Qui sommes-nous ? en Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon

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Quand l'amour m'était chanté, un documentaire consacré à Léo Ferré et à Madeleine, sa seconde épouse

Léo et Madeleine / © Annie Butor
Léo et Madeleine / © Annie Butor

En explorant les zones troubles du lien conjugal, de la création et de la célébrité, Annie Butor évoque les années de complicité heureuse entre sa mère Madeleine et son beau-père Léo Ferré quand l’artiste a émergé comme un chanteur compositeur interprète à succès.

Par Guiseppin Marie-France

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Léo Ferré a témoigné à plusieurs reprises de tout ce qu’il devait à sa femme Madeleine inséparable de sa trajectoire pendant 18 ans.

Madeleine a transformé les habits et le jeu de scène de l’artiste, a collaboré à certains textes comme ceux de l’album Aragon et a fait preuve tout simplement d’une foi indéfectible dans son talent.

En 1961, le couple adopte une guenon qu’ils appellent Pépée et avec laquelle ils s’installent dans un château du Lot, Perdrigal, à Saint-Clair près de Gourdon.

Le château de Perdrigal dans le Lot / © TS PRODUCTIONS
Le château de Perdrigal dans le Lot / © TS PRODUCTIONS

Le décor est planté, un huis clos dans un château féodal, Madeleine, Léo, Pépée, persuadés qu’avec l’amour et la liberté, Pépée finira par parler. En 1967, Léo imprime le livre de Madeleine, « les mémoires d’un magnétophone » qui décrit notamment cette vie un peu bizarre avec Pépée. D’autres témoins complètent le témoignage littéraire de Madeleine et le récit au présent d’Annie, notamment Michel Boiron, un ami professeur de médecine qui lui aussi a élevé un chimpanzé et Jean-Michel Defaye, arrangeur de plus de 150 chansons de Ferré.

Léo et Pépée / © Jean-Pierre Sudre/Leemage
Léo et Pépée / © Jean-Pierre Sudre/Leemage

Dans le répertoire du chanteur, l’amour occupe une place in interrompue. Léo chante avec Aragon l’amour magnétique (le fou d’Elsa, 1961) puis il chante Madeleine (Ca t’va, 1962) : « … cette robe de 10 sacs, tes cheveux en vrac, ce rien qui t’habille, ça t’va…ce sac en lézard qui fait le lézard sous ses airs plastiques, ça t’va, cet air sans façon dont t’as pris mon nom pour vivre de musique…. ».
Léo Ferré / © TS PRODUCTIONS
Léo Ferré / © TS PRODUCTIONS

Puis en 1970, il chante la liberté sexuelle « Nous sommes des chiens de bonne volonté et nous ne sommes pas contre le fait qu’on laisse venir à nous certaines chiennes puisqu’elles sont faites pour ça et pour nous » (Le chien, 1970). Entre « Ca t’va » et « Le chien », un changement de vie et d’époque, 1968, l’année des basculements.

En mars, le chanteur a quitté Madeleine et sa vie dans le Lot. Il écrira en 1969 « Avec le temps », cette chanson si célèbre inspirée de sa rupture avec Madeleine. Madeleine écrira en 1989 un second livre « Quand l’amour m’était chanté », inédit jusqu’alors qui revient sur sa vie commune avec Ferré et dont ce documentaire donne à entendre quelques extraits.

Madeleine / © Annie Butor
Madeleine / © Annie Butor

Un film écrit et réalisé par Delphine Morel

Adapté du livre d’Annie Butor
« Comment voulez-vous que j’oublie »

Une coproduction TS Productions/France Télévisions
Avec la participation de TV5Monde
et la RTS Radio Télévision Suisse


Diffusion le lundi soir 15 mai 2017 à 23h25 sur France 3 Occitanie
Rediffusion le mercredi 17 mai 2017 à 8h50 sur France 3 Occitanie

Léo et Madeleine / © TS PRODUCTIONS
Léo et Madeleine / © TS PRODUCTIONS

Annie Butor

Annie Butor a publié en 2013, le livre « Comment voulez que j’oublie…. » paru aux éditions Phoebus et en Poche. Annie Butor est la fille de Madeleine Rabereau et la belle fille de Léo Ferré qui l’a élevée. Dans ce livre de réminiscences, Annie raconte sa jeunesse, l’amour fou que Léo et Madeleine ont éprouvé l’un pour l’autre et témoigne de la collaboration de sa mère avec Léo pour faire émerger le grand artiste compositeur interprète.

Annie Butor, fille de Madeleine  / © TS PRODUCTION
Annie Butor, fille de Madeleine / © TS PRODUCTION

Delphine Morel, paroles de réalisatrice

Comme beaucoup, j’aime Léo Ferré, le poète miroir d’autres poètes, le compositeur démiurge, l’incantateur. J’y reviens toujours quand le dimanche est morne et que seule une injection poétique détourne du gris matinal. Avec son langage en état de syncope prolongée, sa subjectivité en colère, le chanteur nous entraine dans l’aventure de l’être et de la liberté.

