Tournoi 2017 : Antoine Dupont, la joie des débuts réussis

Le très jeune demi de mêlée Antoine Dupont a fait étalage de son sang-froid et de sa puissance. / © Franck Fife/AFP
Le très jeune demi de mêlée Antoine Dupont a fait étalage de son sang-froid et de sa puissance. / © Franck Fife/AFP

Aux commandes samedi lors de la fin de match épique face aux Gallois dans le Tournoi (20-18), le très jeune demi de mêlée Antoine Dupont, natif des Hautes-Pyrénées, a fait étalage de son sang-froid et de sa puissance, pour sa deuxième titularisation seulement avec le XV de France.

Par M.M. (avec AFP)

En remplaçant Baptiste Serin à la 72e, l'enfant de Castelnau-Magnoac (Hautes-Pyrénées) était parti pour jouer 8 minutes. Il est finalement resté une demi-heure pour un final haletant dont il a été un des principaux acteurs et qu'il pense "ne jamais oublier".

"Il a fait une grosse rentrée, une très grosse rentrée", a commenté le capitaine du XV tricolore pendant cette guerre des nerfs, Yoann Maestri, sur un ton bienveillant à l'égard du prodige de 20 ans, formé à Auch.

A l'actif du Castrais au cours du money-time: une première charge qui permet aux Français d'entrer dans les 22 m gallois (78e); une deuxième sur la droite (79e) qui oblige les Gallois à se mettre à trois pour l'arrêter; mais aussi treize mêlées à introduire, dont moins de la moitié vraiment jouées.
Sur la dernière, Dupont place encore deux charges successives qui aboutissent à l'essai libérateur de Damien Chouly, au bout d'interminables vingt minutes de temps additionnel.

"Dans ce moment critique, dans une situation qu'il n'a jamais vécue, que personne n'a jamais vécue, je l'ai trouvé très bien dans la gestion", a commenté Guy Accoceberry.
"Son côté explosif a bien servi autour des mêlées", estime le consultant de France Info, pour qui le petit gabarit (1,74 m, 82 kg) "fait penser à ces sprinteurs de 100 m assez petits, trapus, très explosifs".

Dans un final durant lequel n'importe quelle erreur aurait signifié la fin du match et une défaite, le futur Toulousain a surtout montré "une vraie force de caractère", estime l'ancien N.9 des Bleus, pour qui "ce gamin a la tête sur les épaules".

Concurrents et complémentaires

La pépite suscite l'admiration de ses coéquipiers, notamment celle de l'autre prodige au poste, Baptiste Serin, de deux ans son aîné. "Je suis content, il a fait preuve de maturité dans les derniers instants", a dit le Bordelais.
"On n'a pas les mêmes qualités. C'était sa fin de match, il a très bien géré avec Camille (Lopez, l'ouvreur)", a ajouté Serin.

Car l'ascension fulgurante de Dupont, appelé la semaine dernière après la blessure de Maxime Machenaud, rappelle la vitesse - neuf mois - avec laquelle Serin (10 sélections) s'est imposé comme titulaire à la mêlée.
"La complémentarité (entre Serin et Dupont) était très bien sur le match d'hier, c'est très bien qu'il soit rentré à ce moment-là du match", estime encore Accoceberry.
"Baptiste est plus un passeur-éjecteur, plus stratège, il a plus la tête en l'air, il est dans la gestion du match, il a un peu plus de pied", analyse-t-il.

Toulouse, partir pour s'épaissir

"Le petit Dupont a peut-être déjà ça dans sa palette, mais il n'a pas encore été utilisé comme tel à Castres ou en équipe de France. C'est bien pour lui de changer de club", poursuit Accoceberry.
Son départ du CO, où il partage le poste avec Rory Kockott, pour Toulouse, lui offre donc une chance de diversifier son jeu, à condition qu'on lui confie les manettes, selon l'ancien international, "ce qui serait intéressant, c'est qu'il devienne titulaire dans son club parce que, pour l'instant, il est plus utilisé comme joker".

Dans la Ville rose, Dupont découvrira, poursuit Accoceberry, "un système de jeu qui correspondra au rugby international, à ce que veut faire l'équipe de France : répéter les temps de jeu, coller au ballon, être un bon éjecteur, nous montrer sa vitesse de passe, sa vitesse d'intervention... Ce que fait Baptiste actuellement avec l'équipe de France, et ce que lui demande Guy Novès."
"Le reste, conclut-il, on a vu en peu de temps qu'il était capable de le faire."

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