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Affaire AWF : le parquet ouvre une enquête préliminaire, la région Midi-Pyrénées réfute les accusations de favoritisme

Le Conseil Régional Midi-Pyrénées / © Archives MaxPPP
Le Conseil Régional Midi-Pyrénées / © Archives MaxPPP

Le parquet de Toulouse a ouvert une enquête préliminaire dans l'affaire des contrats entre la région Midi-Pyrénées et AWF, société d'un frère de Kader Arif. De son côté le Conseil régional Midi-Pyrénées réfute les accusations publiées ce mercredi dans Le Canard Enchaîné. 

Par Fabrice Valery

Le parquet de Toulouse a ouvert une enquête préliminaire pour savoir si le Conseil Régional de Midi-Pyrénées a fait preuve de favoritisme dans l'attribution de marchés à AWF, une société détenue par un frère du secrétaire d'Etat aux anciens combattants, Kader Arif. L'affaire a été révélée ce mercredi matin par Le Canard Enchaîné : la région dément les accusations, l'opposition indique avoir déposé lundi dernier un signalement au procureur, ce qui a déclenché l'ouverture de l'enquête préliminaire, confiée à la police judiciaire de Toulouse.

Dans un communiqué publié ce mercredi à la mi-journée, le Conseil Régional réfute les accusations du Canard Enchaîné qui indique dans sa livraison du même jour que la région a favorisé AWF une entreprise de sonorisation et de lumières proche de Kader Arif. Le communiqué de la région débute par cette phrase : "la pire des médisances, c'est l'insinuation".  La Région y démonte point par point les arguments du Canard Enchaîné.

Il n'y a aucun favoritisme" 
Martin Malvy, président PS du Conseil Régional






Ce mercredi 10 septembre, Martin Malvy, président PS de la Région, était l'invité du 19/20 de France 3 Midi-Pyrénées pour répondre aux questions sur ce sujet. Il dit qu'il "se félicite que la justice se soit saisi de ce dossier, car il n'y a aucun favoritisme"

EN VIDEO / l'interview de Martin Malvy dans le 19/20 de France 3 Midi-Pyrénées
Martin Malvy invité du 19/20

Les arguments de la région Midi-Pyrénées

  1. Aucun membre du gouvernement n'est intervenu pour favoriser une entreprise "Que la société qui assure des prestations pour le compte de la Région pour des aménagements d’espaces soit dirigée par le parent d’un membre du Gouvernement n’est en rien répréhensible puisqu’aucun membre du Gouvernement n’est intervenu ni directement ni indirectement pour favoriser l’attribution d’un marché qui concerne la Région et elle seule.Les marchés qui lui ont été attribués l’ont été au terme d’appels d’offres qui ont fait l’objet de larges publications d’appels à la concurrence. Ils l’ont été par la Commission d’appel d’offres dont la composition comprend des élus de l’opposition régionale" (communiqué).
  2. Les crédits pour payer les factures à AWF n'ont pas été pris sur le budget des cantines : "Les crédits n’ont pas été inscrits sur « les crédits de la cantine » comme l’écrit le journal mais sur ceux du budget annexe au budget dit «restauration/ manifestation» sur lequel sont également inscrites diverses dépenses liées à des manifestations de type colloques, rencontres sportives, culturelles, ou débats publics.
  3. "La transparence est totale" "Chaque engagement a fait l’objet d’inscriptions budgétaires. Cette pratique n’a jamais donné lieu à la moindre observation du comptable public, dont il convient de rappeler qu’il dépend de la direction générale des finances publiques et non de la Région, ni de la Chambre Régionale des Comptes lors de son dernier contrôle. La volonté d’insinuer des dérèglements s’exprime, au-delà, dans l’affirmation selon laquelle 16 machinistes auraient été facturés pour une manifestation alors qu’il s’agit d’équivalents journées, comprenant montage et démontage, pour une grande manifestation sportive organisée en partenariat avec France 3, comme cela avait d’ailleurs été expliqué à l’auteur de cet article.
  4. La région saisira les tribunaux : "Si le «Canard Enchaîné» a été abusé par des dénonciations, la Région saisira systématiquement les tribunaux par l’intermédiaire de Maître Simon Cohen, avocat au Barreau de Toulouse pour toute insinuation qui laisserait entendre que le moindre favoritisme aurait pu être réservé à l’entreprise concernée, comme à toute autre d’ailleurs ou pour la reprise de l’assimilation à l’affaire Bygmalion, qui est diffamatoire par elle-même et qui tend à égarer le lecteur en sous-entendant que des factures fictives auraient pu être émises, ce qui évidemment n’a jamais été le cas". 

L'opposition enfonce le clou et saisit la justice

De son côté, l'opposition de droite a tenu une conférence de presse mercredi en début d'après-midi : les conseillers régionaux UMP Elisabeth Pouchelon et Vincent Terrail-Novès ont indiqué avoir fait lundi un signalement au procureur de la République de Toulouse pour anomalies graves. Ces élus disent avoir reçu des plaintes de professionnels locaux de l'événementiel "qui ne candidatent plus aux appels d'offres de la région car ils sont systématiquement écartés". Les élus s'étonnent de la "fréquence de la relation entre AWF et la région". Ils insistent sur les 242 factures payées entre 2009 et 2013 pour un montant de 1,730 million d'euros alors que l'estimatif initial était de 340.000 euros soit un dépassement de 509 % mais précisent que l'appel d'offres était "à bons de commandes sans maximum". 
Comme l'écrit le Canard Enchaîné, les élus d'opposition affirment que le nouvel appel d'offres de 2013 (estimatif de 2,8 millions d'euros) avait vu la candidature d'AWF et "d'une autre entreprise créée le même jour que AWF et avec les mêmes dirigeants". Déclaré nul pour insuffisance de concurrence par la commission d'appel d'offres, ce marché a de nouveau été attribué à AWF en avril dernier : l'entreprise était alors seule candidate. 

EN VIDEO / le reportage de Mathieu Jarry et Florian Rouliès
Le point sur l'affaire AWF


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