Les dernières études font état d’un recul des falaises de 25 cm par an en moyenne.

Le 27 février dernier, les gérants de l’hôtel quatre étoiles La Réserve, à Saint-Jean-de-Luz, se sont réveillés avec une très mauvaise surprise : durant le week-end, les pluies diluviennes ont emporté vers l’océan un vaste morceau de terrain situé au pied de la piscine de l’établissement. Conséquences : l’accès à la falaise est interdit, et l’hôtel n’aura d’autres choix que de déconstruire la piscine. Cet accident est une illustration parmi d’autres : certes moins exposée que la côte sableuse des Landes et de la Gironde, la côte rocheuse est elle aussi menacée par l’érosion.

Le phénomène n’est pas nouveau mais  il s’amplifie. Et les dernières projections du l'Observatoire de la Côte Aquitaine ne sont guère optimistes : d’ici 2050 sur le littoral basque, l’érosion aura grignoté en moyenne 27 mètres. Un recul auquel il faudrait ajouter une dizaine de mètres, si l’on intègre les effets potentiels du réchauffement climatique…

Dans les faits, le recul se produit de façon discontinue, en fonction de la nature des roches et de leur vulnérabilité. Sur certains secteurs, il peut atteindre 50 cm par an et menace directement des habitations et des activités économiques.

Les élus sont conscients depuis de nombreuses années des enjeux que représente ce phénomène sur un littoral fortement urbanisé. Pour la première fois, ils ont élaboré une stratégie globale de gestion du trait de côte, en collaboration avec le GIP Littoral Aquitain. Ils ont mis en place un vaste plan d’actions, en distinguant clairement les secteurs qu’ils souhaitent voir préservés, et les secteurs dans lesquels ils laisseront faire la nature. Sur la portion qui va d’Anglet à Bidart, 85 millions d’euros seront investis pour gérer le trait de côte.

Toutefois, plusieurs questions restent en suspens. Que faire des infrastructures qui sont trop près de l’océan ? Entre Ciboure et Hendaye, près de 6000 véhicules (9000 l’été) empruntent tous les jours la fameuse route de la Corniche. Mais celle-ci est vouée à disparaître peut-être dans 30 ou 40 ans… Si à court terme des reculs ponctuels sont prévus, les élus n’excluent pas de la déplacer complètement, beaucoup plus en retrait. Ce qui pose d’autres problèmes, financiers notamment.

Par ailleurs, certains riverains n’auront d’autres choix que de quitter leur maison. A quelle hauteur pourront-ils être indemnisés ? Comment mettre en œuvre les éventuelles relocalisations ?
Une proposition de loi est actuellement à l’étude, pour offrir de nouveaux outils juridiques afin d’aider les collectivités à mieux gérer le risque et anticiper le repli des biens et des personnes.

France 3 Euskal Herri est allé à la rencontre de spécialistes, d’élus mais aussi de riverains pour évoquer ce phénomène qui entraînera inévitablement une modification du littoral basque et de son aménagement.

Un magazine d’Andde Irosbehere, Emmanuel Galerne et Francine Bétat.

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