Le Préfet de la région Occitanie n'a pas traîné, s'agissant de prendre de nouvelles mesures dérogatoires qui permettent de poursuivre le chantier du futur centre commercial Val Tolosa, aux portes de Toulouse. 

A peine la cour administrative d'appel de Bordeaux avait prononcé l'annulation de la dérogation accordée par la Préfecture pour destruction d'espèces naturelles, donnant ainsi raison aux opposants à ce projet d'immense centre commercial, le Préfet vient de signer un nouvel arrêté préfectoral de dérogation relatif aux espèces protégées. Et ce, grâce à l'avis favorable du conseil national de la protection de la nature (CNPN).

Pour éviter d'être une nouvelle fois frappée d'annulation, cette dérogation propose une meilleure compensation sur le plan environnemental, soit 30 ans, la mise en place d’un comité de suivi et la "mise en défense et gestion d’une partie du secteur".

La Cour d'appel de Bordeaux avait, dans son jugement, estimé que Val Tolosa " ne peut-être considéré comme un axe prioritaire de développement commercial", et que "l'intérêt économique et social de ce projet n'est pas démontré". La Cour ajoute qu'"en dépit de la création de plus de 1.500 emplois qu’il pourrait engendrer, ce projet ne répond pas à une raison impérative d’intérêt public majeur".

Ce n'est semble-t-il pas l'avis de la Préfecture de région.

Les membres de l'association Non à Val Tolosa se disent très inquiets. Très perplexes aussi. Car le nouvel arrêté préfectoral est en date du 12 juillet. Or l'arrêt de la cour administrative d'appel de Bordeaux date du 13 juillet. Les opposants estiment donc que la délivrance de l'arrêté préfectoral est illégale et que la Préfecture veut passer en force.
Les associations sont d'ailleurs convoquées en Préfecture vendredi 21 juillet, soit la veille d'une manifestation organisée par leurs soins.
Elles demandent d'ores et déjà l'annulation de l'arrêté et la suspension des travaux en cours sur le chantier de la Ménude, le site qui doit accueillir le centre commercial Val Tolosa. 


Reportage de Stéphanie Bousquet et Frédéric Desse :
Un nouvel arrêté préfectoral pour sauver le centre commercial Val Tolosa, près de Toulouse