La renaissance d'Oradour-Sur-Glane a pris près de 20 ans

Vue aérienne du village martyr d'Oradour-Sur-Glane / © maxppp
Vue aérienne du village martyr d'Oradour-Sur-Glane / © maxppp

Après le massacre du 10 juin 44, les blessures ont mis longtemps à cicatriser. Les ruines ont été conservées, et la vie a fini par reprendre, tant bien que mal, dans un village flambant neuf et presque vide.

Par Franck Petit

La renaissance d'Oradour
Après le massacre du 10 Juin 44, Oradour a mis bien du temps à se renconstruire. Les habitants se sont interdit de faire la fête pendant près de 20 ans - F3 Limousin - Franck Petit, Rodolphe Augier, INA, Sébastien Passelergue


En Mars 1945, le Général de Gaulle a décidé que les ruines du village seraient conservées en l’état et qu’un nouvel Oradour serait édifié. Quelques mois plus tard, des baraquements provisoires ont été construits près des ruines. Pas facile dans ces conditions, de dépasser le deuil.

En 1947, le président Vincent Auriol a posé la première pierre d’un village qui a mis 6 ans à sortir de terre. En 1953, seules une vingtaine de maisons étaient occupées sur plus de 120. Robert Hébras a ouvert un garage et contribué à animer un embryon de vie dans son quartier.




1953 est aussi l’année du procès de certains des responsables du massacre devant un tribunal bordelais. Ils ont été condamnés et immédiatement amnistiés au nom de la réconciliation nationale. Pour les survivants et rescapés, ce fut comme un second deuil.

La renaissance

Le premier grand prix de la Renaissance a eu lieu le 30 Aout 1953. 35 coureurs cyclistes ont parcouru  150 kilomètres autour d’Oradour.
Pour la première fois depuis bien longtemps, on osait s’amuser dans le petit bourg meurtri.
Il a fallu attendre 1955 pour qu’un premier bal soit organisé.
En 1959, la fête foraine a démontré que les rares  jeunes d’Oradour avaient bien raison : il était nécessaire de continuer à vivre, malgré des anciens qui leur interdisaient moralement de le faire.

La vie reprend

A l’époque, l’équipe de football locale était une attraction majeure. Elle a disparu, puis s’est reconstituée en 1964 avec des fils de rescapés et survivants.
En 1961, une salle des fêtes a été inaugurée. Elle a permis d’organiser des séances de cinéma, des pièces de théâtre ou bals. Ce fut un lieu de rencontre important pour une jeunesse qui peu à peu se reconstituait.
Enfin, deux entreprises ont permis de faire travailler les habitants du secteur à partir des années 60. Métalor concevait du mobiliers scolaire et a employé jusqu’à 110 salariés. L’usine de pantoufles a fonctionné jusqu’en 1981 avec une quinzaine d’ouvriers.

 

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