Qui sommes-nous ? en Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon

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Quand la Garonne aura soif, le samedi 24 janvier à 15h25

© mira productions - Sébastien Gentet
© mira productions - Sébastien Gentet

Un documentaire à découvrir sur la gestion de l'eau et le problème du réchauffement climatique.

Par Guiseppin Marie-France

C'est le périple de Mathieu Gimenez, depuis la source de la Garonne, au pied du glacier de l'Aneto, jusqu'à l'embouchure de la Gironde. Le voyage se déroule à pied.

Mathieu découvre des paysages sauvages, insolites, intemporels, au fil de l'eau, où s'invite une réalité bien contemporaine : celle de l'action de l'homme, du réchauffement climatique et des nuages qui s’amoncellent sur le grand fleuve. Les rencontres se succèdent. Au bout du voyage, à l’embouchure, un constat : si rien n'est fait pour gérer l’eau de manière cohérente et parcimonieuse, la Garonne, « ce fleuve lisse », pourrait n’être qu’un lointain souvenir en 2050.

Mais des solutions de bon sens existent. A l'homme de s'inventer son champ des possibles...

Extrait :
Extrait du documentaire "Quand la Garonne aura soif"

Un film documentaire de Thierry Gentet
écrit par Thierry Gentet et Claude Albanese
coproduit par France Télévisions et Mira Productions

Le contexte :


Les dérèglements climatiques frapperont la planète entière. Le phénomène reste une notion abstraite, éloignée de nos préoccupations quotidiennes. On considère que les problématiques liées au réchauffement s’inscrivent dans le long terme et très souvent loin de chez nous... Et pourtant !

Dans le Sud-Ouest, le premier signe symbolique sera la disparition des glaciers des Pyrénées. Puis, le régime des neiges sera modifié et le tourisme d'hiver subira de plein fouet le réchauffement qui pourrait atteindre au moins 2°C en 2050. Les stations, de moyenne altitude, verront leur enneigement diminué. L'hydrologie du bassin et l'alimentation en eau pour l'irrigation seront affectées. La baisse du débit des fleuves pourrait atteindre 30% en moyenne, 50% au cours de la période d'étiage (en été lorsque le niveau est au plus bas). A cette période, la majeure partie de l'eau consommée - de l'ordre de 70% - est destinée à l'agriculture.

A plus long terme, avec l'augmentation des températures, des sécheresses estivales plus marquées, des besoins en eau accrus pour les cultures, alors que les ressources diminueront sensiblement,  n'allons-nous pas tout droit vers une pénurie et des conflits socioprofessionnels entre les différents utilisateurs de l’eau ? Le milieu aquatique et l’ensemble de l’écosystème survivront-ils ?  L’alimentation en eau potable de la métropole toulousaine sera-t-elle affectée ? Une Garonne à sec, au cours de l’été, n’est pas une vue de l’esprit.
Une affaire compliquée pour un grand Sud-Ouest habitué à des ressources illimitées et qui tire des productions agricoles une part non négligeable de ses revenus.

Certains préconisent de répondre à l’important déficit à venir en créant des bassins de rétention dans les Pyrénées, voire de nouveaux barrages. D’autres considèrent qu’on peut pomper davantage, y compris dans les nappes phréatiques.  D’autres encore estiment que les modèles actuels auront des conséquences catastrophiques sur les écosystèmes et qu’il est urgent de faire des économies. Parmi eux, il y a ceux qui expérimentent des voies différentes qui prennent en compte de manière globale la préservation de l’eau, des sols, de l’air et des biotopes. 

Dans ce contexte, l'Agence de l'Eau Adour-Garonne a mené pendant deux ans une étude prospective sur les fleuves pyrénéens en 2050. Les résultats ne sont pas optimistes. Ils ont été présentés en décembre 2013 au comité de bassin  (« le parlement de l’eau ») qui réunit l’ensemble des acteurs de l’eau du territoire.  A ce jour, le déficit, qui pourrait atteindre jusqu’à 1 milliards de mètres cubes en 2050, est acté mais aucune décision concrète n’a été prise pour une gestion durable des ressources.

