Au CNES de Toulouse, on suit en direct l'expérience de Thomas Pesquet sur l'atrophie musculaire en apesanteur

L'expérience Mares est suivie en temps réel au CNES de Toulouse. / © Sophie Pointaire / France 3 Midi-Pyrénées
L'expérience Mares est suivie en temps réel au CNES de Toulouse. / © Sophie Pointaire / France 3 Midi-Pyrénées

L'astronaute Thomas Pesquet a débuté ce mardi une nouvelle expérience à bord de la Station Spatiale Internationale (ISS). Elle concerne l'atrophie musculaire en apesanteur. Elle est coordonnée et suivie en direct depuis le CNES de Toulouse. 

Par Laurence Boffet

Ses résultats doivent aider à la réadaptation des personnes longtemps alitées ou permettre à l'homme d'arriver en forme sur Mars. L'expérience MARES a débuté ce mardi matin à bord de la Station Spatiale Internationale (ISS). Elle vise à étudier la réaction des muscles en apesanteur. Pour l'équipe du Centre d'Aide au Développement des Activités en Micropesanteur et des Opérations Spatiales (CADMOS) du Centre national des études spatiales (CNES) de Toulouse qui la coordonne, c'est l'aboutissement de huit ans de travail. Et pour l'astronaute Français Thomas Pesquet, c'est sans doute l'expérience la plus lourde et la plus compliquée qu'il aura à mener dans l'espace...

 

Une expérience de grande envergure

Le module MARES ressemble à une énorme chaise équipée de capteurs. Cet instrument scientifique mesure la force exercée par des groupes musculaires isolés autour de toutes les articulations du corps. Thomas Pesquet s’y est installé pendant cinq heures ce mardi. Sa jambe droite a été bloquée avec à côté un échographe, un électromyogramme et un stimulateur électrique. Il a dû lever ou pousser avec sa jambe pendant qu'on lui envoyait de l'électricité. Chaque réponse de ses muscles était enregistrée puis transmise à Toulouse pour être étudiée par les scientifiques.
Au cours de sa mission spatiale, Thomas Pesquet reproduira cette expérience deux autres fois.

En six mois de vol spatial, un astronaute perd 20 à 30% de sa masse musculaire

Pendant un vol spatial d'une durée de six mois, "un astronaute va perdre de 20% à 30% de sa masse musculaire même s'il fait des exercices quotidiens", explique Alain Maillet, responsable des expériences physiologiques au CNES. L'idée de cette expérience sur le "cobaye" Pesquet est donc d'étudier cette perte musculaire en se concentrant sur son genou droit et sa cheville droite.
Le travail se fera en trois temps avec de nouvelles mesures effectuées dans dix jours puis 30 à 45 jours avant son retour sur terre.

Voyez les explications de Nicolas Albrand, Sophie Pointaire et Jean-Yves Bascands :
L'expérience de Thomas Pesquet sur l'atrophie musculaire des astronautes
Thomas Pesquet a débuté une série d'expériences à bord de la station spatiale internationale. L'une d'elles consiste à étudier la réaction des muscles en apesanteur. Elle a débutée ce matin et elle est toujours en cours, l'aboutissement de 8 ans de travail vécu en direct depuis le CNES de Toulouse. - Nicolas Albrand / Sophie Pointaire / Jean-Yves Bascands

Une expérience aux conclusions utiles à tous

'idée de ce protocole est bien évidemment de comprendre comment les muscles des astronautes s'atrophient. Mais pas seulement. "Quand les astronautes reviennent, ils bénéficient généralement d'une guérison naturelle", explique Sébastien Barde, responsable du Cadmos, "l'idée est de comprendre pour pouvoir l'appliquer aux malades longtemps alités qui perdent de la musculature. Mais nous souhaitons aussi préparer les hommes à arriver en forme sur Mars. Cela sera des missions très longues",ajoute-t-il.
Le Cadmos a pour mission de préparer, d'organiser et d'assurer l'exécution des missions scientifiques devant être réalisées en micropesanteur, à bord de l'ISS, d'une capsule récupérable, d'une fusée-sonde ou de l'Airbus Zéro-G.

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