Le vin, une affaire de Femmes

La féminisation du monde viticole est en marche. Les femmes produisent leurs vins et deviennent des exploitantes à part entiere. En Gironde elles sont 1800 soit 25 % de viticultrices. Rencontre avec cinq femmes et cinq destins au mileu des vignes.

Par Caroline Motte étudiante avec A.H.

FLORENCE PRUD'HOMME

Florence Prud'homme
En 2003, Florence décide de s’installer dans le Cubzagais.

La propriété qu’elle achète se trouve être une ancienne exploitation viticole qui a existé pendant trois générations. Une occasion en or pour la jeune femme qui se lance et découvre, à tâtons, le métier de viticultrice. Vendanges, sous-tirages, mises en bouteilles et tenue méticuleuse des comptes rythment son quotidien au Château Saincrit.
Aujourd'hui, avec ses 16 hectares de vignes, elle est une femme accomplie. Sa vie, elle la partage entre son travail devenu passion, et ses deux enfants. Pour décompresser physiquement et moralement, elle retrouve ses amies et voisines, les “Amazones”, un groupement de cinq viticultrices cubzagaises. C’est alors qu’entre femmes, la passion du vin reprend le dessus.
 

LATIFA SAÏKOUK

Latifa SaïKouk
Latifa l’a toujours su : elle travaillera dans l'univers du vin.
Aujourd'hui, à 34 ans, elle est viticultrice au Château Saïkouk à Saint-Seurin-de-Cadourne. Fille d’immigrés marocains, elle a pu et su choisir sa voie. 
"Mes parents à l'esprit libéral n'ont pas trouvé étrange qu'une fille s'intéresse à cette activité", justifie-t-elle.
C'est grâce à son voisin, Monsieur Dupuy, qu'elle goûte à l’expérience du vin. Ce bonhomme médocain lui apprend tout de la vigne et du vin. Puis, en guide spirituel, il lui confie l'exploitation de quelques parcelles. Progressivement, elle acquiert ses propres vignes malgré quelques difficultés financières.
Quand elle travaille à la vigne, Latifa semble à l’écoute de son raisin. Sa douceur fait d’elle une femme entièrement dévouée à sa passion. Un coeur à prendre...


ESTELLE ROUMAGE

Estelle Roumage
Dans le monde viticole, Estelle Roumage est une “business woman”.
Après qu’elle a repris l’exploitation familiale à Saint-Germain-du-Puch, elle s’est attelée à développer le château Lestrille à travers le monde. Mère de trois enfants, elle part régulièrement à l'étranger pour promouvoir ses produits. Au Château Lestrille, elle a crée sa boutique où les goûts et les couleurs se marient dans une atmosphère bien soignée. Le chai à barriques, lui, a l’habitude d’accueillir oenophiles et néophytes lors de soirées organisées. Bientôt, c’est une « cave à manger » qui ouvrira ses portes pour recevoir les amateurs de sensations gustatives.
Pour Estelle, pas de différence : elle est autant “viticulteur que viticultrice”.


MARIE-JOSÉ DEGAS ET DIANE CASAMATTA

Marie-José Degas et Diane Casamatta
Le Château Degas, c'est une histoire de femmes.
Veuve à 49 ans, Marie-José Degas, femme au foyer, se retrouve avec des hectares de vignes. À peine son mari enterré, elle est assaillie par des acheteurs potentiels : des manières qu’elle n’apprécie guère. Qu’à cela ne tienne, ce sera elle qui poursuivra l’oeuvre de son mari. Marie-José s’improvise alors et s'impose ensuite comme l'une des rares viticultrices de son époque. Mieux, elle triple la surface de l’exploitation de son défunt mari.
À la retraite, elle propose à sa fille de poursuivre son travail mais c’est finalement Diane, sa petite-fille qui, à 25 ans, reprend l’exploitation. Diane espère que sa propre fille, Hortense, fera de même. Ce n’est pas un hasard si on peut lire "Héritières" sur les étiquettes de l’un des vins du Château Degas...

Ces reportages ont été effectués par une étudiante en journalisme dans le cadre d'un mémoire de fin d'étude à l'Institut de journalisme de Bordeaux Aquitaine

Vos commentaires

Sur le même sujet

Bordeaux capitale de la malbouffe

Actualités locales

Les + Lus