De fortes menaces pèsent sur la défense des consommateurs

Au bout de la chaîne, les consommateurs risquent d'en faire les frais. / © MaxPPP
Au bout de la chaîne, les consommateurs risquent d'en faire les frais. / © MaxPPP

Le limogeage prochain de la directrice de l'INC (Institut National de la Consommation) risque, par effet de dominos, d'être suivi de la disparition de l'Institut, de son journal "60 millions de consommateurs" et des Centres Techniques Régionaux de la Consommation (CTRC), dont celui de Midi-Pyrénées.

Par Michel Pech

En Midi-Pyrénées, les associations de consommateurs qui gèrent collectivement le CTRC basé à toulouse, commencent à s'inquiéter sérieusement des nuages  qui s'amassent au-dessus des têtes de leurs collègues parisiens de l'INC.

"60 millions" : un journal indépendant au sein d'un établissement public
L’INC est un établissement public à caractère industriel et commercial créé en 1968 pour informer les consommateurs, réaliser et diffuser des études, enquêtes et essais comparatifs et fournir un appui technique aux différentes associations de consommateurs, dont les associations régionales.
Dès l’origine, les dirigeants de l’institut ont compris que, pour  informer efficacement les consommateurs, l’INC devait se doter d’un magazine grand public.
"50 millions"(qui s'appellera plus tard "60 millions") est paru et a tout de suite rencontré le succès. 

Au bord du gouffre
Mais l'administration a parfois du mal avec la presse indépendante et très rapidement la DGCCRF (Direction Générale de la Consommation) a pris ombrage de la liberté de ton du journal. 
A tel point qu'en 2011, le ministre de l'époque et la direction de la DGCCRF ont même tenté de vendre le magazine au privé.
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Un magazine sauvé in extrémis par une levée de boucliers de salariés, d'élus de tous bords et de citoyens.

Une nouvelle directrice qui refuse le rôle de fossoyeur 
La nouvelle directrice de l'INC, Fabienne Chol, refusant de participer au déclin programmé de son Institut a, au contraire, tenté de développer ses activités. Elle est notamment parvenue à obtenir un contrat d'objectif avec l'Etat, à relancer les ventes par abonnement et à optimiser les finances de l'INC.
Pourtant, aujourd'hui, elle est menacée d'être révoquée.

Les conséquences fâcheuses pour les associations régionales 
Si l’INC disparait, c’est une grande perte à la fois pour les structures de la consommation (associations de consommateurs , CTRC, Maisons de la consommation)  et l’ensemble des consommateurs.
Concrètement ce serait la fin du Magazine “60 millions de consommateurs” avec + de 1000 essais comparatifs, mais c’est surtout la disparition pour le public  de centaines de modèles de lettre qui sont  mis gratuitement à la disposition des consommateurs sur le site conso.net.

Pour les professionnels du droit de la consommation ,associations de consommateurs, CTRC, ce serait la fin des études spécifiques approfondies, des dossiers de jurisprudences, de la veille documentaire (alors que le droit de la consommation évolue tous les jours avec la publication des décrets d’application des lois Duflot, loi Hamon. Et ceci sans compter sur la revue de presse quotidienne qui  est adressée par l’INC à tous les CTRC.

Tout cela aura forcément des conséquences importantes sur les CTRC qui devront tenter de pallier ces manques alors que leurs moyens financiers ont été réduits de 30% en 4 ans.
On peut craindre que cela n'aboutisse, in fine, à l’affaiblissement des associations locales de défense des consommateurs.



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