Réforme du collège : faible mobilisation à Montpellier

Petite mobilisation dans les rues de Montpellier / © France 3 LR
Petite mobilisation dans les rues de Montpellier / © France 3 LR

Une centaine d'enseignants et de syndicalistes est descendue dans les rues de Montpellier pour protester contre la réforme du collège.

Par Laurence Creusot

Les rangs de la manifestation étaient clairsemés à Montpellier. Quelques jours après la rentrée scolaire les syndicats d'enseignants du secondaire appelait à la grève pour protester contre la réforme du collège mais les profs sont restés en cours.

Près d'un quart de grévistes selon les syndicats, moins de 5% selon le ministère, maigres cortèges dans les rues: la mobilisation contre la réforme du collège, une des mesures phare du ministère de l'Education sous le mandat Hollande, semble nettement s'essouffler.
Moins de 5% des professeurs des collèges publics, d'après les chiffres du ministère de l'Education, ont répondu jeudi à l'appel à la grève lancé par l'intersyndicale hostile à cette réforme du collège mise en oeuvre à la rentrée 2016 après des mois de controverses et de polémiques parfois violentes.
Quelques dizaines de manifestants à Montpellier / © France 3 LR
Quelques dizaines de manifestants à Montpellier / © France 3 LR

Le Snes, premier syndicat des enseignants du secondaire et membre de l'intersyndicale (avec les Snep-FSU, FO, CGT, Sud et Sundep), revendique "près d'un quart" de grévistes, pour ce sixième jour de grève en un an. Depuis plusieurs mois, il appelle les professeurs à "la résistance pédagogique" et a publié un fascicule à cet effet.
Dans la rue aussi, la mobilisation était faible: entre 200 et 300 manifestants à Lille, une cinquantaine à Bordeaux, une soixantaine à Metz, plusieurs dizaines à Montpellier, une centaine à Nice et Lyon, entre 140 et 200 à Toulouse --où les participants ont renoncé à défiler faute de combattants, un millier à Paris.

Cette faible mobilisation n'est pas une surprise: les mouvements de grève lancés quelques jours après la rentrée font rarement recette, et une large partie des enseignants, une fois devant leurs élèves, s'efforcent d'appliquer la réforme, même s'ils le font sans enthousiasme, note le SNPDEN, principal syndicat des chefs d'établissement.
"On n'est pas très nombreux, parce que c'est la semaine de la rentrée et que les profs sont consciencieux. Mais dans les collèges, tout le monde est en colère. La plupart des profs se sentent méprisés", assure Juliette, professeur de collège, qui manifeste à Metz.
Selon Frédérique Rolet, secrétaire-générale du SNES, "les collègues hésitent à perdre une nouvelle journée de salaire pour exprimer leur mécontentement mais ils nous disent +faites-le+. Il y a une forme de délégation".

Pourtant, selon l'enquête de rentrée du syndicat des chefs d'établissement réalisée auprès de ses adhérents, la mise en place de la réforme du collège "se passe mal et les professeurs lui restent hostiles" dans seulement 1,5% des établissements.
Dans la moitié des collèges sondés, cette mise en oeuvre se passe "plutôt bien et les professeurs ont fini par l'accepter".
A noter que 22% indiquent que la réforme est appliquée mais que les professeurs lui restent hostiles et 25% que la réforme est appliquée, avec des professeurs favorables.
Destinée à redynamiser le collège et améliorer l'égalité des chances selon le gouvernement, la réforme du collège est critiquée par plusieurs syndicats d'enseignants, traditionnellement à gauche, et une grande partie des candidats à la primaire de la droite.
Elle accorde plus d'autonomie aux établissements et introduit des enseignements interdisciplinaires, déjà pratiqués dans des collèges mais qui devront désormais l'être partout.

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