Les chansons de Léo Ferré ne consolent pas, ne mentent pas mais elles aident à vivre.

En janvier 2014, j’ai lu le livre « Comment voulez-vous que j’oublie » d’Annie Butor et j’ai écrit un peu sur un coup de tête à l’auteure pour lui proposer un projet de documentaire adapté de son livre.

La rencontre a eu lieu en Juin 2014 mais Annie hésitait à s’engager car l’écriture de ses souvenirs l’avait mobilisée pendant plusieurs années et que cette publication lui permettrait enfin de « laissez passer son passé ». A la fin de notre rencontre, elle a, contre toute attente, tiré de son sac à main « les mémoires d’un magnétophone », le premier livre de sa mère Madeleine Ferré édité en 1967 et me l’a donné.

© TS productions
© TS productions


Notre échange s’est poursuivi et je suis allée chez elle, pour la première fois en Janvier 2015. Annie m’a montré des photos, des disques et le dernier manuscrit de sa mère « quand l’amour m’était chanté » qui n’a jamais été publié et qu’elle fera sans doute publier un jour.

Sa principale motivation pour participer à ce projet était de faire reconnaître le rôle de sa mère pendant 18 ans au côté de l’artiste.

En juin 2015, nous avons décidé que le projet serait une libre adaptation de son livre, qu’il aurait pour titre « quand l’amour m’était chanté »  et que je choisirai parmi son livre les passages à adapter en creusant les motifs qui m’intéressent : la contribution de Madeleine,  la transfiguration de l’intime dans les chansons avec des épisodes de leur vie de famille comme la chanson « Ca t’va » composée pour Madeleine ou la vie avec la guenon Pépée au sujet de laquelle Ferré composera une chanson éponyme en 1969.

Son parcours

Delphine Morel est auteure-réalisatrice et productrice de documentaire.

Quelques références :
En 2014 et 2015, elle écrit avec Marc Petitjean le documentaire «Mer de Chine, la guerre des archipels » pour la case géopolitique d’Arte France ( diffusé en mars 2016 ). En 2013 et 2014, France Culture diffuse à 20H30, son feuilleton radiophonique « La trop brève histoire de Marion du Frêne et des maoris » (5X26 minutes).   http://www.franceculture.fr/personne-delphine-morel. En 2012, elle écrit avec le réalisateur Marc Petitjean, le projet « Têtes maori, ramener les ancêtres à la maison », avec  une convention de développement ARTE. En 2007, elle écrit avec la réalisatrice bulgare Zlatina Rousseva, le film archéologique « Les secrets d’un roi thrace », coproduit avec ARTE, pour la case aventure humaine. En 2006, elle écrit, réalise et produit le documentaire « Des moines en laboratoire», pour ARTE, la Buddhist Broadcasting Foundation et YLE. Le film est diffusé en 2007, dans la case science d’ARTE. Sélection au festival Paris science 2006, au festival scientifique de Bangkok 2007 et au festival international du film bouddhiste, édition 2008.

Delphine Morel, auteure et réalisatrice  / © Jeremy Stigler
Delphine Morel, auteure et réalisatrice / © Jeremy Stigler

Anecdotes de tournage 

Le moulin de Villeneuve
Annie regrettait de n’avoir jamais accompagné Madeleine et Léo au Moulin de Villeneuve, la villégiature du couple Aragon et Triolet car à l’époque, elle avait autre chose à faire et Aragon ne représentait pas ce qu’il représente aujourd’hui pour elle. Et c’est comme cela que nous avons décidé d’aller tourner au moulin de Villeneuve avec Annie et Nathalie Piégay-Gros l’auteure « d’Aragon et la chanson ». Quand l’équipe a découvert la maison avec le moulin à l’intérieur du salon et un bruit continu d’eau courante, l’ingénieur du son s’est inquiété de la prise de son mais tourner dans ce salon où Aragon pouvait lire parfois pendant des heures à ses invités des textes poétiques jusqu’à l’épuisement des convives était indispensable.

La cage au château de Perdrigal
J’ai rencontré dans le Lot l’un des ouvrier-métallurgiste qui a construit dans les années 60 l’immense cage où les singes que les Ferré avaient achetés à des cirques ambulants, vivaient. Pépée, elle n’y vivait pas, elle vivait en liberté dans les quarante hectares du château et avait sa chambre au château. Pierre Candaillé m’a raconté que la construction de cette cage avait été un chantier colossal, pas moins de deux ouvriers sur une période de deux ans et que Léo leur avait  demandé à plusieurs reprises de continuer le chantier trouvant que la cage n’était pas assez grande. La cage que nous avons filmée et qui subsiste dans une des dépendances du château ne représente qu’une partie de ce qui avait été construit à l’époque, toute une partie ayant été démontée récemment par l’actuel propriétaire du château.

Léo, Madeleine et Pépée / © Roger Pic/ADOC Photos
Léo, Madeleine et Pépée / © Roger Pic/ADOC Photos
Madeleine et Léo / © TS PRODUCTIONS
Madeleine et Léo / © TS PRODUCTIONS






 

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