en service ou en projet dont cinq en Poitou-Charentes. 

Un élevage de poules pondeuses.
Un élevage de poules pondeuses. © maxppp
Cette "carte de l'industrialisation agricole" est le fruit d'une année de recensement effectuée pour le compte du syndicat agricole. La majorité de ces fermes usines ou des projets sont situés dans le Grand Ouest et au nord de Paris voulant tendre à rapprocher le modèle agricole français de celui de l'Allemagne ou des Pays-Bas.
La Confédération Paysanne indique que "cette carte n'est que la partie immergée d'un énorme iceberg". 

"Quotidiennement, les paysans sont poussés par la profession agricole, les banques et les politiques vers l'agrandissement, la modernisation à outrance et la déconnexion de leur métier, accentuant leurs difficultés" ajoute le syndicat agricole.


En Poitou-Charentes, quatre projets sont répertoriés ainsi qu'une exploitation déjà en service dans les Deux-Sèvres à Pamproux.


1,2 million de volailles à Pamproux dans les Deux-Sèvres

Au premier rang des exploitations déjà existantes, Pamproeuf à Pamproux (79).1,2 million de volailles (600 000 poules pondeuses et 600 000 poulettes) y est élevé et 700 millions d'oeufs commercialisés par an. 13 000 tonnes d'ovoproduits (produits à base d’œufs pour l’industrie agro-alimentaire) y sont préparées. Le tout pour un chiffre d'affaire de 64 millions d'euros.


1 200 taurillons à Coussay-les-Bois dans la Vienne

Pierre Liot, un éleveur et producteur d'aliments pour bétail défend un projet de ferme géante de 1 200 taurillons à Coussay-les-Bois, au nord-est de la Vienne, sur 16 000m2 de bâtiments.
La demande de permis de construire a été rejetée par la mairie et le dossier est actuellement entre les mains de la Direction Départementale des Territoires (DDT). Une association de riverains et les maires des communes alentour s'opposent à ce projet en soulignant les conséquences néfastes sur l'environnement notamment sur la nappe phréatique et sur les exploitations traditionnelles environnantes.


Une usine à porcelets à Luzay dans les Deux-Sèvres

Six éleveurs du nord Gâtine se sont associés pour monter un projet de maternité de 1000 truies afin de produire 25 000 porcelets par an. Ces petits cochons seront ensuite engraisser dans des élevages de la région. Le dossier, défendu par la FDSEA, a été accepté par la préfecture en 2011 mais une procédure au Tribunal administratif est en cours. L'investissement total était évalué au départ à 4 millions d'euros.
Les promoteurs de cette usine géante à porcelets mettent en avant la nécessité de produire en France au lieu d'importer d'Espagne et d'Allemagne. Les opposants, au premier rang desquels l'association "Bon Vent", font valoir les risques pour l'environnement, la qualité des eaux et d'odeurs. Ils veulent défendre "une autre politique agricole qui ne se base pas l'hyperproductivité mais sur le raisonnable".


Extension d'un élevage de volailles à Missé dans les Deux-Sèvres

Il s'agit d'un projet d'extension d'un élevage avicole soutenu par la coopérative Terrena qui commercialisera les volailles. L'éleveur, installé dans le nord des Deux-Sèvres à Missé, souhaite plus que tripler sa production et passer de 91 000  à près de 334 000 volailles. Les opposants à l'agrandissement de cet élevage avicole dont l'association Bon Vent redoutent notamment des nuisances pour les riverains et des dommages sur l'environnement. A l'issue de l'enquête publique, un avis favorable a été rendu.


25 hectares de serres à tomates à Echillais en Charente-Maritime

Une des plus grandes serres à tomates de France devrait être construite à Echillais près de Rochefort en Charente-Maritime. Une installation de 25 hectares de serres à tomates hors sol sera chauffée avec la chaleur émise par l'incinérateur actuel puis par le méga incinérateur qui doit être construit par Vinci et dont le projet est contesté. Cette énergie sera fournie par le SIL (Syndicat intercommunautaire du littoral) à l'initiative de la construction du super incinérateur. 50 tonnes de tomates seront produites par jour, 9 000 tonnes par an qui seront destinées au marché français et notamment à la grande distribution.
La Confédération Paysanne note que malgré les 810 observations défavorables lors de l'enquête publique contre 6 favorables, le commissaire enquêteur a rendu un avis positif.
Les promoteurs espèrent une mise en fonctionnement en novembre 2015.


"Une agriculture destructrice"

Pour tous ces projets, la Confédération Paysanne parle "d'agriculture destructrice", chiffres à l'appui. Entre 2000 et 2010, 28% des exploitations agricoles du Poitou-Charentes ont disparu.
Anne-Marie Baillargé et Francis Tabuteau se sont rendus dans la ferme de Nicolas Fortin à la Puye dans la Vienne. Le porte-parole de la Confédération Paysanne dans la Vienne défend un élevage plus respectueux des hommes, des animaux et de l'environnement.
durée de la vidéo: 02 min 13
Les fermes industrielles décriées par la Confédération Paysanne




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