Gard : les producteurs peinent à vendre leurs melons

Après l'abricot, la crise touche aussi les melons / © France 3 Occitanie
Après l'abricot, la crise touche aussi les melons / © France 3 Occitanie

Préférant acheter les produits espagnols, moins cher, la grande distribution boude les melons du Gard. Les producteurs en viennent à jeter ce qu'ils récoltent. 

Par Richard Duclos

Dépité, Samuel Solans pointe du doigt son hangar, où les caisses de melon s’empilent : "Vous voyez le frigo, là, il est plein. 70 palettes."

Sa production est abondante cette année. Mais ce producteur d’Aigues-Mortes peine à l’écouler. Ce sont donc plusieurs tonnes de denrées périssables qu’il est contraint de jeter régulièrement, comme d’autres producteurs de la région.

Sur 35 hectares de melon que j’ai faits, j’en ai ramassé 12, et j’ai jeté la moitié de ce que j’ai produit ! Si ça continue comme ça je ne passerai pas l’année. J’ai quand même 45 personnes à payer tous les mois.


Concurrence espagnole

A l’origine de cette situation critique, l’attitude des grandes surfaces, qui préfèrent acheter des produits espagnols, moins chers. Une stratégie qui n’est pas nouvelle, dénonce Mathieu Manetti, secrétaire général des jeunes agriculteurs du Gard

La grande distribution s’est mise à l’abricot trois semaines après le début des récoltes, donc elle a flingué le marché. Le prix de l’abricot a baissé, et c’est ce qui est en train de se passer avec le melon. Ils attendent pour acheter à bas coût.
 

Le reportage d'Esmeralda Terpereau et Denis Pardanaud :
 

A Aigues-Mortes, un maraîcher peine à vendre ses melons
En cause notamment, la concurrence espagnole. - France 3 Occitanie - E. Terpereau / D. Pardanaud

Normes phytosanitaires

Inquiets pour leur avenir, les producteurs craignent de voir disparaître les produits français. La situation les choque d’autant plus que les normes phytosanitaires sont plus strictes pour leurs fruits que pour les fruits espagnols, comme le souligne Jean-Marie Solans, producteur à la retraite :

Moi qui aie toujours produit sain, on va bientôt me faire manger un produit qu’on m’a interdit de produire ! Pourquoi on nous les fait manger ici chez nous ?


Lundi 17 juillet, une délégation d’agriculteurs rencontrera le préfet du Gard Didier Lauga pour lui exprimer leur désespoir. Ils souhaitent un soutien de l’Etat pour limiter les importations étrangères.



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