Agriculture bio : la région se veut rassurante après la fin des aides de l'Etat

Alors que l'Etat a annoncé la fin des aides au maintien de l'agriculture bio dès 2018, la région Nouvelle-Aquitaine rappelle ses engagements pris dans le cadre du "Pacte bio". De quoi rassurer les producteurs qui voient leurs aides maintenues... jusqu'en 2020

Par Maïté Koda

Pas d'inquiétude, la Région veille sur vous. C'est en substance le message adressé par le Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine aux agriculteurs bios. Ce mercredi 20 septembre, le ministre de l'agriculture Stéphane Travers a annoncé que l'Etat cesserait, dès  2018, de verser des aides au maintien pour les agriculteurs biologiques. Des aides qui permettaient aux jeunes exploitations bios de se stabiliser.
 

L'exception de la Nouvelle-Aquitaine 


Désormais, ce sont les reconversions qui seront privilégiées, afin d'accompagner les novices dans le secteur. Les producteurs déjà certifiés vont quant à eux perdre leurs aides. Sauf… en Nouvelle-Aquitaine.
Dans un communiqué, la région se veut rassurante et rappelle son engagement pris dans le Pacte Bio. "Les crédits dédiés de la région et de l'Europe ne seront pas impactés", assure Jean-Pierre Raynaud, vice- président de la Région, en charge de l'agriculture.

Jusqu'à présent, les aides au maintien pour les agriculteurs biologiques étaient financés à hauteur de 75% par l'Europe, et 25% par l'Etat.

Les aides de l'Etat vont disparaître, mais nous avons pris l'engagement, de compenser ces 25%, et ce jusqu'en 2020.

 

Du côté de la fédération régionale de l'agriculture biologique (FRAB) de Nouvelle-Aquitaine, les sentiments sont mitigés. Le vote du Pacte bio, qui vise entre autres, à parvenir à 10% de surface agricole utile dans la région  rassure, comme le reconnait Irène Carrasco, vice-présidente de la FRAB
 
 

Le fait d'avoir les aides régionales jusqu'en 2020, on se dit qu'on est plutôt bien dotés. Mais même si je comprends les contraintes budgétaires, le signal envoyé par l'Etat est mauvais
 


Des critères très sélectifs


L'exemple de la Nouvelle-Aquitaine pourrait-il inspirer d'autres régions? Il a nécessité des concessions, admet Irène Carrasco.

 

Nous avons dû nous montrer très sélectifs avec, notamment, un critère limitant les aides aux agriculteurs qui produisent 100% bio.

Mais il est, par exemple, très difficile de faire de la noisette bio. Et l'agriculteur qui va produire des prunes bio et des noisettes qui ne sont pas bio, n'aura pas droit aux aides. Il sera défavorisé

 
L'engagement de la région permet deux années de répit pour les agriculteurs. Reste encore à savoir combien de temps elle  va pouvoir se substituer à l'Etat. L'horizon 2020, fixé par la Région,  correspond à la date de la nouvelle Politique agricole commune (PAC) qui rebattra les cartes sur la table. Sauf que cette PAC pourrait bien prendre entre deux et cinq ans de retard. Que va-t-il se passer entre les années 2020 et 2022 voir 2025?  Irène Carrasco se veut rassurante.

Cela nous laisse le temps de travailler sur la période de transition, et nous allons trouver une solution. En tout cas je préfère me montrer optimiste! 

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