Combattre la douleur : l'approche globale de l'hôpital Saint-Eloi à Montpellier

"Sois sage, oh ma douleur et tiens-toi plus tranquille" écrivait Charles Baudelaire dans les Fleurs du Mal. / © Natacha Withan.
"Sois sage, oh ma douleur et tiens-toi plus tranquille" écrivait Charles Baudelaire dans les Fleurs du Mal. / © Natacha Withan.

Avoir mal. En permanence ou par intermittence. Mais avoir mal à ne plus pouvoir vivre. Quand la douleur efface tout le reste et quand la médecine peine à soulager la cause des maux. C'est là qu'intervient le département "Douleur" de l'Hôpital Saint Eloi, à Montpellier.

Par Sylvie BONNET avec le CHR de Montpellier.


Evaluer la douleur dans toutes ses dimensions pour mieux la traiter. C'est l'objectif du département "douleur " au Centre Hospitalier de Montpelllier. De l'art thérapie à l'hypnose en passant par l'hydrothérapie, c'est un accompagnement  individualisé qui est proposé aux patients en souffrance. Le service anti douleur fonctionne depuis des années mais il vient d'être restructuré et amélioré. Pour prendre en compte toutes les composantes de la douleur. Et tous les vécus des patients. Aussi nombreux et divers que les pathologies et les trajectoires de vie.

Sous forme de questions-réponses, le département " Douleur" dirigé par le docteur Patrick Ginies fait le point sur sa nouvelle approche.


Le nouveau département «Douleur, psychosomatique, maladie fonctionnelle» du pôle médical de l'hôpital Saint-Eloi, intégrant l'unité de psychosomatique, offre-t-il de nouvelles possibilités pour l'accueil, le traitement et le suivi des malades douloureux chronique ?

Oui, et cela pour deux raisons principales. La première est la création d'une véritable synergie entre le service d'algologie et l'unité de psychosomatique, entre le traitement de la douleur et l'accompagnement de la souffrance du patient en psychosomatique.
Cette synergie crée une sorte de «cercle vertueux» ayant un effet bénéfique sur le malade et sur le vécu subjectif de sa douleur. La personne est prise en charge dans sa globalité et l'effet thérapeutique de l'accompagnement se trouve amplifié.

La seconde raison est une restructuration complète de l'unité de psychosomatique offrant au malade de nouveaux espaces de soin à médiation allant de la médiation corporelle à travers différents ateliers (relaxation, massage, hydrothérapie, sophrologie, etc.), à la médiation artistique basée sur la thérapeutique d'imagination matérielle dynamique, travaillant sur l'imaginaire et la créativité.
Si des entretiens psychologiques et psychosomatiques articulent les différentes parties de ce dispositif, chaque travail participe à construire un projet de soin personnalisé, adapté à la réalité de la personne malade.


Vous proposez donc un accompagnement psychosomatique individualisé ?

Exactement, si nous considérons la douleur chronique comme une expérience subjective multidimensionnelle, celle-ci s'inscrit dans un vécu et une signification propre à chaque malade. Le dispositif mis en place répond à cette spécificité.
Le malade se trouve reconnu à la fois dans sa souffrance et dans sa douleur corporelle sans qu'aucune de ces dimensions ne soit négligée. Ceci est valable quelle que soit la pathologie.


Cette reconnaissance est-elle l'objectif de votre travail en psychosomatique relationnelle et quel est le sens exact du qualificatif «relationnel» ?

Cette reconnaissance résulte d'une vision globale de la personne malade, elle contribue à restaurer l'unité d'un sujet tout en prenant en compte ce qui a été à l'origine de ses douleurs chroniques et de sa souffrance : souvent des évènements traumatiques s'inscrivant dans une situation relationnelle conflictuelle.
La relation thérapeutique devient alors la matrice permettant de retrouver une unité psychosomatique par la reprise d'une construction subjective car le malade porteur d'une affection chronique est avant tout un être relationnel atteint dans sa subjectivité.


Cette reconnaissance est-elle l'objectif de votre travail en psychosomatique relationnelle et quel type de patients peuvent en bénéficier ?

Cette reconnaissance est fondamentale pour les patients douloureux qui nous sont adressés et sans espoir de soulagement. Le corps, malgré opérations et médications n'arrête pas de torturer le patient depuis des années. La vision globale de la personne malade, restaure l'harmonie du sujet qui retrouve des capacités insoupçonnées pour faire face à ses douleurs chroniques et vivre autrement sa souffranc




Caroline Agullo et Guy Spica sont allés à la rencontre des patients pris en charge par le département Douleur de St Eloi. Ils y ont rencontré des êtres fragilisés mais pleins d'espoir et des techniques thérapeutiques bluffantes.
Reportage au CHU de Montpellier

 

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