Toulouse : si la ville romaine m'était montrée

La Porte Nord, route de Cahors, fin du règne d'Auguste / © Musée Saint-Raymond - You Tube
La Porte Nord, route de Cahors, fin du règne d'Auguste / © Musée Saint-Raymond - You Tube

Le Musée Saint-Raymond propose un film d'images de synthèses présentant Toulouse au temps des Gaulois et des Romains. Sur You Tube sont présentées les grandes évolutions de Tolosa de l'an 800 avant notre ère jusqu'au temps des romains.

Par Michel Pech

Ce film résume l'état actuel (août 2017) des connaissances sur Toulouse, de la fin de l'âge du Bronze à la période romaine. Il permet d'évoquer le contexte dans lequel les objets présentés au 2e étage du Musée Saint-Raymond, musée des Antiques de Toulouse, ont circulé. Ces images évolueront en fonction des futures hypothèses et des résultats de fouilles.

Voici la vidéo :
Tolosa au temps des Romains

Des Voltes-Tectosages au 2ème siècle après JC (Wikipédia)

L'or de l'Ariège
Lorsque l’invasion romaine approcha de Toulouse, les Tectosages avaient amassé un véritable trésor en exploitant l’or de l’Ariège. Des torques en or, témoins de ce passé, sont exposés au musée Saint-Raymond à Toulouse.

Indépendance, révolte et soumission
Vers 121 av. J.-C., la Provincia romana fut organisée par les Romains sur les bords de la Méditerranée. Ils contrôlaient ainsi l'axe commercial entre l'Espagne et l'Italie par la via Domitia. Les Tectosages installés le long de cette voie sont alors traités comme des alliés. Le peuple toulousain garda 10 ans une indépendance de façade vis-à-vis du pouvoir romain en garnison autour de Toulouse.
En 109 av. J.-C., un peuple germanique, les Teutons, envahit la Gaule et battit l'armée romaine. Les Tectosages en profitèrent pour s'allier avec eux et chasser la garnison romaine. Mais la victoire fut de courte durée, car le consul Marius triompha des Teutons et récupéra Toulouse.
En 107 av. J.-C., une révolte contre la garnison entraîna une riposte immédiate de Rome. La ville fut conquise par traitrise et pillée par Cépion (Quintus Servilius Caepio) en 106 av. J.-C.. D’après la légende, 70 tonnes d’or furent dérobées par Cépion. Nul ne sait ce qu’est devenu ce trésor, connu sous le nom de l’« Or de Toulouse ».

Le vin italien assure la prospérité de la ville
Le premier commerce de Toulouse fut celui du vin. Le sous-sol foisonne de tessons d’amphores. Ce n’est pas le vin du Languedoc qui assura la prospérité de la cité, mais celui d’Italie, acheminé via Narbonne. Une bonne partie des cargaisons étaient consommées sur place. Les garnisons romaines, les Gaulois et les citoyens romains étaient, en effet, consommateurs. Le restant était dispersé vers l’Aquitaine et tout autour de Toulouse. D’autres produits de luxe suivirent le chemin tracé par le vin romain, de la vaisselle notamment. Pour disposer de toutes ces richesses, la province s’adonnait, en vrac, à la vente de produits agricoles et à la vente d’esclaves. La Garonne était utilisée pour le transport de marchandises sur des barges à fond plat et sur les ancêtres des gabares en aval de Toulouse. Cette richesse commerciale et agricole fit de Toulouse la plus prospère de la Gaule narbonnaise.

Toulouse tourne le dos à Vercingétorix
Dès lors ralliée au mode de vie romain, la Toulouse des années 70 av. J.-C. n’était guère qu’un poste militaire avancé. Chacun trouvant son compte dans la paix imposée par la domination romaine, c’est sans état d’âme que la cité refusa la Gaule de Vercingétorix. Tolosa connut alors une forte progression démographique, atteignant 20 000 habitants au ier siècle apr. J.-C.. Théâtres, temples, écoles et égouts firent de Toulouse une cité moderne et docile, toujours au centre d’un commerce régional.

Les Romains aménagent les prémices de la future ville
Elle est délimitée par la place du Capitole au nord, la place du Salin au sud, la Garonne à l'ouest. Dans les années 20-30 apr. J.-C., un rempart long de trois kilomètres fut bâti afin de souligner la prospérité de la nouvelle colonie romaine. Il enfermait une superficie de 90 ha et s’ouvrait sur la Garonne. Constitué de briques et de moellons, le rempart romain avait 12 m de hauteur et 2 m d'épaisseur1. Un tronçon est encore visible sur la place Saint-Jacques près du palais Niel. Puis, ils mettent en place les axes de communications principales : le cardo et le decumanus se croisent sur la place Esquirol où se trouve le forum et le capitolium antique mentionné dans les sources anciennes. Ils construisent aussi un théâtre (actuelle place du Pont-Neuf), un temple (actuelle place Esquirol) et un amphithéâtre à Ancely-Purpan. Un réseau d'égouts permet d'évacuer les eaux usées tandis qu'un aqueduc alimente la ville en eau potable depuis les sources de Lardenne et du Mirail jusqu'au château d'eau situé au point culminant de la cité (actuelle place Rouaix).

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