Agression présumée par un individu fiché S, l'agriculteur prend la parole

C'est à l'hôpital d'Agen qu'a été soignée la victime. / © FTV
C'est à l'hôpital d'Agen qu'a été soignée la victime. / © FTV

L'attaque s'est déroulée sur la commune de Laroque-Timbaut. Yves Boussuge, agriculteur de 57 ans, demande la requalification de son agression en acte terroriste. Il prend la parole pour France 3, peu de temps avant l'audience de ce 19 juillet.

Par Anne-Flore Roulette

Le 18 juin dernier, vers 20h45, deux agriculteurs en train de moissonner sur la commune à Laroque-Timbaut ont été agressés par un homme à l'aide d'un couteau. Ils travaillaient en bordure de la départementale 310 en direction de Bajamont. La victime, Yves Boussuge, un agriculteur de 57 ans, raconte : 


Un individu était au bord de la route et gesticulait. Il faisait signe que nous produisions beaucoup de poussière. Il a fini par rentrer dans le champ avec sa voiture. Et il nous a fait signe de descendre. 
 


Commence alors l'altercation. L'individu accuse les agriculteurs de ne pas mettre de panneau pour prévenir de la poussière qu'ils provoquent. Ces derniers rétorquent puis font demi-tour pour retourner travailler à bord des tracteurs. 

Il a alors foncé vers sa voiture pour chercher son arme [un couteau] et il m'a attaqué en criant "Allahou Akbar". Il visait la nuque, je me suis protégé. J'ai été touché au bras une première fois et au genou une seconde fois. J'ai glissé et je suis tombé. Mon jeune collègue m'a attrapé et m'a tiré... On a essayé de s'éloigner sur 20 mètres.


Tout cela s'est passé très rapidement, "deux minutes à peine" selon la victime. Il est alors transporté à l'hôpital d'Agen. Son bras, gravement touché, se remet bien d'après les médecins. Mais cela va prendre du temps, huit semaines d'impossibilité de travail ont été attribuées jusqu'à présent.


Mais si ça avait été ma gorge, je serais mort en moins de deux minutes", estime la victime.


Le procès et les attentes


Au départ, il y a beaucoup d'incompréhension, d'interrogation, mais tout cela ça se décante. Ce que je comprends maintenant c'est que la poussière, c'était juste un prétexte. Cet homme est un triste individu, ayant déjà un casier et étant fiché, est-ce qu'il faut encore attendre qu'il tue quelqu'un pour faire quelque chose?


Me Sophie Grolleau, avocate de la victime, le maire de la ville, Lionel Falcoz,  les collègues agriculteurs et autres concitoyens qui ont créé un groupe de soutien, estiment que c'est un manque de considération que de qualifier l'attaque de "violence volontaire avec arme". Ils demandent donc une requalification avec le motif d'attaque terroriste. 

Si ça avait été à Paris, si je me promenais sur les Champs-Elysées, ça aurait tout de suite été considéré comme une attaque terroriste. Mais on est à Laroque-Timbaut, là on est chez les "culs terreux". Nous n'intérressons personne. Pourtant a priori nombre de personnes fichiées S se trouvent à la campagne", estime l'agriculteur.


Face à la même incompréhension, le maire, Lionel Falcoz, avait décidé d'envoyer une lettre au ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb. Ce dernier a fait une réponse simple en affirmant que les promesses de campagne d'Emmanuel Macron, concernant les effectifs supplémentaires, seraient tenues. Mais pour les citoyens de Laroque-Timbaut et la victime cela ne semble pas suffisant :

Je pense qu'il y a des priorités. Que 10 000 gendarmes supplémentaires, si c'est pour punir les excès sur la route, c'est loin d'être suffisant. Car un individu comme cela est bien plus dangereux que moi si je roule à 92 kilomètres/heures au lieu de 90. Ces personnes sont des bombes à retardement.


L'agriculteur s'est dit "très touché" du soutien qu'il a reçu, de son collègue, David Ginestet, qui "a risqué sa vie", aux regroupements solidaires, jusqu'à l'action de son maire. Mais le chemin du rétablissement risque d'être long.


Depuis l'agression, je vois le mal partout, l'effet psychologique est beaucoup plus important que mon bras finalement. J'ai peur, je psychote. Et me sentir comme ça à 57 ans, c'est affligeant. Je n'oublierai jamais l'attaque. J'ai conscience que je suis passé à deux doigts de mourir. 




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