Dans une période critique où les moyens financiers manquent et les sensibilités sur le sujet sont à fleur de peau, il est difficile de privilégier des solutions à long terme...

Intervenants :

Yann Kerr, directeur du Centre d’Etudes Spatiales de la Biosphère
Bruno Parmentier, économiste, consultant, auteurs de nombreux livres sur l’agriculture, comment nourrir l’humanité au 21ème siècle et le concept « produire plus avec moins ».
Françoise Goulard, responsable de l’étude Garonne 2050 à l’Agence de l’eau Adour-Garonne
Bernard Leroy, chargé de mission au Syndicat Mixte d’Etudes et d’Aménagement de la Garonne (Sméag)
Jacques Bilirit, Vice-Président du Conseil Général du Lot-et-Garonne, Président du Sméag  2011-2014
Rémy Martin, France Nature Environnement
Jacqueline Rabic, pêche professionnelle (Gironde), membre du comité de bassin Adour-Garonne
et
Daniel Fabre, Richard Azéma, Marc Schielé, Stéphane Gatti, agriculteurs,
Philippe et Sébastien Gautier, pêcheurs professionnels.

Lieux visités :

Benasque (Espagne), source de la Garonne au pied de l’Aneto , Œil de Jupiter ( résurgence de la Garonne) et vallée de l’Artiga (Espagne), Saint-Béat,  Saint-Martory, Charlas, Le Fauga, Cazères, Lherm, confluence de l’Ariège, parc du Confluent à Portet-sur-Garonne, Toulouse, Grenade, Saint-Nicolas de la Grave, confluence du Tarn, Golfech, La Plume, Aiguillon, confluence du Lot, Couthures-sur-Garonne, Langoiran, Bordeaux, confluence de la Dordogne, Blaye, Meschers-sur-Gironde, Talmont-sur-Gironde.

Thierry Gentet
Réalisateur-producteur.
A créé en 1996 la société Mira Productions après avoir travaillé pendant seize années au Centre National d’Etudes Spatiales.  Réalisation de nombreux films dans le domaine de l’environnement et du climat. “Quand la Garonne aura soif” est son septième documentaire de télévision.

Claude Albanese
Ecrivain , scénariste de films de fiction et de documentaires. A collaboré avec Thierry Gentet sur plusieurs documentaires (Le Kinostudio, le sanctuaire aux images du pays des aigles, I Cantori di Carpino et Quand la Garonne aura soif).

Lubomir Bakchev
Directeur de la photo (A.F.C.). A filmé le parcours de Mathieu Gimenez le long de la Garonne.
Ex-toulousain, il travaille pour le cinéma et a notamment collaboré avec Julie Delpy, Volker Schlöndorf, Abdellatif Kechiche, Agnès Jaoui.

Bernard le Gall
Comédien toulousain. Il joue ici le rôle de Mathieu Gimenez. Habitué des scènes de théâtre toulousaines ,il a interprété plusieurs rôles au cinéma, notamment dans « La fille du 14 juillet »  d’Antonin Peret-Jatko, « L’oiseau » d’Yves Caumon et « Bien agités » de Patrick Chesnais.
 

De gauche à droite : Bernard Le Gall (dans le rôle de Mathieu Gimenez), Gérard Mailleau (Opérateur de prises de son), Julien Loféron, Lubomir Bakchev (cadreur et directeur photo) et Thierry Gentet, (auteur et réalisateur du film). / © Mira productions - Sébastien Gentet
De gauche à droite : Bernard Le Gall (dans le rôle de Mathieu Gimenez), Gérard Mailleau (Opérateur de prises de son), Julien Loféron, Lubomir Bakchev (cadreur et directeur photo) et Thierry Gentet, (auteur et réalisateur du film). / © Mira productions - Sébastien Gentet


Entretien avec le réalisateur, Thierry Gentet :

Pourquoi avoir décidé de réaliser ce film ?

