Après les explosions et la fuite de gaz, les riverains redoutent un 3e incident à CD Trans

Deux incidents en 10 mois, la situation est inquiétante pour les riverains de cette entreprise spécialisée dans le transport de produits dangereux, gaz et hydrocarbures notamment. Elle est implantée à Bassens, au nord de Bordeaux. Les habitants réclament un renforcement de la surveillance. 

Dimanche 3 avril 2016, 7 heures du matin. Une violente explosion, puis une deuxième, se produisent sur le site de l'entreprise CD Trans de Bassens, classée Seveso seuil bas.

Des débris métalliques sont projetés aux alentours, jusque chez des particuliers. L'incendie provoqué par les explosions ravage plusieurs camions citernes de la société. Deux pompiers sont légèrement blessé dans l'intervention.

A ce jour, l'enquête sur ces explosions est toujours en cours. 

Lundi 23 janvier 2017, 14 heures, une forte odeur de gaz affole l'ensemble des habitants de la rive droite de l'agglomération bordelaise. Les pompiers reçoivent des centaines d'appels, les élèves sont confinés dans les établissements scolaires.

Après plusieurs heures de recherches, l'origine de l'odeur est trouvée : elle provient de CD Trans. Elle est dûe à une "mauvaise manipulation de vanne sur un conteneur citerne" explique la préfecture. Du "tertiobutylmercaptan" s'est échappé. Un produit qui ne "présente pas de toxicité" selon les autorités.

C'en est trop pour l'association "Agir pour l'environnement", l'AME, qui regroupe près de 70 riverains de CD Trans à Bassens. 

"Nous sommes pour l'économie industrielle et l'emploi mais nous ne voulons pas des usines comme ça à risque aussi près" nous explique le président, Pierre Sabadie.

Même inquiétude à la mairie. Jean Pierre Turon, le maire de la commune, réclame un renforcement de la réglementation et des moyens de surveillance "pour que les interventions soient les plus rapides possibles" nous précise t-il. 

La société de transport reste muette face aux demandes d'interviews des journalistes.

Implantée depuis 1980 à Bassens, elle a agrandi son site de stockage de produits dangereux en 2013, malgré l'avis défavorable des élus locaux.

Elle demandait la création d'un dépôt de 50 T de bouteilles de gaz, en plus de celui lui permettant déjà de stocker 46,5 T. Elle souhaitait également implanter six containers citernes pouvant contenir des liquides inflammables.

Riverains et élus réclament la mise en place rapide de mesures de sécurité renforcées. 

Regardez le reportage de Yannick de Solminiac et Bertrand Joucla-Parker :

durée de la vidéo: 01 min 32
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