Toulouse : le SDF conteste avoir lâché ses chiens sur les policiers mais risque 5 ans de prison

Jérôme Wyss / © Comité de soutien / Facebook
Jérôme Wyss / © Comité de soutien / Facebook

Jérôme Wyss sera jugé vendredi pour agression sur représentants des forces de l'ordre après son interpellation début juin quai de la Daurade à Toulouse au cours de laquelle quatre policiers municipaux avaient été mordus. Le SDF conteste avoir lancé ses chiens sur les policiers. 

Par Fabrice Valery

C'est une interpellation qui a fait polémique début juin à Toulouse, qui va se retrouver vendredi 3 juillet devant le tribunal correctionnel de Toulouse : Jérôme Wyss, 29 ans, est poursuivi pour avoir lâché ses chiens sur des policiers venus l'interpeller. Pour ces violences volontaires avec circonstances aggravantes d'avoir utiliser les chiens comme armes et de s'en être pris à des personnes dépositaires de l'autorité publique, il encourt 5 années d'emprisonnement.

Je n'ai pas lâché mes chiens"


"Je n'ai pas lâché mes chiens sur les policiers, explique-t-il à France 3 Midi-Pyrénées. Ils étaient attachés au caddie. Quand les policiers m'ont plaqué au sol, les chiens ont eu peur et se sont mis à aboyer. C'est en voulant les attraper que les policiers ont été mordus". Deux des policiers avaient eu une interruption temporaire de travail (ITT) d'une journée.

 

Une interpellation mouvementée

Le 3 juin au soir quai de la Daurade, il fait chaud et il y a beaucoup de monde. De nombreux policiers municipaux arrivent alors sur les lieux, accompagnés d'agents de la police nationale. Les policiers font respecter l'arrêté anti-alcool sur la voie publique auprès de quelques personnes, puis demandent à un SDF, Jérôme Wyss, qui est accompagné de quatre chiens de quitter les lieux. Avec son caddie et ses animaux, la police reprochent au SDF d'occuper la voie publique.
Sans esclandre, selon les témoins de la scène, le jeune homme s'éloigne. Pas assez vite aux yeux des policiers qui lui demandent de nouveau de partir. Le ton monte et les policiers décident de l'interpeller. Dans la confusion, quatre d'entre eux sont mordus par les chiens du SDF.
Lors de l'interpellation de Jérôme Wyss / © R. Godec
Lors de l'interpellation de Jérôme Wyss / © R. Godec

Une opération "disproportionnée"

Mais rapidement, les témoins sur place, contestent les conditions de l'interpellation. Surtout, ils estiment que l'opération de police était disproportionnée (une vingtaine d'hommes) et que sous couvert d'une simple patrouille, elle visait à interpeller ce SDF qui vit depuis plusieurs années dans ce quartier. "Ça fait un petit moment qu'ils me chassent", explique Jérôme Wyss.
Le jeune homme n'avait pas bu d'alcool et ses chiens étaient tenus en laisse. Un comité de soutien se crée, regroupant témoins, riverains, commerçants du quartier, qui le connaissent, et même le prêtre de l'église de la Daurade. Une page facebook est mise en ligne pour récolter des témoignages visuels.

Une personnalité connue

Jugé en comparution immédiate le 5 juin, le jeune SDF demande et obtient le report de son procès pour préparer sa défense. De son côté, la ville de Toulouse apporte son soutien aux policiers blessés. 
"Je ne suis pas violent, dit aujourd'hui Jérôme Wyss. Ça ne me ressemble pas. Je ne bois jamais d'alcool et je ne fais pas la manche. Je vis du RSA et du chapeau que je tends après mes petits numéros de cirque"

Il fait partie du décor"


Pour Louise, membre du comité de soutien, "Jérôme fait partie du décor à la Daurade. Il est là le matin quand je sors mon chien. On discute. C'est un non-violent. D'ailleurs ce n'est pas un hasard si dans le comité de soutien on retrouve des habitants du quartier ou des gens qui y travaillent, qui le croisent tous les jours". 
Six témoins visuels viendront à la barre vendredi dire que le SDF n'a pas lâché ses chiens sur les policiers. "Spontanément, explique son avocate Maître Frédérique Knopf-Silvestre, des gens sont venus dire ce qu'ils avaient vu et ont accepté d'aller témoigner à la barre, c'est bien la preuve que la version des policiers n'est pas la bonne".
Quant à Jérôme Wyss, il se dit "confiant" car il croit "en la loi et en la justice".

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