D’abord l’importance des questions de l’eau. Je m’y intéresse depuis longtemps. Mon premier documentaire traitait de ce sujet. En 1997, avec Lubomir Bakchev comme chef opérateur, nous étions allés filmer  la dernière rivière du Sud-Ouest américain, la « San Pedro River » en Arizona. Toutes les autres ont été asséchées par l’homme… J’ai  filmé sur l’eau au Maroc, en Asie Centrale… Mais sur  le prochain documentaire, je souhaitais revenir filmer dans ma Région en prenant le sujet du  réchauffement climatique.
Nous sommes à un moment charnière. On commence seulement à comprendre que les dérèglements climatiques nous concernent aussi et ne sont pas simplement l’affaire des populations Inuits ou des Îles Tuvalu dans le Pacifique.  Ce n’est pas un hasard si les organismes gestionnaires, comme l’Agence de l’eau Adour-Garonne, ont lancé des études prospectives.  C’est une étape importante de prise de conscience, de débat mais aussi de décision qu’il faut prendre pour gérer les ressources en eau.
Un film documentaire, comme celui-ci, peut contribuer aujourd’hui à installer un débat équilibré et apaisé.

Faut-il être optimiste ?

En regardant le film, est-on inquiet quant au devenir du fleuve ? Il y a des éléments positifs  qui sont identifiés, notamment relayés par Bruno Parmentier. D’une part, la situation est beaucoup moins critique que dans les zones  arides et tropicales… D’autre part, nous disposons de capacités techniques dans le domaine du spatial,  des biotechnologies et des méthodes agricoles. Notre territoire est à la pointe dans ces domaines. Il y a l’agroforesterie avec l’intensification des processus biologiques de la terre. C’est passionnant. Ce sont des solutions déjà mises en œuvre  par des agriculteurs. Ce n’est pas une théorie de laboratoire. Oui, optimiste si on veut bien aborder la question aussi différemment : penser à économiser plutôt que produire toujours plus. Enfin, il est intéressant de comprendre que nos pratiques de consommation peuvent contribuer au changement. Etre acteur de ce changement me semble un élément positif. En tout cas, il n’est pas démobilisateur.

Pourriez-vous nous raconter une anecdote ? 

Lorsqu’on parcourt le fleuve de long en large, sur 587 km, il y en a beaucoup. Je me souviens bien sûr, de la surprise de l’équipe et de Bernard (Mathieu) lorsque les premiers silures sont remontés des filets de Philippe et Sébastien Gautier à Couthures-sur-Garonne.   Lorsqu’on prélève à la rivière 400 à 500 kg de silures, dont certains font plus de deux mètres, en moins d’une heure, on se demande si on est bien encore dans le Sud-Ouest.
 

Les silures... / © Mira productions - Sébastien gentet
Les silures... / © Mira productions - Sébastien gentet


Une autre anecdote chez Fife à Saint-Martory. Il fanfaronne, joue une pièce de théâtre derrière son comptoir. Le film, en quelques secondes, le montre bien. Bernard ne peut pas placer un mot. Le comédien est pris au piège… Puis, on déjeune dans l’arrière salle. Moment convivial. Enfin, Fife devient plus sérieux. Il ouvre un meuble de sa confection qui ressemble à un petit secrétaire. Un véritable cabinet des curiosités.  On y découvre alors sur un écrin des centaines d’insectes confectionnés avec amour par Fife pour la pêche à la mouche. Un travail d’artiste à partir de plumes d’oiseaux naturels. Tous les insectes de sa Garonne… Fife nous confie alors quelques uns de ses secrets…

Ce documentaire sera diffusé sur France Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon.

Rediffusion le vendredi 30 janvier vers 8h55 sur France Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon, Aquitaine, Limousin, Poitou-Charentes.


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