Le bac : souvenirs, souvenirs

© MARC OLLIVIER - maxppp
© MARC OLLIVIER - maxppp

Depuis 60 ans, le baccalauréat est devenu comme un rite de passage symbolique dans la société française. En Aquitaine, nous avons demandé à une célèbre animatrice, un spationaute, une romancière, un architecte ou un torero de renom de nous livrer leur souvenir du Bac. 

Par CB

Nous avons demandé à quelques Aquitains de nous décrire ce qu'a été pour ce moment du bac et si, aujourd'hui, cela représente toujours un examen fondamental pour les jeunes et notre société.

SOPHIE DAVANT (journaliste, animatrice)



L'animatrice télé, née à Bordeaux où elle passe son bac et ses études (de langues et de journalisme) parle sans façon de ce moment particulier :

Moi je n'ai pas gardé un bon souvenir du baccalauréat. Parce qu'on m'a obligée à faire la section C, à l'époque la section scientifique, mathématiques et physiques. Moi je voulais changer mais mes profs ont considéré que je pouvais avoir mon bac..
Donc, je subissais 9 heures de maths et physiques par semaine. Je détestais ça et j'étais nulle.

Donc j'ai eu mon bac C en ayant le maximum de points à rattrapper à l'oral !

Je l'ai eu en ayant 5 en maths et 6 en physiques... MAIS que de très bonnes notes en matières littéraires, histoire-géo et langues.

Ca reste un souvenir difficile parce que je l'ai eu de justesse.
 

ET ALORS ?

Pour autant, elle ne regrette pas d'avoir passer l'examen :

Ca apprend. Ca discipline. C'est un premier examen. C'est intéressant de se confronter à soi-même, d'apprendre à travailler et être jugé... Je trouve que c'est humainement et psychologiquement intéressant...


PATRICK BAUDRY (pilote, spationaute)
 

Patrick Baudry passe son bac à Bordeaux, il est bon élève. Il sait depuis toujours qu'il veut être pilote et qu'il faudra faire des études de mathématiques...

A l'époque, le bac avait beaucoup d'importance, c'était un marche-pied vers les études supérieures, maintenant ça ne représente plus rien... J'étais bon élève et c'était pour moi un peu une perte de temps... Ceci dit, je ressentais une grosse pression. Il ne fallait absolument pas le rater... Je me souviens aussi des révisions intenses avec les copains...

Car si le jeune Patrick est bon élève, il sait qu'il doit viser une mention car son projet de devenir pilote nécessite de passer par Maths Sup et Maths Spé... Il lui fallait une mention.

Aujourd'hui, avec le niveau... je ne sais comment font ceux qui veulent faire pareil, il leur faut la mention très bien...

ET ALORS ?

Pour autant, malgré le chemin parcouru dont une partie dans les étoiles, Patrick Baudry estime que le bac était important pour lui. "Excellent comme premier examen", " c'est une remise en question personnelle", une étape dans la vie d'un homme...
Il se rappelle aussi le moment des résultats " beaucoup de stress..." Sûrement à cause de la mention tant attendue...
 

MIREILLE CALMEL (Romancière)


La romancière aux 11 millions de lecteurs, installée dans le Médoc, le dit en riant :

Je l'ai passé deux fois, deux échecs !

Il faut dire qu'à cette âge, Mireille souffre de gros problèmes de santé qui l'ont éloignée du système scolaire depuis la 5ème. A cette époque, elle se réfugie dans les livres d'où elle tire son goût pour le romanesque, les mots mais pas seulement :

Quand tu lis beaucoup et quand tu veux savoir, tu apprends...

Elle habite à ce moment-là à Martignas dans les Bouches du Rhône, elle passe le bac A7 (Arts plastiques) en candidat libre puisqu'elle suit les cours au CNED par correspondance. "J'avais des lacunes... Tu vois un prof un jour.... tu as trois cours et puis le corrigé..." pas facile.

A deux reprises, elle échoue de peu et la deuxième fois avec un prof de latin un peu particulier  "alors que j'étais très bonne en latin" :

Il me donne "Ce que Platon aurait pensé de Sartre"... Je lui demande si ce n'était pas plutôt l'inverse... non. C'était totalement subjectif !

