Les étonnants trous de mémoire d'un témoin à charge contre Abdelkader Merah

Abdelkader Merah, dans le box des accusés / © Benoit PEYRUCQ / AFP
Abdelkader Merah, dans le box des accusés / © Benoit PEYRUCQ / AFP

Un partenaire de foot du principal accusé du procès Merah est revenu partiellement ce mercredi sur les déclarations faites en 2012 devant les policiers. Les parties civiles suspectent des pressions sur ce témoin.

Par Fabrice Valery

Le témoin appelé à la barre par l'accusation ce jeudi après-midi a-t-il subi des pressions, a-t-il des trous de mémoire 5 ans après les faits ou simplement ses dépositions de 2012 ont-elles été mal comprises ?

C'est l'énigme du jour au procès des complices de Merah devant la Cour d'assises spéciale de Paris. Le jeune homme, ancien partenaire de foot d'Abdelkader Merah à l'AS Izards avait indiqué en 2012 que le dimanche 11 mars il avait vu, pendant un match où il était sur le banc des remplaçants, Abdelkader Merah s'éloigner du terrain pour discuter avec un homme qu'il avait alors identifié comme le frère, Mohamed Merah.

Or, ce jour-là, quelques heures plus tard, le premier militaire, Imad Ibn Ziaten était abattu par Merah à Toulouse.

La justice aimerait donc bien savoir si les deux frères avaient discuté de ce projet ou de ce qui allait se passer ce jour là ?

Problème : le témoin, le seul à avoir vu les deux hommes ensemble ce dimanche 11 mars 2012, a des trous de mémoire. A l'audience, il ne se souvient pas d'avoir vu Mohamed Merah venir au bord du terrain de foot. "Je ne connaissais pas Mohamed Merah", se borne-t-il à dire.

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Le président de la Cour a beau lui montrer ses contradictions entre sa déposition du jour et ses auditions par les policiers en mai puis décembre 2012, le témoin semble sur une autre ligne, celle de l'amnésie.

Amnésie partielle ou trous de mémoire de circonstances, les avocats des parties civiles et l'accusation sont vent debout contre ce témoin qui, sans se rétracter, n'est plus tout aussi catégorique qu'il y a 5 ans. Certains avocats disent à demi-mots que le témoin aurait subi des pressions, qu'il aurait peur de témoigner. "Pas du tout" rétorque ce dernier.

Mais pour la défense, c'est l'interrogatoire par les policiers qui doit être remis en cause : on aurait alors suggéré au témoin le nom de Mohamed Merah. Une déposition qui n'aurait pas été spontanée. Maître Eric Dupond-Moretti, avocat d'Abdelkader Merah, se frotte les mains. Il sait que les éléments à charge contre son client sont très peu nombreux. En voilà un qui vient de vaciller en quelques minutes. 

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