Rédouane Ikil a donc été licencié par La Poste à l'issue d'une procédure disciplinaire interne. Suite à un entretien préalable réalisé pendant l'été, la commission consultative paritaire de La Poste a rendu son avis à l'unanimité. Selon la direction de La Poste : ''le motif du licenciement tient au fait que M. Ikil n'a pas respecté son obligation élémentaire de prévenance de sa hiérarchie quant à l'obtention par des tiers d'une information sensible (plan du bureau de poste) de nature à mettre gravement en danger des personnes, ce manquement majeur, quelles que soient les circonstances de la remise de ce plan, étant incompatible avec les fonctions de directeur d'établissement.''

L'ancien directeur de deux agences postales toulousaines, impliqué dans des bracages en 2012 et 2013, était soupçonné de complicité avec Fabien Djetcha, l'autre prévenu. Le procureur général avait d'ailleurs requis trente ans de réclusion criminelle à son encontre.  Mais à l'issue de ce procés médiatique, Redouane Ikil a été acquitté par la cour d'assises de Haute-Garonne à Toulouse.

Dans une interview accordée à France Bleu Béarn, Rédouane Ikil s'est dit ''abattu. Je suis condamné par La Poste alors que j'ai été acquitté par la justice. Je suis atterré. Je n'arrive pas à comprendre. C'est incompréhensible. Il me reste les prud’hommes et je me réserve le droit d'attaquer au pénal s'il y a matière.''
 

Rappel des faits :


Le 6 mars 2012 puis le 2 mai 2013, deux agences bancaires de La Poste sont braquées. Deux vols à main armée qui présentent le même mode opératoire. L'enlèvement à son domicile d'un employé de l'agence qui, sous la menace et la violence, est contraint d'ouvrir les locaux. En 2012, 360 000 euros sont dérobés. En 2013, la police retrouve les 150 000 euros du second butin dans une voiture. Redouane Ikil, est jugé pour avoir renseigné les braqueurs. Car cet homme n'est autre que le directeur de l'une des agences visées. Des accusations que Redouane Ikil, incarcéré depuis mai 2014, a toujours niées. La justice le soupçonne d'être le commanditaire des deux braquages.
Sa famille a réclamé sa remise en liberté mais toutes les demandes ont été rejetées. Pourtant, son ADN a été identifié sur un croquis représentant les locaux d'une des agences postales et retrouvé chez l'autre accusé.

L'autre accusé, Fabien Djetcha, ami de Redouane Ikil puisqu'ils fréquentaient le même club de boxe, a reconnu sa participation mais a toujours dédouanné l'ancien directeur de l'agence postale.