En fin je ne lui en veux pas. Si j'avais eu mon bac, j'aurais travaillé dans l'enseignement... je ne serais pas venue à Bordeaux... Je n'aurais pas non plus rencontré Aliénor (l'héroïne de ses romans à succès basés sur l'histoire d'Aliènor d'Aquitaine)...

ET ALORS ?

C'est important, car le bac m'aurait permis de faire le métier que j'avais choisi : être avec des enfants (on lui avait dit qu'elle ne pourrait pas en avoir, NDLR)...

Finalement ça ne s'est pas trop mal goupillé pour moi... Maintenant, avec l'histoire des équivalences, ça devrait valoir le bac (en références à ses romans vendus à des millions d'exemplaires), s'amuse-t-elle.

Et maintenant, pour les enfants, et petits-enfants, qui passent le bac français d'ailleurs, c'est très important...

Mais je n'ai aucun regret !
 

MICHEL PETUAUX-LETANG (Architecte)

Michel Pétuaux-Létang se souvient de ce Bac... "Je n'étais d'ailleurs pas forcément un bon élève... pas un mauvais non plus..." mais le Lycée Grand Lebrun où il passe sa première préfère qu'il le passe "en amateur" pour ne pas donner de mauvais chiffre à l'établissement... mais il est reçu. et passera son Bac "Maths Elem'" à Michel de Montaigne...
A l'époque, il est bon en maths en Français mais, selon lui "nul en angalis, espagnol" surtout qu'il fallait passer l'oral... Et finalement c'est une super note en philosohie qui le rattrapera !
Coté stress ?  Oui, bien-sûr, il était stressé mais il pense aux jeunes d'aujourd'hui qui sont "plus dans la réalité": 

Moi en 1956, tout le monde avait du travail. Donc je n'avais aucune angoisse existentielle : on trouvait du travail ! Pas de stress pour l'avenir. 
En fait c'est ma mère qui a voulu m'inscrire en 6ème (donc qu'il fasse des études NDLR). Mon père pensait que je pourrais être vendeur et ensuite reprendre sa mercerie.

ET ALORS ?

Ma famille était modeste et pour moi sans doute c'était une étape à franchir... Peut-être que je peux passer le certificat d'études, peut-être le Brevet et peut-être le Bac... 

Michel était l'ainé de 6 enfants. Quatre soeurs le suivent et un petit frère. Il pensait avoir loupé... et il se souvient être en train de faire des cabanes avec ses soeurs quand elles ont courru lui annoncer "Tu es reçu !"
Et ces soeurs, après, ont, elles-aussi, fait quelques études. 
Sans aucun doute un joli souvenir pour Michel Pétuaux-Létang...

JULIEN LESCARRET (Torero )


Le torero bordelais est autodidacte et son apprentissage s'est fait auprès de professionnels au gré de ces rencontres dans le milieu tauromachique. Il s'entraînait essentiellement pendant les périodes de vacances scolaires. Pour cela, il a suivi une scolarité plutôt classique et a passé le Bac (Sciences Economiques et sociales) à St Joseph de Tivoli, à Bordeaux.

J'étais un élève conforme à ce qu'on attendait de moi, très discret et discipliné.

Pour le bac, je n'étais absolument pas angoissé. peut-être l'habitude de faire face au stress. Cela m'a sans doute aidé de connaître ça... (dans l'arêne, NDLR)
Mais en général, je suis serein, je me fais confiance et je crois en ma bonne étoile... même si mon niveau était parfois limite sauf en langues... et je l'ai eu aussi (le bac, NDLR) tout juste.

Et alors ?

C'était important pour moi. Depuis la seconde j'y avais réfléchis. C'était important pour moi : avoir un diplôme pour pouvoir rebondir et faire des études... Et je suis BAC + 5...! Oui Bac + 5 mois car ensuite je me suis lancé complètement dans ma carrière de torrero.

Julien Lescarret, qui a arrêté sa carrière depuis peu et est aujourd'hui dans le commerce du jambon ibèrique, semble ravi de ces vies multiples qui "le nourissent" et s'entremèlent. Un "enrichissement" selon lui.

Je me suis jamais dit que ça ne servirait à rien. Je savais que tout servirait un jour...

Et pour l'anecdote, depuis l'an dernier, il n'est pas le seul bachelier-torero ou torero-bachelier de Tivoli. C'est aussi le cas de Clément Dubecq...



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