L'astronaute français décolle le 17 novembre pour rejoindre la station spatiale internationale (ISS). La mission "Proxima" va durer 6 mois. On vous dit tout sur le jeune ingénieur normand formé à Toulouse.

Que va-t-il se passer le jour J ?

Thomas Pesquet va décoller de la base russe de Baïkonour au Kazakhstan le 17 novembre à 23h20 heure de Moscou à bord du Soyouz MS-03. En quarantaine médicale depuis plusieurs semaines, il disposera de quelques instants pour dire adieu à ses proches... derrière une vitre !

Le jeune Français (38 ans) pourra alors se préparer au lancement du Soyouz. Il devra subir 4G au décollage dans cette petite capsule et il faudra seulement 8 minutes pour se retrouver en orbite autour de la terre à 28 000 km/h. 

 

Jusqu'au dernier moment, Thomas Pesquet ignorera si le Soyouz va s'arimer à la Station Spatiale Internationale (ISS) en 6 heures ou bien s'il devra attendre avec ses compagnons de voyage... pendant 2 jours ! Ensuite, ce sera le grand moment : arrimage et arrivée à bord de l'ISS pour rejoindre les spationautes présents déjà depuis trois mois sur place. Le tout à 450 kilomètres d'altitude. 

Rouen, Toulouse, Baïkonour...

Thomas Pesquet est né à Rouen en 1978. Normand, il est ensuite venu faire ses études supérieures à Toulouse à Supaéro (lire plus bas). 
Ingénieur aéronautique, il est ensuite devenu pilote de ligne chez Air France. Quand la France a décroché une place dans l'ISS, il a fait partie des 8143 candidats pour devenir le prochain Français dans l'espace. Et au bout, il n'en est resté qu'un : Thomas Pesquet.
Accessible et sympathique, sérieux mais plein d'humour, le Français a vite conquis les médias. Bien avant son départ. 
© MaxPPP
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Le 10ème Français dans l'espace

Depuis le premier vol de Jean-Loup Chrétien en 1982, 8 autres Français (dont une seule femme) sont partis dans l'Espace. Thomas Pesquet sera le dizième. 

Il y a donc eu Jean-Loup Chrétien (1982, 1988 et 1997), Patrick Baudry (1985), Michel Tognini (1992 et 1999), Jean-Pierre Haigneré (1993 et 1999), Jean-François Clervoy (1994, 1997, 1999), Jean-Jacques Favier (1996), Claudie Haigneré (1996 et 2001), Léopold Eyharts (1998 et 2008) et Philippe Perrin (2002). 

On le voit, la France a été très présente dans l'espace dans les années 90 à 2000. Depuis, son influence a baissé dans les programmes internationaux. Le vol de Thomas Pesquet marque le grand retour d'un Français dans l'espace, 8 ans après le dernier vol de Léopold Eyharts. 

 

Supaéro Toulouse, école d'ingénieurs... et de spationautes

Avec Thomas Pesquet, le nombre de spationautes européens passés par les amphis de Supaéro, l'école des ingénieurs de l'aéronautique de Toulouse, passe à 4. 

Diplômé en 2001, Thomas Pesquet garde d'excellents souvenirs de ses 3 années toulousaines. Sans Supaéro, il n'aurait pas découvert le monde de l'aéronautique, les voyages, le métier de pilote de ligne et sans doute n'aurait pas pu être sélectionné pour être le nouveau spationaute français. 
Thomas Pesquet en 2001 à Supaéro
Thomas Pesquet en 2001 à Supaéro

Lui dit qu'il n'était pas dans les meilleurs de sa promo mais ses enseignants se souviennent d'un élève sérieux "au calme olympien". Sportif (il est ceinture noire de judo !), Thomas Pesquet a profité de son séjour à Toulouse pour se mettre au rugby, avec plutôt de la réussite !
vidéo pesquet supaéro toulouse

 

Une journée type dans l'ISS

Thomas Pesquet va vivre 6 mois en apesanteur dans la Station Spatiale Internationale (ISS). On pourrait croire qu'à 450 kilomètres du plancher des vaches, la vie quotidienne est bien différente de celle sur Terre. Pourtant entre boulot, dodo et repas, le quotidien d'un spationaute est (presque) comme celui d'un Terrien. A quelques détails près !
© MaxPPP
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La vie est réglée sur le Méridien de Greenwitch, ce qui ne change donc pas trop les horaires pour un Européen. Lever assez tôt, petit-déjeuner et conférence avec les différents centres de contrôle comme Houston ou Munich. Ensuite, c'est boulot : principalement des expériences que Thomas devra mener dans le cadre de la mission Proxima, notamment en lien avec le CNES de Toulouse (lire plus bas). A midi repas sur le pouce, puis retour au travail avant un repas en commun pris le soir avec les coéquipiers et un coucher vers minuit. 

