Grippe aviaire: 556 communes touchées par l'abattage préventif, quel devenir pour les carcasses des animaux euthanasiés ?

L'éleveur Bernard Dupuy, dans sa ferme dans le Sud-Ouest de la France, le 5 décembre 2016.  / © REMY GABALDA / AFP
L'éleveur Bernard Dupuy, dans sa ferme dans le Sud-Ouest de la France, le 5 décembre 2016. / © REMY GABALDA / AFP

La zone d'abattage préventif des canards et des oies, a été étendue à 93 communes supplémentaires, principalement dans les Landes. Depuis janvier on constate une cadence soutenue au sein de la quinzaine d'usines d'équarrissage que compte la France.

Par C.O avec AFP

Le nombre de communes listées passe ainsi de 463 à 556, selon un décompte effectué par l'AFP. Les Landes, premier département producteur de foie gras, reste la zone la plus touchée (+73 à 244 communes).

Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a annoncé lundi que 360.000 palmipèdes y seront abattus "dans les 15 jours à venir".
Est ensuite prévue la mise en place d'un vide sanitaire dans "la grande zone réglementée du Gers, des Landes, des Pyrénées-Atlantiques et des Hautes-Pyrénées", où se concentre la majorité des cas de grippe aviaire H5N8.

Selon l'arrêté, la zone d'abattage a aussi été étendue pour l'instant dans le Gers (+1 à 155 communes) et dans les Pyrénées-Atlantiques
(+19 à 105 communes
). Elle n'a pas été modifiée dans les Hautes-Pyrénées (47 communes) ni en Haute-Garonne (5 communes).
Repéré fin novembre sur des oiseaux sauvages, le virus H5N8 se propage depuis dans les élevages de palmipèdes du sud-ouest.
Au 20 février, 306 foyers infectieux avaient été recensés dans des exploitations agricoles et 28 cas dans la faune sauvage.

La France a lancé le 4 janvier une politique d'abattage massif et préventif de palmipèdes dans la zone, pour tenter d'enrayer cette épizootie, amenée au départ par les oiseaux migrateurs et souvent transmise par les déplacements d'animaux d'un élevage à l'autre.

Voyez le reportage dans les Landes de Nora Genet et Jean-Yves Pautrat :
Grippe aviaire: 556 communes touchées par l'abattage préventif, quel devenir pour les carcasses des animaux euthanasiés ?
La zone d'abattage préventif des canards et des oies, a été étendue à 93 communes supplémentaires, principalement dans les Landes. Depuis janvier on constate une cadence soutenue au sein de la quinzaine d'usines d'équarrissage que compte la France.

Le devenir des carcasses des animaux euthanasiés

L'abattage préventif et massif de canards mis en place depuis janvier s'est traduit par une cadence soutenue au sein de la quinzaine d'usines d'équarrissage que compte la France, toutes catégories de carcasses et de déchets animaux confondues. L'équarrissage est une étape indispensable de la transformation des cadavres d'animaux.

"Les animaux sont euthanasiés à l'abattoir. Ensuite, les carcasses sont acheminées à l'équarrissage" par camions équipés de contenants étanches ou bâchés et soumis à des règles de biosécurité très strictes, détaille une source au sein du ministère de l'Agriculture.

Les véhicules sont désinfectés entièrement à leur départ de l'abattoir pour ne pas risquer de propager le virus lors de l'acheminement vers les usines d'équarrissage. Dans ces dernières, les milliers de canards morts qui arrivent chaque jour sont broyés et cuits à haute température et haute pression pour être transformés en farines ensuite stérilisées.

"Comme elle ne peut pas être recyclée dans l'alimentation animale, la farine est ensuite utilisée comme combustible en raison de son haut pouvoir calorifique interne et sert notamment dans les cimenteries", précise la source du ministère.


Avant de ressortir de l'équarrissage, les camions qui ont transporté les cadavres des canards sont de nouveau nettoyés et désinfectés. "Les précautions sont extrêmement draconiennes" et dans l'épisode actuel de grippe aviaire, aucune contamination imputable à l'équarrissage n'est à déplorer, ajoute cette source.
Quand au débit de traitement des carcasses, si le tonnage a certes augmenté dans certaines usines, cela reste "quand même assez marginal compte tenu des dizaines de milliers de tonnes qui sont traitées chaque année", relève la source du ministère de l'Agriculture.
Seul un arrêt technique obligatoire pour révision des cimenteries en janvier a obligé les équarrisseurs à stocker quelque temps les farines produites, mais la situation est depuis rentrée dans l'ordre.

Un total de 463 communes, situées dans cinq départements du Sud-Ouest (Landes, Gers, Pyrénées-Atlantiques, Hautes-Pyrénées, Haute-Garonne) étaient concernées jusqu'à maintenant par les mesures d'abattage.

Le coût des opérations de transport, d'abattage et d'équarrissage sera pris en charge par l'Etat, avait précisé le ministère en janvier. Quatre abattoirs ont été réquisitionnés dans ou à la limite des zones concernées.

Sur le même sujet

Festival de Fontdouce

Près de chez vous

Les + Lus