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Les sites d’escortes : du “proxénétisme aggravé” pour Catherine Coutelle

Midi Pile / Catherine Coutelle : Vivastreet, "proxénétisme aggravé"

La députée de la Vienne, Catherine Coutelle, était l'invitée du Midi Pile de France 3 Poitou-Charentes. Interrogée à propos des sites d'annonces de prostituées, elle dénonce une forme de "proxénétisme aggravé".

Par Hugo Lemonier

A sa sortie du plateau de France 3 Poitou-Charentes, Catherine Coutelle a répondu à nos questions. La députée de la Vienne défend sa loi sur la prostitution, votée il y a un an, et dénonce le système prostitutionnel derrière les sites d'annonces.

62% de la prostitution passe par internet selon le Mouvement Le Nid. Votre loi n'a pas pu enrayer ce phénomène.

On parle souvent de prostitution sur internet, mais c’est par internet. Mais internet n'est qu'un moyen de mettre en relation les prostituées et les clients. Je veux dire par là qu’il y a des lieux de rencontres, des contacts physiques… qui débouchent parfois sur beaucoup de violence, comme l’exprime la femme citée dans votre reportage. Elle se prostitue depuis 10 ans par internet. Ce n’est donc pas notre loi qui y pousse. C’est le fait qu’internet prenne la place tous les commerces, etc.

C’est pourtant le discours de certaines associations qui estiment que la pénalisation du client a précarisé certaines prostituées de rue et favorisé l’émergence de ce phénomène…

On le connaît le discours de ces associations. Elles étaient contre notre loi. Mais on oublie que la prostitution a augmenté. On pense que depuis 2007, l’éclatement de la Libye, et aujourd’hui, les réseaux ont emporté trois, quatre, cinq fois plus de prostituées en France. C’est le fait du conflit libyen qui a ouvert la porte aux passeurs. Les prostituées nigérianes de Poitiers passent par la Libye. Elles sont nettement plus dans la rue aujourd’hui. Notre loi tente de s’attaquer à cela : au système prostitutionnel.

Que dîtes-vous d’un site comme Vivastreet, qui fait payer ses annonces d’"escorting" ?

C’est du proxénétisme aggravé. Toutes les annonces sur Vivastreet sont gratuites, mis à part celles-ci qui sont payantes. A partir du moment où ils font payer, c’est du proxénétisme. Des plaintes sont déposées. On verra comment les plaintes aboutissent. Il y a des responsables français chez Vivastreet… On les connaît. A partir du moment où ils ont des activités en France, on peut leur mettre des amendes. J’espère qu’ils seront condamnés.

Sans attendre ces décisions en justice, est-ce que vous pensez qu’il faut créer une nouvelle sur mesure pour ces sites favorisent la prostitution ?

Nous n’avons pas demandé la fermeture de ces sites pour deux raisons. Quand on essaye de faire fermer un site, c’est toujours la même chose : les responsables font valoir la liberté d’expression. Deuxièmement, on nous dit que ces plateformes vont aller s’installer à l’étranger. Ce que nous demandons, c’est qu’ils puissent être poursuivis pour les bénéfices réalisés en France.

Mais ces sites sont déjà basés à l’étranger. 6annonce.com, sexemodel.com sont installés à Chypre par exemple.

A la justice de voir ce qu’elle peut faire contre l’hébergeur. On peut trouver un responsable.

Ces sites sont utilisés par des réseaux de proxénètes. On ne peut pas faire grand-chose contre ces sites...

Je ne sais pas ce que l’on peut faire contre eux, mais on peut remonter les réseaux. Les Suédois le font ! Trouver les lieux où se passe la prostitution.

Comment faire pour suivre ces femmes qui se prostituent sur internet ? Très peu d’associations le font.

Il faut que davantage d’associations se créent car, lorsqu’il n’y a pas d’association, on a l’impression qu’il n’y a pas de prostitution. Or c’est totalement faux. Il faut qu’il puisse y avoir des maraudes pour aller au contact de ces femmes. Quant à la prostitution par internet, on peut contacter les prostituées, des associations peuvent les joindre pour leur proposer de les aider.

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