Aude : La pie bavarde n'est plus un nuisible

La pie bavarde "Pica pica", noire et blanche avec des reflets bleus sur les ailes, est très reconnaissable tant par sa grande taille que ces "jacassements". / © France Dumas/LPO
La pie bavarde "Pica pica", noire et blanche avec des reflets bleus sur les ailes, est très reconnaissable tant par sa grande taille que ces "jacassements". / © France Dumas/LPO

C'est une décision du Conseil D'Etat. A partir de maintenant, la pie bavarde, classée en espèce nuisible dans 8 départements, dont l'Aude, depuis 2015, échappe désormais à cette classification. Une victoire pour les associations qui rappellent que le concept de nuisible n'a pas de sens en biologie.

Par Sylvie BONNET avec l'AFP et la LPO

Le Conseil d'État vient d'annuler le classement dans la catégorie "nuisibles" de plusieurs espèces de mammifères et d'oiseaux, comme la pie bavarde, la fouine ou la corneille noire, dans une douzaine de départements.

Annulation de l'arrêt de 2015


Le Conseil avait été saisi notamment par plusieurs associations environnementales qui demandaient l'annulation d'un arrêté de 2015 établissant une liste d'animaux considérés comme nuisibles.
Dans sa décision datée de mercredi, le Conseil d'État indique que "l'arrêté du 30 juin 2015 (...) fixant la liste, les périodes et les modalités de destruction des espèces d'animaux classées nuisibles est annulé" pour certaines espèces et dans certains départements.

La pie "réhabilitée" en Occitanie dans l'Aude et les Pyrénées


Après une étude des populations d'animaux au cas par cas, Le Conseil d'Etat a donc annulé l'arrêté pour la pie dans huit départements (Aube, Aude, Haute-Loire, Meurthe-et-Moselle, Nièvre, Hautes-Pyrénées, Haut-Rhin, Var).
Le classement en "nuisibles" est aussi annulé pour la fouine dans la Marne et la Savoie, la corneille et le corbeau freux dans la Haute-Loire, l'étourneau sansonnet dans la Haute-Vienne, la belette en Moselle.

Le concept d'animal nuisible remis en cause


"Le concept de nuisible n'a pas de sens en biologie, car toutes ces espèces jouent un rôle utile dans les écosystèmes",
soulignent les ONG dans un communiqué.

Les ONG France Nature Environnement et Humanité et Biodiversité, qui avaient déposé un recours commun, se sont félicitées de cette "victoire partielle", y voyant une "bonne nouvelle pour la biodiversité". 
Elles rappellent que la loi pour la reconquête de la biodiversité d'août 2016 a banni le terme "nuisibles" au profit d'"animaux susceptibles d'occasionner des dégâts".


Privilégier les méthodes préventives


Les associations environnementales restent lucides. Ce changement de vocabulaire n'implique pas, à l'heure actuelle, un changement de comportement. Et les ONG de conclure: 

"Au-delà de cette décision du Conseil d'État et du changement de vocabulaire, c'est l'ensemble de la réglementation sur les "nuisibles", concept périmé, qui devrait être revue pour prendre en compte les réalités biologiques et privilégier les méthodes préventives, afin de mettre un terme aux destructions injustifiées de dizaines de milliers d'animaux sauvages chaque année"

La pie bavarde

Présente dans toute la France, la pie consomme des insectes et leurs larves,des escargots, limaces, vers de terre, petits mammifères, oeufs et jeunes oiseaux pris au nid, mais aussi des graines et fruits.
Totalement sédentaire, la pie bavarde forme des dortoirs importants d’octobre à février où les disputes sont fréquentes.
Ses jacassements incessants ainsi que son aptitude à produire toute sorte de cris étranges, lui ont valu le qualificatif de "bavarde".
Le nid de la pie est construit à la cime des grands arbres. Elle pond une seule fois par an,de 6 à 7 oeufs, incubés par la femelle 17 à 18 jours en avril-mai.
Les jeunes, nourris par les deux parents, quittent le nid à 22 - 24 jours.

La pie bavarde ( Pica pica) observée dans l'Aude par la ligue de protection des oiseaux
Nicheuse sédentaire, migratrice de passage occasionnelle, liée aux plaines et milieux agricoles du département (Plateau de Sault compris). Rare et très localisée dans les Corbières sèches et dans les zones à dominante forestière (Quercorb, Razès, Montagne Noire) et à haute altitude. Densités maxi atteintes dans le Lézignanais, le Narbonnais et le Minervois.

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