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Bordeaux : Le Mirail, un “lycée du matin” qui casse les codes de la réussite au bac

© Mehdi Fedouach AFP
© Mehdi Fedouach AFP

Il est 14h00 et la cloche sonne déjà la fin des cours au lycée Le Mirail, dans le centre-ville de Bordeaux: établissement de la seconde chance pour certains, il est aussi celui de l'excellence pour d'autres qui visent le haut niveau en danse, musique ou sport.

Par C.O avec AFP

"On est bien au Mirail!", s'exclame Joséphine qui révise l'après-midi sa prépa Sciences Politiques qu'elle mène de front avec le bac. "Je suis là depuis la 1ère. J'avais besoin de ces horaires-là vu que je fais la prépa le samedi et le mercredi après-midi, ça me permet de travailler", lance-t-elle.

Sa camarade Maïlys, elle, est venue dans ce lycée novateur après avoir été déscolarisée. "Je suis claustrophobe. Rester huit heures dans un lycée classique, ça fait beaucoup pour moi. Ici, ça fait moins de temps, ça m'a aidé", se rappelle la jeune fille de 19 ans, qui apprécie d'avoir "beaucoup d'aide" et va après les cours en 'perm' avec les profs".

Ce lycée hors norme suit le programme de l'Education nationale: de 8h à 14h avec une heure de pause-déjeuner du lundi au vendredi et le samedi jusqu'à midi. Le temps dégagé l'après-midi permet d'aider les élèves en difficulté (retard scolaire, dyslexie, etc.) au sein même de l'établissement. Plus de 40 ateliers, du théâtre au stylisme, sont également proposés.

Un accompagnement des élèves aussi étroit pourrait laisser penser que cet établissement catholique privé, créé en 1850 dans un hôtel particulier du XVIIe siècle et aujourd'hui sous contrat avec l'Education nationale, est bien noté par les indicateurs de valeur ajoutée des lycées (Ival), publiés mercredi par l'Education nationale. Car les Ival ne se fondent pas uniquement sur le taux de réussite au bac mais tiennent compte de la capacité du lycée à accompagner ses élèves jusqu'à l'obtention du diplôme et de leur profil sociologique.
Surprise! Le lycée Le Mirail a collectionné l'année dernière des points négatifs partout sauf en arts appliqués, selon sa direction. En 2016, le taux de réussite au baccalauréat de ses 229 candidats a été de 79% au lieu des 88% attendus, ce qui lui vaut un -9 (contre toutefois -18 en 2015). D'autres indicateurs suivent cette tendance dans le rouge.

 "On accepte tout le monde" 

"Les objectifs qui nous sont donnés sont inatteignables: sept à huit points de moins pour le taux de réussite au bac que les meilleurs lycées du centre-ville, alors que 20% des jeunes dans mon établissement ont au moins un an de retard. On sait qu'ils ont 30 à 50% de chance en moins d'avoir leur bac en une seule fois...", explique le directeur, Gérard Coucharrière.


"On accepte tout le monde", précise-t-il, presque 20 ans après avoir mis en place le lycée du matin, "refuge pour un certain nombre d'élèves qui ont du mal dans un lycée traditionnel".
Ces points négatifs s'expliquent notamment, selon lui, par un niveau à l'entrée en seconde inférieure à la moyenne nationale, par la réorientation et les redoublements.
Pour le directeur, d'autres critères devraient être pris en compte par ces indicateurs Ival, comme les élèves de milieu favorisé (cadres et enseignants), dont le taux au Mirail est bien inférieur au niveau national. Ival, "ce sont de bons indicateurs pour des populations et des établissements moyens", conclut Gérard Coucharrière. Il y a 20 ans, sa priorité était que les jeunes réussissent leur bac. "Aujourd'hui, c'est d'abord que les élèves soient bien dans leurs baskets", sourit-il.
Preuve de ce succès: 25% des jeunes habitent en dehors de la banlieue bordelaise et font jusqu'à deux heures de trajet quotidien.

Au Mirail, les lycéens dialoguent davantage avec les enseignants ( lesquels repèrent ainsi plus facilement leurs difficultés ) sont plus épanouis et acquièrent des compétences qui ne sont certes pas notées au bac mais leur servent bel et bien après.
"Du coup, on est souvent étonné par les résultats!", note une enseignante de mathématiques, Véronique Blanc, se rappelant avec une certaine fierté "d'élèves qui ont pu intégrer médecine du premier coup".



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