Après la vidéo choc à l'abattoir du Vigan, une éleveuse perd 10 % de ses clients

Adeline Journet élève des vaches et des moutons dans le secteur d'Aumelas dans l'Hérault. / © @F3Languedoc
Adeline Journet élève des vaches et des moutons dans le secteur d'Aumelas dans l'Hérault. / © @F3Languedoc

L'onde de choc des vidéos sur les abattoirs diffusées par l'association L214 continue à se propager. Les contrôles dans les abattoirs vont être renforcés. Mais en attendant, le mal est fait : nombre d'éleveurs subissent cette mauvaise publicité  par ricochet et perdent des clients.

Par P.S. avec I. Bris

Il y a encore peu de temps, Adeline Journet était une cliente de l'abattoir du Vigan. Depuis qu'une caméra cachée a révélé qu'on y pratiquait des actes de cruauté sur des moutons et des cochons, elle n'y met plus les pieds. La jeune gardoise qui vit à Valleraugue va désormais faire abattre ses bêtes, à Pézenas.

"Pour récupérer les colis pour aller livrer ça me fait beaucoup plus de trajet, explique-t-elle : 1h30 plutôt qu'une demi-heure"
Après la vidéo choc à l'abattoir du Vigan, une éleveuse perd 10 % de ses clients
Intervenant : Adeline Journet, éleveuse ovin et bovin Reportage : I. Bris et S. Bonnet

Des clients en moins


Adeline Journet élève des vaches et des moutons pour leur viande. Elle doit donc en faire abattre toutes les semaines afin de livrer ses clients en direct. Mais depuis le scandale du Vigan, 10 % d'entre eux lui ont tourné le dos.

"Les gens ont carrément annulé ou leur commande ou m'ont raccroché littéralement au nez, regrette l'éleveuse.  J'ai même reçu des mails me disant que je si je retournais au Vigan je les aurais plus comme clients. Les premiers à payer les conséquences c'est nous alors qu'on y est absolument pour rien !"

Voilà une dizaine d'années que la jeune femme est devenue éleveuse avec son compagnon berger. Leur troupeau de brebis de race rustique, sort tous les jours dans la garrigue dans le secteur d'Aumelas (Hérault). Leur vaches Aubrac, elles, vivent dehors en permanence. Alors être soupçonnée par amalgame de faire souffrir les animaux leur semble particulièrement injuste : "on essaye de proposer de la viande de qualité. On élève nos bêtes dans le plus grand soin, ce n'est pas pour qu'elles meurent dans des conditions comme on a pu le voir", s'indigne-t-elle.

Ces scandales à répétition dans les abattoirs nuisent, au final, à toute la filière viande. Et c'est bien ce que veut l'association vegan L214 qui est l'origine de ces tristes révélations : ses membres militent contre toute exploitation des animaux que se soit pour la viande, le fromage, le lait ou même le cuir.

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