Le monde tauromachique salue le grand matador basque qui s'est éteint dans l'arène

Le matador Ivan Fandino dans les arènes de Lima au Pérou. / © CC par Vladimir Terán Altamirano www.tauromaquias.com
Le matador Ivan Fandino dans les arènes de Lima au Pérou. / © CC par Vladimir Terán Altamirano www.tauromaquias.com

La mort d'Ivan Fandiño, qui a trébuché samedi soir dans l'arène d'Aire sur l'Adour avant d'être mortellement blessé par le taureau, a bouleversé le monde tauromachique français. Les toreros Thomas Dufau, Julien Lescarret et "Zocato", le spécialiste tauromachique, nous parlent de ce grand matador.

Par CB

A 36 ans, le torero basque a succombé à ses blessures au poumon dans l'ambulance qui le transportait samedi soir à Mont-de-Marsan.

Thomas Dufau, le torero landais qui été à l'affiche avec lui à Aire-sur-l'Adour, visiblement ému, rend hommage à son ami.

Il laissera... pour l'éternité maintenant une forte image de lui dans le milieu des toros (taureaux de combats, NDLR)... De par ses efforts, de par son travail, ses sacrifices... Il avait réussi à devenir quelqu'un de très important dans le milieu...


Ecoutez les explications d'Elise Galand.

 

Le monde tauromachique salue le grand matador basque qui s'est éteint dans l'arène
La mort d'Ivan Fandiño, qui a trébuché samedi soir dans l'arène d'Aire sur l'Adour avant d'être mortellement blessé par le taureau, a bouleversé le monde tauromachique français.

 

 


Les monde des toros est en deuil

A commencer par les Landais qui ont assisté samedi à la chute du matador qui est, de l'avis de tous décrit comme un torero courageux, combatif et perfectionniste.

Le matador girondin Julien Lescarret, à peine plus âgé qu'Ivan, est de la même génération. 

C'est déjà un choc à chaque fois qu'un torero est blessé mais là... C'est une onde de choc dans notre milieu...

On partage en ce moment beaucoup de soutien, de souvenirs... C'est une souffrance que l'on veut partager.

Les toreros se côtoient dans les arènes mais aussi à l'entraînement, tout l'hiver dans les élevages en Espagne, à Madrid ou Salamanque... On se croisait souvent.

Je le connais et l'aimais bien. On a débuté ensemble.

C'était un caractère fort, déterminé. Il était bien revenu d'une période où il vait disparu des circuits...

Quand on demande à Julien si ça lui rappelle des peurs rencontrées dans l'arène, de LA dernière blessure...

Non ça ne me rappelle rien car je ne l'ai pas ressentie. Il y a tellement de bonheur à être dans une arène, que c'est plus fort...
Mais aujourd'hui, le fait d'avoir arrêté ma carrière, avec le recul j'ai peur a posteriori ou si je devais reprendre...
Des blessures dans ce métier, on en a souvent, ça fait partie du métier. Mais des blessures par corne, il n'y en a pas beaucoup.

Quant à Zocato, le chronique tauromachique, il rend hommage à l'homme courageux, au technicien perfectionniste qui avait remarquablement repris en main sa carrière.

C'était le seul torero basque ! Il avait redonné du prestige à l'afficion du Pays basque. A cette époque c'était surtout des Andalous, des Madrilènes... Il s'est battu pour percer.
Pour moi, c'est un héros des temps anciens : un vrai guerrier qui se battait.

Il n'avait peut-être pas les qualités artistiques de certains mais il était dans le registre du battant. Un courage extraordinaire. 
Il est le seul à avoir empli les arènes de Madrid, il y a deux ans, en estoquant six toros.
C'était LE torero de Madrid, favori pendant 4 ou 6 ans.

Et quand on demande à Zocato comment était l'homme, il n'est pas moins locace :

Humainement ? Un mec extraordinaire... D'une gentillesse ! Il parlait peu pourtant et soignait tous les détails, ses habits, ses entraînements... Je me rappelle au début de sa carrière, il devait avoir 18 ans, il avit même perdu près de 30 kilos... pour y arriver...un perfectionniste.

 

Message de la famille royale espagnole

Le monde de la tauromachie, mais aussi la famille royale espagnole et de nombreux responsables politiques ont exprimé dimanche leur tristesse, au lendemain de la mort du matador qui faisait dimanche la Une de nombreux
quotidiens en Espagne, où malgré le développement d'un mouvement anti-taurin, la passion pour la tauromachie reste forte.

La Maison royale a ainsi rendu un hommage à cette "grande figure de la tauromachie", sur son compte Twitter, tout comme le chef du gouvernement conservateur Mariano Rajoy qui a regretté la "triste nouvelle" de son décès, de même que le ministre de la Culture Íñigo Méndez de Vigo.

Cher Ivan, "Torerazo" (super torero, ndlr) tu seras toujours dans mon souvenir...
ces après-midi de gloire, que Dieu t'accueille dans sa gloire

a notamment écrit le torero de Valence Enrique Ponce.

La mort a emporté un ami et d'une certaine manière une partie de nos âmes

a aussi écrit, en espagnol, le Français Sebastien Castella.


La corrida encore populaire en Espagne

La corrida est encore extrêmement populaire en Espagne, où quelque 394 corridas ont été organisées en 2015, selon les dernières données officielles disponibles.
Mais les associations animalistes opposées à cette pratique ont également le vent en poupe et le parti PACMA, qui y est opposé, gagne régulièrement du terrain.

La Cour constitutionnelle a cependant annulé en octobre l'interdiction des corridas en vigueur depuis quatre ans dans la région de Catalogne, comme aux Iles Canaries depuis 1991.
La corrida fait partie depuis 2015 du "patrimoine culturel immatériel"  de l'Espagne, le pays qui l'a inventée.

Mi-mai, des milliers de personnes ont manifesté dans le centre de Madrid pour réclamer à grands cris "l'abolition de la tauromachie".
 


 





A lire aussi

Sur le même sujet

Agriculteur agressé par un individu présumé fiché S : procès reporté

Près de chez vous

Les + Lus