Manifestation d'éleveurs ariégeois à Tarascon, en soutien de l'un d'eux en garde à vue

Une cinquantaine d'agriculteurs a manifesté devant la gendarmerie de Tarascon-sur-Ariège. / © Pascal Dussol, Franec 3 Midi-Pyrénées
Une cinquantaine d'agriculteurs a manifesté devant la gendarmerie de Tarascon-sur-Ariège. / © Pascal Dussol, Franec 3 Midi-Pyrénées

Depuis dimanche après-midi, un éleveur élu de la chambre d'agriculture est en garde à vue à Tarascon-sur-Ariège pour incendie volontaire. Une cinquantaine d'agriculteurs ont manifesté ce lundi devant la gendarmerie, dénonçant des pressions dans un contexte de tensions autour de l'ours.

Par Delphine Gerard

Depuis dimanche après-midi, un éleveur élu de la chambre d'agriculture est en en garde à vue à la gendarmerie de Tarascon-sur-Ariège. Rémy Denjean, agriculteur ariégeois membre du bureau de la chambre d'agriculture de l'Ariège est interrogé dans le cadre d'une enquête préliminaire pour incendie volontaire. "C'est dans ce cadre qu'il est entendu par la gendarmerie de Tarascon-sur-Ariège", précise la Procureur de la République de Foix, Karline Bouisset. Selon un communiqué de presse, l'homme a été interpellé ce dimanche en flagrant délit de deux mises à feu sur la forêt domaniale de Montcalm.

Contexte tendu autour de la présence de l'ours


Mais dans un contexte de tensions autour de la présence de l'ours et d'attaques dans les Pyrénées ariégeoises, une cinquantaine d'agriculteurs manifestent ce lundi matin devant les portes de la gendarmerie de Tarascon-sur-Ariège. Ils dénoncent des pressions sur cet agriculteur, aussi membre de l'ASPAP (l'association pour la sauvegarde du patrimoine d'Ariège-Pyrénées) et des Jeunes Agriculteurs de l'Ariège. L'ASPAP, cette association qui dénonçait début octobre les "intimidations policières et judiciaires" lancée par l'Etat. 

Depuis une multiplication des attaques dans les montagnes pyrénéennes, les tensions montent entre les éleveurs et l'Etat. Le 12 septembre, dans une vidéo publiée sur internet, des hommes masqués et armés menaçaient de rouvrir la chasse à l'ours en Ariège. Un document non identifié, mais suffisamment pris au sérieux pour que le Parquet de Foix ouvre une enquête.

Un flagrant délit d'incendie volontaire


Selon le Procureur de la République de Foix, cette garde à vue n'a aucun lien avec ce contexte. Elle concerne bien la "destruction par incendie de bois, forêt, lande, maquis ou plantation d'autrui pouvant créer un dommage irréversible à l'environnement". A l'interpellation de l'homme, l’incendie était en cours dans la forêt domaniale de Montcalm, propriété de l'Etat. Le communiqué précise l'intérêt écologique de la zone, et la présence de nombreux randonneurs ce dimanche sur la zone.  "La problématique de l'écobuage est importante en Ariège. On estime en moyenne à environ 15 000 hectares la surface brûlée annuellement dans ce département.(...) Chaque année, de nombreux incendies volontaires sauvages, ni dirigés, ni surveillés, ravagent des milliers d'hectares de bois, forêts et autres végétations."

"Nous sommes des paysans, pas des délinquants !"

Face à ces déclarations, les agriculteurs de l'ASPAP ont répondu par un autre communiqué. "Nous sommes des paysans, pas des délinquants !" Selon eux, "la qualification des faits est grave et infondée." "Mettre en garde à vue quelqu’un dont la seule faute de ne pas déclarer administrativement un écobuage est un fait inédit en Ariège." Ils dénoncent également le fait que la compagne de Rémy Denjean, convoquée comme témoin à la gendarmerie, n'a pu être entendue avec son avocat. 

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