Le Limoges CSP échoue d’un rien, 61-63, face à Krasnodar

Kyle Milling et ses hommes ont tout donné, tout tenté, mais au final, le CSP s'incline sur le fil, 61-63 face aux russes du Lokomotiv Kuban de Krasnodar ! / © France 3 Limousin
Kyle Milling et ses hommes ont tout donné, tout tenté, mais au final, le CSP s'incline sur le fil, 61-63 face aux russes du Lokomotiv Kuban de Krasnodar ! / © France 3 Limousin

Contre l’un des favoris de la compétition, le Lokomotiv Kuban de Krasnodar, le CSP a manqué de très peu de créer l’exploit, ne s’inclinant que sur le fil de deux points, 61 à 63, après avoir pourtant eu la balle de match !

Par Jean-Martial Jonquard

C’est beau, c’est terrible le basket !

Limoges partait presque dans l’inconnu, avec une équipe privée de son meneur US, AJ English, et nombre de ses joueurs, et même son entraineur, « puceaux » à un tel niveau.
Qui plus est, contre des russes annoncés comme grandissimes favoris de cette Eurocup, et surtout, bien supérieurs à tous points de vue aux limougeauds, tant par leur expérience, leur physique et leur profondeur de banc.

Et pourtant, après avoir mené, après avoir sombré, après avoir résisté, après être revenu, sans que l’on sache vraiment comment, Limoges s’offrait une balle de match : une dernière possession, à 24 secondes du buzzer final, à deux points derrière Kuban !
Tactique ? Pick and roll pour la tête de raquette, avec surtout, surtout, l’idée d’essorer avant le tir le chronomètre.
Mais Carter manqua de perdre la balle... Mais Gibson la rattrapa… Mais gêné, il tira… La balle tapa le cercle…Mais la balle sortit !
A quelques centimètres d’un exploit…Une euphorie qui en un dixième de seconde, sirène hurlante, devenait une énorme frustration !

Car le CSP avait bien débuté.

Certes les russes semblaient sinon épuisés, du moins émoussés par leur long voyage, perturbé par des grèves, qui ne le vit rallier Limoges que le matin même du match !
Mais tout de même, après avoir scoré les premiers, ils subirent le jeu, la hargne limougeaude. Incapables de scorer à longue distance, ils laissaient les locaux prendre les devants.

Oh, il n’y avait guère de quoi s’extasier, les maladresses étaient nombreuses des deux côtés et le score quasi famélique, mais enfin, c’est bien le CSP qui virait en tête à l’issue du premier quart, 14 à 8 !
Beaublanc, pas totalement plein, se prenait presque à rêver…

L’entame du deuxième quart ne changeait rien à cet état d’esprit, encore moins lorsque l’on vit Mam Jaiteh rester longtemps accroché au cercle après un deux points plein de détermination et de rage.
Pourtant, inexorablement, les hommes de Sacha Obradovic revenaient et montraient de plus en plus leur différence de classe.

Surtout, Limoges affichait de plus en plus ce qui, entre autre et au final, allait lui coûter la rencontre : de trop nombreuses pertes de balle, stupides, incompréhensibles et ruineuses.
Témoin cette action de la 17’ où, après une défense héroïque, acharnée et pleine d’allant, une contre-attaque ainsi bêtement avortée allait voir Kuban scorer trois points ! Tout ça pour ça…
Et cela dit, au buzzer, sur un tir insensé et fou de Bouteille à trois points, le CSP gardait un court avantage, 33-32.

Mais du rêve, Beaublanc allait passer au cauchemar, comme dans les pires moments de ces deux dernières saisons.

Au retour des vestiaires, il n’y avait plus qu’une équipe sur le parquet : la russe ! Et en près de quatre minutes, Limoges encaissait un cinglant 12-2 !
Le match était donc plié, la messe était dite, la logique respectée…

Et bien non ! Au courage, à la hargne, avec un état d’esprit que l’on n’avait guère vu ces dernières saisons, et malgré ces satanées pertes de balle, le CSP s’accrochait, et ne comptait qu’une longueur de retard à l’entame du dernier quart, 48-49 !

L’atmosphère devenait irrespirable, le money-time s’annonçait âpre et tendu.

Chaque équipe prenait l’avantage à tour de rôle, mais sans jamais creuser sur son adversaire. Il fallait bien que l’une d’elles craque…ce fut Limoges, à moins d’une minute dix de la fin. 59-63, à nouveau, ite missa est...
A nouveau non ! Dans la foulée, Hayes s’offrait un panier primé ! 61-63, lancer franc à suivre… Raté. Mais Limoges reprenait la balle…et comme un symbole, la perdait à nouveau ! Les russes ne marquaient pas lors de leur possession. Il restait donc cette dernière occasion, cette ultime chance… On connaît la fin.

Si la rencontre ne fut pas la plus belle qu’ai jamais vécu Beaublanc, elle fut néanmoins d’une belle intensité, et donc d’un final passionnant. Dommage que ce résultat. Dommage aussi, mais peut-être parce que le « chaudron » en avait perdu l’habitude, que Beaublanc ne pousse un rien plus les siens en cette ultime minute. On sentait presque la peur descendre des gradins…

Mais comme c’était la première européenne de la saison, que l’équipe de Kyle Milling fit tout de même plaisir, qu’elle se battit avec ses moyens et avec envie, dans le sillage d’un excellent Axel Bouteille, on voudrait finir sur une note optimiste. Rien n’est plus idiot que l’expression défaite encourageante. Alors soyons idiot, car celle-là est encourageante. Si le CSP affiche plus de rigueur et de discipline dimanche, la SIG pourrait bien connaître son traitement habituel à Limoges : une défaite qui cette fois, fera hurler Beaublanc de bonheur !

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