Prix de l'immobilier : le coup de gueule d'une bordelaise

Illustration d'une jeune femme devant la vitrine d'une agence immobilière / © Valentine Chapuis/LA DEPECHE DU MIDI/MAXPPP
Illustration d'une jeune femme devant la vitrine d'une agence immobilière / © Valentine Chapuis/LA DEPECHE DU MIDI/MAXPPP

La petite trentaine, célibataire, jeune femme moderne, bien dans ses "Stan Smith", Charlotte déplore pourtant la "starification" de sa ville, Bordeaux. Le prix de l'immobilier flambe dans la capitale girondine. Être propriétaire à Bordeaux est-il aussi compliqué que de trouver le prince charmant? 

Par Delphine Vialanet

Charlotte en a marre, et elle nous le fait savoir. 

Cette jeune trentenaire, moderne et dynamique partage les rêves de beaucoup de filles de son âge : trouver l'amour et... un nid douillet.  
Si de tout temps, rencontrer le prince charmant n'a jamais été chose aisée, un autre gros challenge attend désormais les jeunes actifs citadins : accéder à la propriété !

A Bordeaux, peut-être encore plus qu'ailleurs, les prix de l'immobilier flambent ce qui rend quasiment inaccessible l'achat en ville.
En un an, le prix du mètre carré a augmenté de 8,2% dans la capitale girondine.  Cette augmentation peut atteindre 30% dans le "Triangle", le quartier historique de Bordeaux. On y atteint jusqu’à 8 000 euros du mètre carré. Les vendeurs fixent leur prix et trouvent preneur. 

Bordeaux se hisse régulièrement en tête des classements des villes où il fait bon vivre, 38% des Français aimeraient s’y installer. C'est peut-être cela que l'on appelle " la rançon du succès"


Charlotte nous a envoyé son coup de gueule, on le partage avec vous

Sites de rencontres ou agences immobilères,  même combat

"Naguère, époque mauriacienne, c’étaient les notaires qui avaient le vent en poupe, qui étaient les bons partis à marier. Vint ensuite une forme de switch au début des années 80 où ce n’étaient plus les professions de notables qui séduisaient, mais les néo-job en haut desquels pubards et traders. Aujourd’hui il faut croire que c’est l’agent immobilier qui fait rêver.

A Bordeaux en particulier, cette ville longtemps qualifiée de Belle Endormie, qui truste maintenant les premières places des classements mondiaux où il fait bon vivre. Ok, sur ce postulat peu de contradictions à objecter… mais l’effet de mode est rageant. Pourtant Nantes c’est très bien aussi!

Alors de nombreux parisiens ont vendu leur 50m2 du Canal St Martin à 10 000 euros du mètres, sont arrivés sur les bords de Garonne et ont halluciné de ce qu’ils pouvaient acheter. La suite… les prix ont flambé.
Le terme de rageant vient donc en répétition dans ce texte. Oui parce que faire du lèche vitrine a toujours été ma passion, et quand je bavais sur un sac Hermès que je ne pouvais m’offrir, je pouvais toujours me rabattre sur un ersatz de chez Gérard Darel ou espérer le cadeau commun d’un sac Jérôme Dreyffus.
De la même façon quand je rêvais de ce duplex dans le triangle de 120 m2 + terrasse et piscine, je pouvais espérer me rabattre sur ce 3 pièces des Chartrons dans quelques années...

Maintenant c’est à peine, si j’ai le loisir de regarder quoi que ce soit. En effet, dans ces agences immobilières dont la disposition et la décoration ressemble dorénavant à des bars à caviar ou des joailleries, toutes les annonces affichées portent un bandeau « vendu par nos soins », « compromis en cours », « vendus en 48h00 », m’indiquant qu’il n’y a plus rien sur le marché.
C’est un peu comme si j’étais célibataire et que Tinder fermait, ou qu’on ne pouvait y trouver que des mecs déjà mariés (des agents immobiliers sûrement). L’agent immobilier "himself" se comportant comme un goujat, un rencard qui ne me rappellerait jamais après le premier rendez-vous parce que  "vous comprenez, je suis débordé, j’ai tellement de demandes..."  tu n’es quand même pas Georges Clooney !!!, NDLA.

Pire, ce « vendu en 48h00 » porte en sous-titre, si tu ne couches pas le premier soir, j’en trouverai une qui acceptera. Et j’ai l’impression, rageant encore, que le propriétaire de mon actuel appartement, voit en moi une fiche tinder qu’il souhaite ardemment swapper, comme s’il attendait une nana à la poitrine plus généreuse, i.e au pécule plus sérieux. Et mes rêves de s’effondrer. J’ai toujours rêvé d’un mec d’au moins 1m83, aux yeux verts et aux cheveux bouclés. J’idéalisais un appartement traversant, avec parquet moulure, cheminée et terrasse et je finirai avec un garçon dont la chevelure n'est plus qu'un vague souvenir, d'à peine d’1m60...?

Mais depuis quand le marché de l’immobilier bordelais est-il devenu plus sauvage que d’assister à un mariage à la table des célibataires ?



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