Meurtre de Léa : perpétuité avec une période de sûreté de 20 ans pour Gérald Seureau

2017 / © F3 LR F. Guibal
2017 / © F3 LR F. Guibal

La cour d'assises de l'Aude a condamné vendredi en appel à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de 20 ans, Gérald Seureau pour le viol et le meurtre de Léa, une lycéenne de 17 ans, en 2011 à Montpellier. Il n'envisage pas de pourvoi en cassation.

Par Sylvie BONNET avec Alex GRELLIER

4 heures de délibéré du jury


Cette peine est la même que celle infligée en premier ressort, en novembre 2014 aux Assises de Montpellier.

Après quatre heures de délibéré, les jurés ont prononcé une peine exactement similaire à celle infligée en premier ressort, en novembre 2014 à Montpellier.
L'accusation avait pourtant requis la peine maximale encourue, soit la perpétuité, mais assortie de 22 ans de sûreté.

La cour et le jury ont été "convaincus du viol et du meurtre" par "les déclarations des témoins ayant participé à la soirée", a déclaré le président dans ses motivations, soulignant que les blessures attestaient de l'intensité des coups et de la résistance de la victime.

L'accusé n'a eu aucune réaction apparente au prononcé du verdict. Son avocat, Jean-Marc Darrigade, a indiqué qu'il ne se pourvoirait pas en cassation. "Ça reste beaucoup mais je craignais que la peine soit aggravée", a-t-il déclaré.

Je suis soulagée", a déclaré la mère de Léa, Karine Bonhoure. "Je n'avais pas d'attente comme le premier procès où j'avais besoin qu'il soit reconnu coupable. Là, je voulais simplement que la peine soit la même. C'est le cas. Et c'est une bonne nouvelle car il ne va pas en cassation", a-t-elle souligné.

 

Le reportage sur place au palais de justice de Carcassonne d'Alex Grellier et Fred Guibal

Carcassonne : perpétuité assortie de 20 ans de sûreté pour le meurtrier de Léa
A Carcassonne, Alex Grellier et Fred Guibal étaient présents à l'énoncé du verdict de la cour d'appel. - F3LR


Retour sur les plaidoieries de cette dernière journée d'audience à Carcassonne

Peine maximale selon l'avocat général Manon Brignol 


"Lors du premier procès, la justice avait été rendue, et bien rendue" commence Manon Brignol. "Gérald Seureau aurait pu en rester là. Cela aurait montré qu'il s'inclinait devant la douleur des parties civiles. Il nous a dit qu'il faisait appel pour ne pas fuire ses responsabilités, qu'il allait enfin s'expliquer. Ces espoirs ont été rapidement déçus. Il a fait appel, uniquement parce qu'il n'avait rien à perdre et qu'il espérait grapiller quelques années.
Gérald Seureau se souvient parfaitement de ce qu'il s'est passé avant, de ce qu'il s'est passé après, mais sur les faits, l'amnésie est totale. Je n'y crois pas, personne n'y croit. C'est une fable désolante que personne n'a envie de croire. je vais essayer de vous convaincre de trois choses: Léa n'est pas sortie de la maison avec Gérald Seureau pour avoir avec lui une relation sexuelle consentie. Gérald Seureau savait parfaitement ce qu'il faisait. Il a agi de manière rationnelle tout au long de cette journée. Gérald Seureau a compris qu'après les viols, elle allait parler. Il a décidé de la réduire au silence. Dans la journée qui suit, il va parvenir à donner le change parfaitement à tous ceux qu'il va croiser. Un sang froid qui glace véritablement les sangs. mais il ne suffit pas de couper ses cheveux et d'enlever ses piercings pour être un homme nouveau. Gérald Seureau est un homme incapable de maîtriser ses pulsions, un homme capable de se transformer en bête sauvage si une femme lui résistait. Face à ce type de crime, on a pas tellement le droit de trembler. C'est un homme pathétique, enferré dans ces mensonges et incapable d'assumer ses responsabilités".

Pour Jean-Marc Darrigade, avocat de la défense, l'usage de drogues et d'alcool doit être pris en compte


"Depuis le début, on lui enlève tout, on ne lui laisse rien, aucun morceau de vérité" explique Jean-Marc Darrigade. "Il faut qu'il soit noir jusqu'au bout. Jugez-le pour ce qu'il s'est passé vraiment, pas pour un fantasme. Sa consommation de drogues et d'alcool ne peut pas être écartée d'un revers de la main. Gérald Seureau n'est pas un homme violent. Avant ce 1er janvier 2011, il n'a pas une seule condamnation, pas une bagarre, rien ! On a dit qu'il était violent parce qu'il tapait sur du mobilier urbain quand il était énervé. Mais c'est le signe justement qu'habituellement, sa violence, il la contient ! C'est à vous de choisir Messieurs Mesdames les jurés: Faut-il une condamnation équitable, ou un châtiment exemplaire?".

Luc Abratkiewicz, avocat de la défense, demande un traitement humain de l'accusé


"Le condamner à la perpétuité avec 22 ans de sûreté" explique l'avocat, "c'est le faire entrer au panthéon des grands monstres judiciaires, alors qu'il n'avait que 24 ans. Gérald Seureau n'est pas Francis Heaulme, ni Emile Louis, ni Guy Georges ou Patrice Allègre. Sans alcool et sans drogue, il ne serait pas là, on le sait tous!
On a pas besoin de ses aveux, on a juste envie de le torturer un petit peu. Le déni, ce n'est pas un mensonge, c'est la démonstration qu'il est un être humain.Tout, il reconnaît tout. Il est anéanti, écrasé par ce geste. Le chemin de la justice n'est pas de dire qu'il est un monstre, le chemin de la justice c'est de dire qu'il est un homme."

"Je ne suis pas un monstre", conclut Gérald Seureau


"Je suis rongé par les remords et le mot remord est faible" conclut l'accusé. "J'ai des remords pour la souffrance immense que j'ai créée chez la famille de Léa. Tout ce que je peux vous dire est que je ne suis pas un monstre. Je me suis nourri des ténèbres et ce sont les ténèbres qui m'ont consumé. Depuis, j'essaie de retrouver la lumière, marche par marche." Derniers mots de Gérald Seureau, juste avant que le jury ne se retire pour délibérer.

Les images de la manifestation des lycéens contre les violences policières

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