La video n'est pas sans évoquer les revendications du Front National de Libération de la Corse (FLNC) enregistrées dans la nuit et mettant en scène des hommes masqués et en armes. Déposée de façon anonyme dans les boîtes aux lettres de certains médias locaux dont France 3, elle montre une trentaine d'hommes cagoulés et armés qui se présentent comme des "montagnards d'Ariège, éleveurs, randonneurs, chasseurs, élus, citoyens" et entendent dire "à l'Etat stop" sur sa politique de réintroduction de l'ours dans les Pyrénées. 

"Par l'introduction d'ours slovènes puis la création d'une pouponnière leur permettant de se multiplier, l'état français met en place une gestion du territoire où peu à peu il limite aux hommes, aux femmes de la montagne l'accès, la liberté d'être, de faire, de travailler."  indique une voix d'homme, masquée elle aussi. "L'Etat est resté sourd face aux demandes de nos élus, de nos organisations citoyennes ou professionnelles" poursuit-elle, "alors nous avons décidé de rouvrir la chasse à l'ours en Ariège et de mener une résistance active face aux agents de l'Etat." La video s'achève par des coups de feu tirés en l'air.

Voir ici la vidéo reçue par France 3 dans son bureau de Foix :
Dans une video, des hommes masqués et armés menacent de rouvrir la chasse à l'ours en Ariège
S'agit-il d'une blague ? D'une réelle revendication des anti ours ? Ces menaces font en tout cas directement allusion à la récente agression d'agents de l'Office national de la faune sauvage (ONCFS) pris à partie en août sur une estive de la commune d'Auzat. Elles s'inscrivent dans un contexte plus que tendu dans le département. 450 brebis sont mortes dans deux dérochements successifs après des attaques d'ours cet été. Récemment, le Conseil départemental de l'Ariège a même demandé à l'Etat le retrait des ours des Pyrénées.

Un mauvais hasard du calendrier pour l'ASPAP

Joint par téléphone, Philippe Lacube, le porte-parole de l'association pour la sauvegarde du patrimoine d'Ariège-Pyrénées (ASPAP), se dit très surpris par cette video "impressionnante". Il regrette aussi "un hasard du calendrier" qui tombe très mal, le jour où son association qui mène la fronde contre la réintroduction du plantigrade dans le massif a "tendu la main à l'Etat".  L'ASPAP a en effet présenté ce jeudi une proposition inédite et inattendue. Elle demande la création d'une zone de présence sur le massif où les ours seraient tolérés et d'une zone d'exclusion, favorable au pastoralisme… "C'est difficile pour nous de demander ça" explique Philippe Lacube "c'est concéder une partie de notre territoire et on n'y était pas forcément prêt mais on est capable de concéder cette zone". Avant d'ajouter : "j'espère que notre proposition ne sera pas occultée par cette video".