Le souffle de Zamakan

Le sextet Diwanimi sort son premier opus : Zamakan. C’est un ensemble musical  qui puise son inspiration dans le  répertoire de tout le bassin méditerranéen

© Diwamini.
Prenez un un oudiste Franco Tunisien, un Guitariste Algérien, un pianiste français, un saxophoniste français, un bassiste bosniaque et enfin un percussionniste macédonien, remuez le tout, filtrez et laissez reposer vous obtiendrez un sextet très particulier : Diwanimi. Ne le cherchez ni à la rubrique world music ni à celle du folklore et musique du monde.  N’insistez pas ! Ces musiciens font tout pour  créer l’inattendu et la surprise.
durée de la vidéo: 01 min 32
Diwanimi

Leur premier opus zamakan, à l’écoute, se place ainsi résolument sous le signe du rêve éveillé. Ces musiciens du sextet Diwanimi  ont façonné ensemble cet étrange songe musical. Une musique aux frontières de l’Orient sans y être tout à fait, d’un orient traversé d’éclairs jazzys. Ils y développent une musique d’énergie brute sans être brutale, une inspiration métisse sans être faussement exotique.


L’occasion de préciser l’engagement des ces artistes qui détonnent sur la scène bordelaise. Nous avons posé quelques questions à Ziad Benyoussef, le luthiste de la formation :


Comment  assurer la cohésion musicale de votre sextet avec des musiciens d'approche, de formation et de culture musicale différente ?


J'aimerai  insister sur l'idée du groupe pour nous car on fonctionne d'une manière qui met en valeur la couleur amenée par chacun, la cohésion musicale fonctionne par conséquent de manière très expérimentale - j'ai presque envie de dire artisanale - on essaye les assemblages et les idées proposées par chacun et on garde celles qui fonctionne, certains musiciens proposent l'idée de base, la mélodie et tout le monde s'y attelle pour apporter une structure rythmique, un arrangement un habillage harmonique... Une histoire à raconter quoi... Par conséquent, la question des origines, des formations musicales différentes des membres du groupe devient un outil au service du propos musical ou une couleur qu'il faut malgré tout manier avec précaution, notamment quand il faut rapprocher la tradition des uns et des autres.


Comment vous situez-vous sur la scène jazzy locale bordelaise ?


La relative jeune existence du groupe fait que l’on procède peu à peu. Chacun de nous a sa propre notoriété et expérience dans des registres très différents. Laissons donc émerger tranquillement cette nouvelle expérience dans le paysage culturel bordelais. Nous cultivons une belle approche du jazz dans ses formes les plus ouvertes fondées essentiellement sur l'improvisation comme liberté et comme moyen de composition.


Est-elle suffisamment large, intéressante pour vous permettre de vous exprimer ou êtes vous obligés d'explorer d'autres horizons de diffusion ?


La scène bordelaise gagnerait certainement à laisser une place à ce genre de musique parce qu'elle a l'atout de la personnalité, elle n'est absolument pas dans une démarche imitative, elle ne s'installe pas dans les canevas balisés des standards du jazz ou de la musique dite traditionnelle. Nous cultivons un certain art de détourner les idées toutes faites en musique, et paradoxalement la première scène conventionnée et "visionnaire" qui nous a accueilli en résidence n'est pas bordelaise (les Ponts-De-Cé en Maine et Loire). Nous réfléchissons donc à à diffuser notre musique avec une approche internationale. Cela devient même une nécessité de nos jours.


La world-music est un concept tellement large et un peu fourre-tout aujourd'hui ? comment défendez vous l'originalité de votre démarche ?  


Il s'agit d'une catégorie fabriquée pour des besoins de diffusion sans rapport avec la création musicale en soi. Nous nous ne nous qualifions pas comme un groupe de musique world-jazz mais comme une catégorie musicale plus libre. D'ailleurs, notre approche de la création musicale est résumée par une belle phrase du poète palestinien Mahmoud Darwich extraite de son poème "contrepoint" :
" ... Il aime des pays et les quitte, il aime migrer vers toute chose, car dans le voyage libre entre les cultures il y a place pour tous ceux partis à la recherche de l'essence de l'homme...."
Cette phrase parle tellement bien de notre approche créative qu'on l'a inséré dans la couverture de notre nouveau CD "ZAMAKAN". L'originalité de notre approche créative va de pair avec notre volonté de prise de risque permanente, chaque morceau est interprété et réinterprété de manière renouvelée sans cesse.    


Où vous produisez vous bientôt ?  avez-vous déjà des dates à proposer au public ?

Nous sommes à l'heure actuelle en train d'organiser une sortie de notre nouvel opus "ZAMAKAN" (le mot est une contraction en arabe de deux mots "ZAMAN" et "MAKAN" qui veut dire "Espace-Temps"), le public peut s'attendre à nous voir cet été à la guinguette chez Alriq (rive gauche) les informations seront disponibles sur notre page facebook.
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
musique culture
l’actualité de votre région, dans votre boîte mail
Recevez tous les jours les principales informations de votre région, en vous inscrivant à notre newsletter