50 % des tâches dans l'ISS consistent à assurer la maintenance de la station. Il faut parfois jouer les mécaniciens ou les plombiers pour entretenir son logement-lieu de travail. Il y a heureusement de bons moments : Thomas Pesquet emporte avec lui quelques repas préparés par Thierry Marx et Alain Ducasse. Uniquement pour les repas de fêtes !
une journée dans l'iss

 

Toulouse, plateforme de la conquête spatiale française

Depuis la décision gouvernementale à la fin des années 1960 d'installer un centre spatial à Toulouse, la ville rose n'a cessé d'être à la pointe de la conquête spatiale française. Le CNES de Toulouse pilotera nombre des expériences menées par Thomas Pesquet dans l'ISS. 

Aujourd'hui, pour chaque euro investi dans le spatial, ce sont 20 euros de retombées économiques. Et avec 2 milliards d'euros de budget le CNES et le deuxième plus gros acteur au monde dans ce domaine en proportion de la population. 

Les activités spatiales emploient des milliers de personnes autour des deux plus gros acteurs du marché, Airbus Defense & Space et Thales-Alenia Space. Le bassin toulousain concentre d'ailleurs un quart des emplois du spatial en Europe.
vidéo cnes

 

L'ISS, un grand mécano dans le ciel

110 m de long, 74 de large, 30 m de haut et une masse d'environ 400 tonnes. La Station Spatiale Internationale où Thomas Pesquet va séjourner est un immense mécano suspendu en orbite autour de la Terre. L'idée a été lancée par les Américains au début des années 80, puis Russes, Japonais et Européens ont rejoint le projet.

Constituée de modules hétéroclites assemblés entre eux, elle est "habitée" en permanence par des astronautes depuis 1998.

 

Sortie extra-véhiculaire et atterrissage "comme un accident de la route"

Thomas Pesquet vit à fond tous les moments qui vont de la préparation au vol vers la station. Là-haut, il sait aussi qu'il va vivre une expérience hors du commun. 

Mais il y a deux moments forts qu'il a hâte de vivre. D'abord des éventuelles "sorties extra-véhiculaires". Libre (ou presque) dans l'espace. Il s'est préparé à cette éventualité et espère qu'elle aura lieu, à plusieurs reprises, durant son séjour dans l'ISS. 
© MaxPPP
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Ensuite, il y a le retour, l'entrée dans l'atmosphère à 1500 degrés et surtout l'atterrissage du module de retour. Un atterrissage "doux" comme disent les Russes, ralenti par un parachute, mais qui équivaut, explique-t-il à un accident de la route : "C'est un peu comme si votre voiture était à l'arrêt et qu'un autre véhicule venait vous percuter par l'arrière à 50 km/h !".
L'atterrissage d'un module russe de retour / © MaxPPP
L'atterrissage d'un module russe de retour / © MaxPPP

 

"Carnets de vol", le magazine du ciel et de l'espace

Ce grand format a été fabriqué grâce aux images réalisées par les équipes de l'émission de France 3 "Carnets de vol" (Présentation : Pierjan Frison / Rédaction en chef : Nicolas Albrand) qui ont rencontré plusieurs fois Thomas Pesquet pendant sa préparation. "Carnets de vol" c'est le magazine de l'aéronautique et de l'espace.
Thomas Pesquet et Pierjean Frison / © France 3
Thomas Pesquet et Pierjean Frison / © France 3

L'émission du 12 novembre (11h30) est d'ailleurs entièrement consacrée à Thomas Pesquet, à 5 jours de son départ. A voir sur France 3 Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon, Aquitaine et en replay sur internet