Déchet : Ségolène Royal dit non à l'UTV de Bordères-sur-l'Echez (65)

© Regis Cothias / France 3 Midi-Pyrénées
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Dans un courrier, Ségolène Royal demande au département des Hautes-Pyrénées d'opter pour une autre stratégie que l'usine de tri mécano-biologique prévue à Bordères-Sur-l'Echez. Et remet en cause au passage toute la politique de gestion des déchets du département.

Par Véronique Haudebourg

Si l'unité de tri mécano-biologique de Bordères-sur-l'Echez est construite, ce sera sans aide publique. Le courrier de Ségolène Royal adressé à Michel Pelieu, président du conseil départemental des Hautes-Pyrénées est très clair. "L'article 70 de la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte indique que la généralisation du tri à la source des biodéchets rend non-pertinentes les installations de tri mécano-biologique d'ordures ménagères résiduelles qui n'ont pas fait l'objet d'un tri à la source. Elles doivent donc être évitées et ne bénéficieront plus, en tout état de cause, d'aides publiques" écrit la ministre de l'Environnement.

L'usine de Bordères-sur-l'Echez, au nord de l'agglomération tarbaise n'ayant pas été construite, "il demeure possible de réviser la stratégie de gestion des déchets du département" rajoute Ségolène Royal.

Un courrier qui fait la joie des opposants au projet, des opposants qui avaient même appelés des zadistes en renfort pour empêcher la construction de l'UTV.

L'UTV65 est une unité de traitement et de valorisation des déchets par méthanisation. Elle doit (ou devait) être construite dans une zone d'activité industrielle à Bordères-sur-l'Echez, au nord de l'agglomération tarbaise sur un site de plus de 4 hectares. Dimensionnée pour traiter 70 000 tonnes de déchets du département des Hautes-Pyrénées par an. Montant des travaux : 50 à 60 millions d'euros.

Que vont devenir les déchets ménagers des Hautes-Pyrénées ?

A l'heure actuelle, ces déchets sont éliminés au centre de stockage de Bénac qui fermera définitivement ses portes le 31 décembre prochain. Une solution de remplacement est donc indispensable. En attendant la construction de l'UTV, les déchets qui ne pourront plus être envoyés à Benac partiront au centre d'enfouissement de Montech dans le Tarn-et-Garonne ou seront incinérés à Bessières et Toulouse en Haute-Garonne. Une solution onéreuse qui devait être provisoire, le temps de construire le site de Bordères.

Mais le provisoire risque de durer et de coûter très cher sur les plans financier et environnemental. C'est en effet toute la stratégie mise au point par le département pour la gestion des déchets qui est remise en cause. L'UTV en était la pièce maîtresse. Jusqu'à présent, Michel Pelieu, le président des Hautes-Pyrénées se tenait un peu à l'écart du dossier qui était porté par le SMTD (le syndicat mixte de traitement des déchets). Il y a fort à parier que l'élu PRG et le conseil départemental ne doivent reprendre la main sur le dossier.

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